Méningocoques : ce qu'il faut savoir sur les recommandations vaccinales
Publié le , actualisé par la rédaction le
Temps de lecture estimé 6 minute(s)
Les méningocoques sont responsables d’infections graves comme la méningite, qui est une inflammation des membranes entourant le cerveau et la moelle épinière et d’infections du sang (septicémies). Ces bactéries du genre Neisseria meningitidis sont la deuxième cause de méningites bactériennes chez l’enfant et l’adulte. La première est le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae).
Il existe plusieurs groupes de méningocoques, dont les plus virulents sont les groupes A, B, C, W, X, et Y, qui peuvent provoquer des épidémies, notamment chez les enfants et les jeunes adultes. Selon l’Institut Pasteur, le groupe B reste le principal responsable des infections invasives chez les nourrissons et jeunes enfants. Les groupes W et Y présentent un risque croissant chez les adolescents et jeunes adultes.
Comment se transmettent les méningocoques ?
Les méningocoques se transmettent principalement par contact étroit avec une personne porteuse de la bactérie, souvent par les gouttelettes de salive émises lors de la toux, des éternuements, ou des baisers. Environ 10 % de la population, notamment les adolescents et les jeunes adultes, sont porteurs sains de la bactérie sans présenter de symptômes.
Le risque apparaît lorsque celle-ci traverse la muqueuse nasale et pénètre dans le sang, provoquant des infections graves comme la méningite ou la septicémie.
Une hausse notable des infections invasives à méningocoques (IIM) a été observée en France en 2024 et 2025. En 2024, 616 cas ont été déclarés, un chiffre jamais atteint depuis 2010. Cette augmentation met en lumière l’importance de la surveillance épidémiologique et des mesures de prévention, notamment la vaccination pour les populations à risque.
Plusieurs facteurs ont pu expliquer cette recrudescence, dont l’épidémie de grippe de 2024-2025, qui accroît la vulnérabilité aux IIM. Les nourrissons restent les plus à risque, mais de nombreux cas touchent également les adolescents et les adultes. Cette situation souligne la nécessité de sensibiliser le public à la prévention vaccinale, aux signes d’alerte des infections méningococciques et aux moyens de réduire la transmission.
Quels sont les symptômes de ces maladies causés par les méningocoques ?
Les infections invasives à méningocoques sont des maladies graves qui peuvent affecter tout le monde, mais elles frappent particulièrement les jeunes enfants, les adolescents, les jeunes adultes, les personnes âgées et certaines personnes immunodéprimés. Ces infections sont des urgences vitales et nécessitent un traitement immédiat. En cas de symptômes évocateurs, il faut contacter sans délai le 15 ou son médecin traitant.
La méningite est la présentation clinique la plus fréquente. Elle se manifeste par des symptômes typiques tels qu'une fièvre élevée, une raideur de la nuque, des maux de tête intenses, des nausées, des vomissements et une sensibilité accrue à la lumière. Toutefois, les symptômes peuvent varier, notamment chez les très jeunes enfants ou les personnes âgées.
Par ailleurs, la septicémie à méningocoques est une infection généralisée où la bactérie se dissémine dans le sang et atteint divers organes. La forme la plus sévère de cette infection est le purpura fulminans, qui entraîne une dégradation rapide de l’état de santé et se caractérise par l’apparition rapide de nombreuses taches rouges ou violacées sur la peau. Sans traitement, cela peut être mortel en 24 heures chez toute personne par ailleurs en parfaite santé. En 2024, la mortalité globale due aux infections invasives à méningocoques était de 11 % des personnes atteintes.
Des vaccins différents pour se protéger des méningocoques
Il existe deux principaux types de vaccins pour se protéger contre les infections invasives à méningocoques.
- Les vaccins Bexsero® et Trumemba® ciblent le méningocoque du groupe B, responsable de la majorité des infections graves chez les nourrissons et jeunes enfants.
- Les vaccins tétravalents Nimenrix®, Menquadfi™ et Menveo® protège contre les méningocoques des groupes ACWY.
Les nouvelles recommandations de vaccination
Pour les nourrissons
Depuis le 1er janvier 2025, les vaccinations contre les méningocoques B et A, C, W, et Y sont désormais obligatoires pour tous les nourrissons jusqu’à 24 mois, y compris ceux déjà vaccinés contre le C. Le vaccin ACWY est administré comme suit : une dose à 6 mois et un rappel à 12 mois. Le vaccin B est fait à 3 mois, 5 mois et une dose de rappel à 12 mois. Un rattrapage est prévu pour les enfants nés avant 2025 ou non vaccinés. L’ensemble de ces informations sont à retrouver sur Vaccination Info Service.
Pour les 11-14 ans
La vaccination contre les méningocoques ACWY est recommandée pour tous les adolescents de 11 à 14 ans (une seule injection), quels que soient les vaccins reçus dans l’enfance. L’objectif est d’assurer la protection contre la maladie pendant l’adolescence, période d’augmentation de contacts sociaux et par ricochet de risque de transmission. La vaccination permet de réduire ce risque en limitant le portage des bactéries dans la gorge.
Depuis septembre 2025, il est possible que les collégiens âgés entre 11 et 14 ans soient vaccinés contre les infections invasives à méningocoques ACWY en milieu scolaire, en même temps que la vaccination contre le papillomavirus (HPV). Mais cela reste soumis à l’autorisation parentale.
Pour les 15-24 ans
Si la vaccination ACWY n’a pas été faite entre 11 et 14 ans, un rattrapage vaccinal est recommandé avec une dose chez les personnes de 15 à 24 ans révolus. Le calendrier vaccinal 2025 indique que la vaccination cotre le méningocoque peut être proposée pour les 15 24 ans.
Pour les adultes de 25 ans et plus
La vaccination n’est pas systématiquement recommandée. Elle est toutefois indiquée dans certaines situations à risque, notamment chez les personnes immunodéprimées ou exerçant des professions exposées, comme les chercheurs en laboratoire travaillant sur la méningite.
Elle peut également être préconisée par les autorités sanitaires pour des populations ciblées, dans des contextes particuliers tels qu’une grappe de cas (1), une épidémie ou une situation d’hyper-endémie.
Cette mesure de prévention concerne aussi les voyageurs se rendant dans des régions où les méningocoques circulent activement, en particulier en Afrique subsaharienne lors du pèlerinage à La Mecque. Dans ce cas, elle n’est pas remboursée.
(1) C’est-à-dire des clusters, qui correspondent à la survenue de plusieurs cas d’une même maladie, ici une infection à méningocoque, regroupés dans le temps et/ou dans un même lieu, en nombre supérieur à ce qui est habituellement observé.
A lire aussi
-
Simplifier le calendrier vaccinal avec 4 âges clés
Maladies et traitements
-
Vidéo : L’Institut Pasteur au cœur de la recherche
Maladies et traitements
Commentaires