Après des études de vétérinaire, une thèse de virologie et d’immunologie et deux postdoctorats sur les microbes, Océane Sorel est partie travailler aux Etats-Unis comme virologue dans le domaine des maladies infectieuses. Aujourd’hui, elle se consacre exclusivement à la création de contenu pédagogique sur Instagram (@thefrenchvirologist) et via des newsletters. Objectif ? Lutter contre les fake news circulant autour des microbes, des maladies infectieuses…
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer sur Instagram ?
Océane Sorel : L’arrivée des vaccins contre le Covid sur le marché avec la désinformation qui allait avec a été l’élément déclencheur. J’ai commencé en 2021 avec les inquiétudes autour des vaccins afin de rassurer les gens. Le vaccin ne modifie pas l’ADN, c’est une des premières choses dont j’ai parlé. J’ai commencé par le Covid puis j’ai étendu à d’autres sujets, assez naturellement quand les gens me posaient des questions.
Je le fais avec humour et pédagogie afin d’être efficace pour capter l’attention. C’est clair que le format aide à faire passer des messages. On peut partager. J’ai commencé sur Instagram par des posts, maintenant je fais beaucoup de vidéos, je me suis adaptée au réseau.
La lutte contre la désinformation est mon fil rouge. Il faut essayer d’éduquer en amont, et essayer de casser les fake news.
Quelles astuces donneriez-vous pour lutter justement contre les fake news ?
O.S. : Avant tout, quand on lit une information dans le domaine de la santé ou de la science, il faut vérifier les sources, regarder qui publie, est-ce que ce sont des experts ? Ensuite, il faut recouper les informations en regardant sur les sites officiels comme l’OMS (Organisation mondiale de la santé), la HAS (Haute autorité de santé), l'institut Pasteur… Et surtout ne pas croire tout ce que l’on voit. Certains prennent des informations d’études et les mettent à leur sauce pour qu’elles veuillent dire ce qu’ils souhaitent. C’est une lutte perpétuelle.
Il faut faire la différence entre désinformation qui est une action volontaire de désinformer et la mésinformation où on donne une mauvaise information parce qu’on n’est pas expert, on a mal compris et on la redistribue de manière transformée.
Quelles sont les principales fake news en santé ?
O.S. : Il y en a beaucoup ! Tout ce qui est autour de la vaccination contre le Covid : que le vaccin n’en est pas un, qu’il modifie l’ADN… En cuisine, on entend régulièrement que le vinaigre désinfecte, or son action antimicrobienne est limitée. Souvent, dans l’esprit des gens, le naturel est meilleur que le chimique, par exemple les huiles essentielles sont plébiscitées alors qu’elles peuvent être toxiques quand elles sont mal utilisées.
Dans votre livre Virus, bactéries, microbes, tout savoir pour y échapper, vous consacrez une grande partie à l’alimentation et aux risques d’intoxications.
O.S. : Il est primordial de donner des conseils grand public et faciles à mettre en œuvre. Quand on parle des aliments déconseillés aux enfants, les gens savent qu’on ne donne pas œufs crus mais ne savent pas forcément que les œufs à la coque c’est à risque. J’essaie de donner des exemples concrets applicables au quotidien. Je rappelle également qu’il faut bien laver les légumes pour les femmes enceintes. Je parle des mesures d’hygiène et rappelle que les intoxications alimentaires ne sont pas liées qu’aux produits d’origine animale. Les bactéries dans le riz par exemple peuvent produire une toxine, il ne faut donc pas le laisser à température ambiante. Certains me disent qu’ils ont toujours fait ça et qu’ils n’ont rien eu. Mais il faut savoir aussi qu’on n’est pas tous égaux au niveau des organismes pour les intoxications alimentaires.
Cet article fait partie du dossier
A lire aussi
-
Pourquoi notre cerveau aime les fake news
Psychologie
-
Sondage sur les fake news en santé : que disent les Français ?
Accès aux soins
Commentaires
Claude
14 septembre 2024 à 21h09
Mais vous omettez de dire que TOUS LES MÉDICAMENTS SONT TOXIQUES LORSQU'ILS SONT MAL UTILISÉS !! Claude