Il existe plusieurs cholestérols.
Vrai. Le cholestérol est une graisse naturelle, indispensable à l’organisme. Les trois-quarts sont produits par le foie, le reste par l’alimentation. Le cholestérol est notamment un carburant pour l’activité cérébrale. Il est essentiel à la composition des membranes qui entourent les cellules. Il permet la synthèse de substances telles que la vitamine D ou les acides biliaires.
Le cholestérol circule dans le sang sous deux formes différentes. Celui qui va des cellules vers le foie, avant d’être éliminé par la bile, est nommé le HDL-cholestérol. Il est qualifié de « bon cholestérol » car il s’élimine naturellement de l’organisme. Le cholestérol qui va du foie vers les cellules est appelé « mauvais cholestérol » ou LDL-cholestérol. « Il a tendance à se déposer sur les parois des artères et à progressivement former des plaques qui grossissent, durcissent et obstruent les conduits artériels. Seul l’excès de LDL-cholestérol est dangereux pour la santé car le surplus se dépose sur les parois des artères », précise le professeur Jérôme Roncalli, cardiologue et vice-président de la Fédération française de cardiologie.
Un cholestérol élevé a des conséquences avant tout sur le cœur.
Vrai et faux. Un taux de cholestérol élevé peut, en effet, augmenter le risque de maladies cardiovasculaires. « Mais il peut aussi affecter d'autres parties du corps, comme les artères des jambes ou du cerveau et accentuer, dans ce cas précis, le risque d'accident vasculaire cérébral », indique le cardiologue. Lorsque le mauvais cholestérol est associé au tabagisme, à de l’hypertension artérielle ou à du diabète, les risques de mortalité sont multipliés. Seule une analyse sanguine peut détecter un taux de cholestérol élevé. L’idéal est que ce taux soit inférieur à 2g/l. S’il est plus élevé, il est nécessaire de consulter un médecin, que ce soit un généraliste, un endocrinologue ou un cardiologue.
Le cholestérol est héréditaire.
Vrai et faux. « Le cholestérol est héréditaire seulement en partie c’est-à-dire quand il existe un terrain génétique particulier. On parle alors d’anomalies génétiques spécifiques au niveau du génome qui font apparaître ce que l’on appelle l’hypercholestérolémie familiale », explique le professeur Jérôme Roncalli. Il s’agit de l’anomalie génétique la plus fréquente chez l’adulte en France. Toutefois, l’hypercholestérolémie ne se transmet pas de façon systématique des parents aux enfants.
Le taux de cholestérol augmente avec l'âge.
Vrai. Avec l'âge, le métabolisme du cholestérol devient moins efficace ce qui peut entraîner une augmentation du cholestérol total et du mauvais cholestérol. La capacité de régulation du foie se réduit. De surcroît, la diminution de l’activité physique, souvent observée avec le vieillissement, contribue à cette augmentation.
Les femmes et les hommes sont égaux devant le cholestérol.
Faux. En général, avant la ménopause, les femmes ont tendance à avoir un taux de cholestérol total plus bas que les hommes du même âge. « Cependant, après la ménopause avec la diminution des niveaux d’œstrogènes, le taux de cholestérol des femmes augmente et peut même dépasser celui des hommes », observe le vice-président de la Fédération française de cardiologie.
Le cholestérol est avant tout une histoire d'alimentation.
Vrai et faux. On recense quatre grandes causes à l’excès de cholestérol. La principale est attribuée à une alimentation trop riche en graisses saturées, apportées surtout par les aliments d’origine animale (viande, charcuterie, œufs, beurre…). En modifiant son alimentation, et sans médicaments, on peut réduire de 15 % son cholestérol. Le régime méditerranéen est conseillé par la Fédération française de cardiologie : autrement dit une alimentation riche en fruits, légumes (notamment secs), céréales complètes, graisses végétales (huiles d’olives, de colza…). Il est également recommandé de limiter le grignotage et de préférer les matières grasses allégées. Eviter aussi les excès de sucre qui contribue au surpoids et contient des graisses.
Autre cause d’excès de cholestérol : la part génétique dans le contexte de l’hypercholestérolémie familiale. Certaines maladies (du rein, foie, thyroïde, diabète…) provoquent également un excès de cholestérol. Dans ce cas de figure, il faut d’abord envisager de traiter la maladie en cause. « Par ailleurs, certaines familles de médicaments, comme les contraceptifs oraux (pilule), les produits contre l’acné, la cortisone, etc… peuvent augmenter le taux de cholestérol. Celui-ci revient à la normale à l’arrêt du traitement », commente le professeur Jérôme Roncalli.
Consommer des œufs donne du cholestérol.
Vrai. Bien que l’œuf constitue une source de nutriments variés (fer, iode, sélénium, phosphore...), le ministère de la Santé indique qu’il doit être consommé avec modération : pas plus de 3 ou 4 par semaine pour les personnes qui souffrent d’excès de cholestérol ainsi que pour celles qui sont à risque de maladies cardiovasculaires et celles qui ont du diabète.
Bouger contribue à se préserver du mauvais cholestérol et à le soigner.
Vrai. Pour combattre le cholestérol, il faut bouger. « C’est la régularité de l’exercice physique, et pas simplement l’intensité, qui compte. 30 minutes d’activité physique par jour pour les adultes, comme la marche par exemple, permettent même d’augmenter le taux de bon cholestérol. Il faut encourager ces gestes simples et accessibles à tous », insiste le professeur Jérôme Roncalli.
Être mince permet de ne pas avoir de cholestérol.
Faux. Être mince ne garantit pas de ne pas avoir de cholestérol élevé. « Le cholestérol dépend de plusieurs facteurs qui n’ont rien à voir avec le poids : l’alimentation, la génétique, le mode de vie, certaines maladies ou encore certains médicaments peuvent augmenter le taux de cholestérol », rappelle le cardiologue. L’excès de poids peut cependant favoriser le mauvais cholestérol.
Un mauvais cholestérol est irrémédiable.
Faux. On peut faire baisser le taux sanguin de cholestérol en adoptant un mode de vie plus sain. Une alimentation adaptée et de l’activité physique y aident, comme vu précédemment. L’arrêt du tabac est aussi préconisé pour cela. Il existe si nécessaire des médicaments efficaces pour traiter l’excès de cholestérol.
La Fédération française de cardiologie indique que les statines sont des médicaments très efficaces pour réduire le taux du mauvais cholestérol et pour prévenir les maladies cardiovasculaires. Seuls 5 % des patients traités ressentent des effets indésirables qui se traduisent par des douleurs musculaires et des crampes.
L’ézétimibe est prescrite quand les statines ne suffisent pas ou ne sont pas bien tolérées. Ce médicament agit en diminuant l’absorption du cholestérol ingéré par le tube digestif. On peut aussi être soigné par la colestyramine qui agit comme l’ézétimibe mais peut présenter plus d’effets indésirables d’ordre digestif. On utilise aussi les inhibiteurs PCSK9. Ils sont administrés par voie injectable et sont limités aux patients atteints de maladies cardiovasculaires non contrôlés par les traitements précités et dans les cas d’hypercholestérolémie familiale.
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