Les « rhumatismes » regroupent près de cent pathologies différentes
Vrai. Les maladies ayant des expressions douloureuses au niveau et autour des articulations sont très nombreuses. Mais leur mécanisme diffère.
« Citons parmi les plus répandues, la spondylarthrite ankylosante (inflammation chronique qui touche essentiellement les articulations des vertèbres) ou la polyarthrite rhumatoïde (le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques qui atteint les articulations périphériques et provoque la destruction progressive du cartilage et des os). Mais aussi le psoriasis, l’ostéoporose, le lupus ou la goutte », décrypte le Dr Laurent Messer, chef du service rhumatologie des Hôpitaux Civils de Colmar.
Plus de 16 millions de Français (un sur trois) sont concernés par l’une ou l’autre de ces pathologies
Vrai. Il n’y a pas un chiffre exact, mais au moins 20 % de la population souffre des articulations après 40 ans.
Arthrose et lombalgie sont les plus fréquentes
Vrai. L’arthrose (notamment au niveau des membres inférieurs comme la hanche et le genou) et la lombalgie commune (cette douleur intense logée en bas du dos) sont très répandues. Il existe en réalité peu de personnes qui ne feront pas l’expérience du « mal de dos » au cours de leur vie.
C’est la douleur qui signale la maladie
Vrai. La douleur est le principal symptôme, elle donne l’alerte. Le deuxième symptôme qui se manifeste est une raideur articulaire.
Les rhumatismes concernent surtout les personnes d’un certain âge
Faux. Les rhumatismes peuvent être présents dès la naissance, cela s’appelle l’arthrose juvénile.
Les spondylarthrites débutent souvent chez l’adulte jeune entre 20 et 30 ans, et les polyarthrites (inflammation chronique des articulations) peuvent survenir dès 30-40 ans.
L’arthrose, qui est une maladie d’usure du cartilage, survient souvent plus tardivement, après 50 ans. Mais l’hypersollicitation articulaire, qui concerne par exemple les sportifs, peut être source d’une arthrose plus précoce.
Les hommes sont davantage sujets aux rhumatismes
Faux. Si certaines pathologies peuvent être surreprésentées chez les hommes (la spondylarthrite par exemple), les femmes sont davantage touchées par le lupus et la polyarthrite rhumatoïde.
Les rhumatismes, c’est héréditaire !
Vrai et faux. Ces maladies sont multifactorielles, donc il y a souvent une composante génétique et un terrain prédisposant. « Si vos parents ont de l’arthrose, il y a fort à parier que vous en aurez aussi. Mais ça n’est pas systématique », indique le Dr Messer.
Certains rhumatismes sont incurables
Vrai. La plupart des maladies relevant des rhumatismes sont des maladies chroniques, qui ne guérissent donc pas. « Ce que nous recherchons, c’est la rémission, la disparition des symptômes ou ce que l’on nomme le « coping », qui signifie l’adaptation, le vivre avec, précise le rhumatologue. C’est parfois source de malentendu avec des patients qui pensent s’en débarrasser complètement ».
Cependant, pour les rhumatismes inflammatoires par exemple, un traitement à vie permet de supprimer tout symptôme et de stopper leur évolution.
Le repos est recommandé
Faux. À ce jour, contrairement aux rhumatismes inflammatoires pour lesquels il existe des traitements de fond permettant de freiner voire de stopper la maladie, dans l’arthrose, ceux-ci n’existent pas. Les médicaments soulagent uniquement les symptômes. Mais si la douleur articulaire induit souvent la kinésiophobie, c’est-à-dire la peur de bouger, il est maintenant bien démontré que le mouvement articulaire constitue le principal traitement. D’où la nécessité de poursuivre une activité physique, qui doit être adaptée à la personne.
La douleur chronique a aussi des conséquences quasi systématiques sur les émotions, ce qui peut aggraver les douleurs ressenties. Le patient qui souffre de rhumatismes doit trouver un nouvel équilibre dans ses activités et plus globalement dans sa vie.
Les rhumatismes, c’est psychologique !
Vrai et faux. Certaines inflammations peuvent en effet être associées à des évènements psychotraumatiques. La dimension psychologique est importante car la dépression ou l’anxiété notamment peuvent déclencher, pérenniser ou entretenir les symptômes.
À l’extrême, il existe des symptômes douloureux auxquels n’est associée aucune lésion objective et qui peuvent découler d’un dérèglement du système émotionnel. C’est le cas de la fibromyalgie qui peut relever du registre psychosomatique.
Il faut toujours se poser la question pour mieux prendre soin du rhumatisme et éviter tout cercle vicieux.
C’est la première cause de maladie professionnelle
Vrai. Les syndromes musculosquelettiques et les lombalgies communes figurent parmi les premières causes de maladies professionnelles. Cela représente un poids socio-économique important avec de nombreux arrêts de travail. D’après l’Assurance maladie, ces troubles représentent plus de 85% des maladies professionnelles.
Une enquête européenne de 2015 sur les conditions de travail montre que les maux de dos (44 %) et les douleurs musculaires du cou et des membres supérieurs (42 %) représentent les deux premiers problèmes de santé dont ont souffert les travailleurs au cours des douze mois précédents. Les douleurs musculaires des membres inférieurs avaient concerné également 30 % d’entre eux.
La rééducation est une prescription fréquente
Vrai. Les stratégies sont souvent médicamenteuses, à base d’anti-inflammatoires, ou plus ciblées quand c’est possible. Cela ne suffit pas toujours et doit être complété pas des interventions non médicales, comme des séances de rééducation fonctionnelle (kinésithérapie).
L’approche psychologique est également importante, avec des séances de méditation ou d’art-thérapie relevant de recommandations officielles. Une APA (activité physique adaptée) est également recommandée, avec des gyms douces telles que le Pilates, le tai-chi, le qi gong…
« Mais quand l’articulation est trop atteinte ou détruite, il faut se résoudre à opérer, prévient le Dr Laurent Messer. Les opérations de la hanche et du genou sont courantes avec d’excellents résultats pour la hanche et de bons résultats dans l’ensemble pour les genoux. C’est le chirurgien et le patient qui décident conjointement de l’opération ».
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