Le collagène est la protéine la plus abondante dans notre organisme
VRAI. Fabriqué par nos propres cellules, le collagène est une protéine essentielle au bon fonctionnement de notre corps. « On pourrait dire que c'est le ciment ou les briques qui maintiennent ensemble tous nos tissus de soutien, c'est-à-dire notre peau (derme), nos os, nos muscles, nos tendons ou encore nos ligaments, explique le Pr Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie de l'hôpital Saint-Antoine, à Paris. C'est grâce à lui que notre peau est ferme, nos articulations souples et nos os solides. »
Le mot « collagène » est en fait un terme générique pour désigner une grande famille composée de plusieurs types de collagènes. « Il existe jusqu'à 28 types de collagènes qui s'organisent en petits câbles solides qu'on appelle des fibrilles », précise le Pr Berenbaum. Le collagène de type I, que l'on retrouve dans la peau, est le plus abondant. Le type II est surtout présent dans le cartilage. Il aide les articulations à rester souples et à bien amortir les chocs. Le type III protège les vaisseaux sanguins et prévient leur fragilité.
La production naturelle de collagène diminue avec l'âge
VRAI. Au fil du temps, notre corps produit naturellement de moins en moins de collagène. « On estime qu'à partir de 25 ans, on en perd environ 1 % par an, indique le Dr de Goursac, médecin esthétique à Paris. À la ménopause, la perte est de 30 % en trois ans seulement. » Résultat, la peau devient plus fine et moins ferme, les rides apparaissent, et les articulations peuvent devenir moins souples. « Certains facteurs, comme le soleil, le tabac, le manque de sommeil ou encore une alimentation déséquilibrée, peuvent encore accentuer le phénomène », prévient la médecin.
Les soins cosmétiques qui contiennent du collagène ont un effet anti-âge
FAUX. Crèmes, sérums, masques… Toutes les marques vantent les effets anti-âge de leurs soins à base de collagène. « Le collagène est une protéine trop grosse pour pénétrer à travers la peau, observe le Dr Catherine de Goursac. Quand il est simplement rajouté dans la composition d'un produit, il reste à la surface de l'épiderme et n'entre pas dans les couches profondes où le collagène naturel est fabriqué. » Les fabricants de cosmétiques ont alors eu l'idée d'instiller du collagène hydrolisé (découpé en petits morceaux) dans leurs produits pour favoriser son absorption. Là encore, un échec, le collagène se diffusant partout, puis se dégradant.
« Il est préférable de se tourner vers des soins contenant des actifs qui stimulent sa production naturelle comme la vitamine C, le rétinol (vitamine A) ou encore les acides de fruits, conseille la médecin. Et de bien penser à pincer un peu sa peau chaque jour en appliquant sa crème de jour. Ce simple petit geste mécanique stimule lui aussi le collagène et a un effet bénéfique sur la prévention des signes du temps. En cabinet esthétique, les pincements de Jacquet (technique de massage) offrent aussi de bons résultats. »
Sous forme d'injections, le collagène lisse les rides
VRAI et FAUX. Le collagène injecté est reconnu par le corps comme une protéine étrangère et progressivement dégradée par les enzymes. L'effet de comblement est donc éphémère. « Suite au scandale de la « vache folle », ces injections sont interdites depuis 1998, pointe le Dr de Goursac. Aujourd'hui, on pratique des injections d'acide hyaluronique. »
Le collagène et l'acide hyaluronique, c'est la même chose
FAUX. Tout comme le collagène, l'acide hyaluronique est une substance naturellement présente dans notre corps qui diminue avec l'âge. Ensemble, ils participent à la jeunesse et à la fermeté de la peau, mais leurs effets sont très différents.
L'acide hyaluronique agit comme une éponge : il capte et retient 1 000 fois son poids en eau et assure ainsi hydratation, volume et souplesse de la peau. « Les injections d'acide hyaluronique sont aujourd'hui la technique de comblement des rides la plus utilisée au monde, souligne le Dr de Goursac. Contrairement aux injections de collagène, elles ne provoquent pas de risques d'allergies et ses résultats sur la peau sont plus naturels et plus longtemps visibles. »
Les compléments alimentaires à base de collagène ont un effet rajeunissant sur la peau et réduisent les douleurs articulaires
FAUX. « Qu'il soit ingéré sous forme de poudre, de gélules ou de gummies (gommes à mâcher), le collagène par voie buccale n'a aucun effet bénéfique ni sur la peau ni sur les cheveux », alerte le Pr Jean-Alexis Grimaud, médecin anatomo-pathologiste et spécialiste en biologie cellulaire, qui a compulsé les méta-analyses des 9 740 études publiées sur le sujet. « Il est complètement fantaisiste d'affirmer que si l'on perd du collagène à partir de tel âge, il suffirait de se recharger en collagène pour compenser ces pertes et retrouver une peau jeune et ferme, poursuit-il. Il faut bien faire la part des choses entre l'information détournée à visée marketing et scientifique et la simple rigueur scientifique ! »
« Le collagène que l'on avale ne reste pas intact dans le corps, explique le Pr Francis Berenbaum, rhumatologue. Comme toutes les autres protéines alimentaires, il va être découpé par la digestion en de tous petits morceaux d'acides aminés qui vont servir à produire toutes sortes de protéines, mais pas spécifiquement du collagène. » Pour autant, nombre de personnes disent soulager leurs articulations par la prise de collagène par voie buccale. « En matière de douleurs articulaires, l'effet placebo est très important, avec près d'une personne sur deux soulagée par un placebo, relève le Pr Berenbaum. Mais il est regrettable de mettre autant d'argent dans un produit aussi utile qu'un sachet de sucre en poudre ! »
On peut trouver du collagène d'origine végétale
FAUX. « Le collagène est une protéine exclusivement animale, informe le Dr Catherine de Goursac. Quand on voit sur un produit la mention « collagène végétal », il s'agit d'un abus de langage pour séduire une clientèle végétarienne et végane. Ce collagène dit « végétal » est en réalité composé d'ingrédients végétaux qui peuvent aider le corps à produire ou préserver son propre collagène. »
Une grande majorité de compléments alimentaires contiennent du collagène d'origine bovine ou porcine. Le collagène « marin », extrait des poissons et crustacés, est lui aussi utilisé dans les compléments alimentaires et les produits cosmétiques.
Il faut demander conseil au médecin ou au pharmacien
VRAI. Les produits à appliquer sur la peau (crèmes, sérums…) présentent peu de risques hormis quelques rougeurs en cas d'intolérance. Mais il est tout de même préférable de demander conseil à son dermatologue. En revanche, il est impératif de requérir l'avis du médecin ou du pharmacien pour les compléments alimentaires. « Des produits achetés sur internet peuvent contenir des excipients (1) dangereux, insiste le Pr Berenbaum, rhumatologue. En pharmacie, le produit est tracé et offre donc des gages de sécurité. »
(1) Un excipient est une substance qui entre dans la composition d'un médicament et qui sert à incorporer les principes actifs.
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