Bénévolat en France : l’engagement associatif se transforme

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Daria Tchemy

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Des jeunes volontaires au sein d’une organisation à but non-lucratif © Getty Image

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Le bénévolat connaît une profonde évolution en France. Nouvelles attentes citoyennes et engagement plus ponctuel... Le Baromètre France Bénévolat 2025 révèle un paysage contrasté, entre solidarité toujours présente et engagement plus flexible.

En 2025, 34 % des Français déclarent donner gratuitement de leur temps pour les autres ou pour une cause. Un chiffre qui confirme que la solidarité reste une valeur largement partagée.

Pourtant, le bénévolat associatif n’a pas retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire. En 2019, 15 millions de bénévoles, soit 28 % de la population, étaient engagés dans une organisation. Ils sont 14 millions en 2025, soit 24 %, selon le 6ème Baromètre (1). 

Pour Elisabeth Pascaud, administratrice de France Bénévolat : « Ce n’est pas une crise du bénévolat, c’est une mutation profonde de l’engagement. Les bénévoles veulent désormais maîtriser leur temps. C’est un changement de paradigme. »

Un engagement plus flexible et moins institutionnel

Depuis la pandémie, de nombreux citoyens privilégient des formes d’aide plus souples : actions ponctuelles, solidarité de proximité, mobilisation autour d’une cause précise ou missions courtes.

Le baromètre évoque ainsi des signaux contradictoires entre « espoir et inquiétude ». Si l’envie d’aider demeure, elle s’inscrit moins systématiquement dans une adhésion associative durable.

En moyenne, 21 % des Français ont donné de leur temps à une association tout au long de l’année en 2025. Parmi eux, 39 % s’engagent chaque semaine voire un jour ou plus par semaine, contre 43 % en 2019. Un indicateur qui montre une diminution, mais que les bénévoles actifs restent fortement impliqués.

Les jeunes générations, notamment, souhaitent des formes d’engagement plus compatibles avec leurs rythmes de vie. Beaucoup privilégient des projets concrets, des missions limitées dans le temps ou des engagements collectifs entre amis. 

Pour répondre à ces nouvelles attentes, les associations doivent désormais adapter leur fonctionnement. « Les jeunes veulent voir des résultats assez vite. Il faut leur faire confiance et leur laisser la possibilité d’apprendre, y compris en se trompant », explique Elisabeth Pascaud.

Les associations confrontées à un nouveau défi : la disponibilité

Contrairement à certaines idées reçues, les associations ne manquent pas nécessairement de bénévoles. Leur principale difficulté concerne désormais :

•    La disponibilité des bénévoles ;
•    La fidélisation dans le temps ;
•    L’accès aux fonctions de responsabilités ;
•    La complexification administrative des structures.

Autrement dit, le défi est moins quantitatif que structurel : les bénévoles existent, mais s’engagent différemment.

« On va de plus en plus vers des responsabilités partagées », explique Elisabeth Pascaud. Les nouvelles générations acceptent moins les modèles hiérarchiques traditionnels et souhaitent davantage participer aux décisions.  

En 2024, France Bénévolat a ainsi accompagné près de 11 000 personnes souhaitant s’engager.

Les plus de 65  ans, piliers du tissu associatif ?

Le baromètre confirme une tendance : les plus de 65 ans constituent toujours le socle du bénévolat associatif français. Leur disponibilité et leur volonté de maintenir un lien social jouent un rôle essentiel dans la continuité des associations.

Mais cette génération, historiquement très investie, tend progressivement à réduire son engagement. Une évolution qui préoccupe le secteur associatif.

Dans le même temps, les jeunes bénévoles apparaissent plus mobiles « Si une association ne leur plaît pas, ils partent », résume Elisabeth Pascaud. Une réalité qui pousse les structures à repenser leurs modes d’accueil, de gouvernance et d’organisation.

Des associations fragilisées par le manque de moyens

Au-delà du renouvellement des bénévoles, de nombreuses associations doivent également faire face à des difficultés financières croissantes. Le manque de subventions publiques, la hausse des coûts de fonctionnement et la diminution de certaines aides fragilisent toutes les associations, notamment les structures culturelles, sportives ou de loisirs.

Certaines associations peinent désormais à conserver leurs salariés. En octobre 2025, le Secours Catholique a ainsi annoncé le licenciement de près de 130 salariés, soit environ 14 % de ses effectifs. (2) 

Pourtant les associations restent des espaces d’apprentissage, de rencontre, d’engagement citoyen et de « faire ensemble ». « Les associations ont des trésors d’imagination malgré les difficultés », souligne l’administratrice de France Bénévolat.

Un nouveau modèle associatif en construction

Malgré les tensions, le bénévolat continue donc d’occuper une place centrale dans la société française. La dynamique observée lors des Jeux Olympiques de Paris 2024 a suscité de nouvelles vocations dans le secteur sportif et associatif. Mais pour durer, cet élan devra s’accompagner de moyens financiers suffisants et d’une transformation des modes d’engagement.

Le bénévolat français semble ainsi entrer dans une nouvelle phase : plus souple, plus ponctuelle, mais toujours portée par un fort besoin de solidarité et de lien social.

(1)    Baromètre publié par France Bénévolat en mars 2025, étude réalisée par l’IFOP
(2)    Le Secours catholique, annonce le premier plan social de son histoire

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