Et si vous passiez des vacances plus solidaires et responsables ?

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Alexandra Luthereau

Temps de lecture estimé 6 minute(s)

Comment être solidaire pendant les vacances ?
© Jean-Marie RAYAPEN SPF

Sommaire

Il y a toutes sortes de façons d’être solidaires pendant ses vacances. Si on pense spontanément au bénévolat, la solidarité peut aussi passer par ses choix de consommation. Petit tour d’horizon.

Si les vacances représentent pour beaucoup une parenthèse, elles peuvent aussi être l’occasion de prolonger les actes de solidarité. En la matière, les Français sont solidaires.

« L’inflation et les difficultés de pouvoir d’achat n’ont pas fait disparaître la solidarité. Elles semblent au contraire renforcer la conscience des difficultés vécues par les autres. Si tous ne peuvent pas aider financièrement, beaucoup choisissent de s’engager autrement, notamment en donnant de leur temps, analyse Corinne Makowski, secrétaire nationale en charge des solidarités au Secours populaire français. C’est ce que nous constatons au Secours populaire, avec une hausse du nombre de bénévoles ces dernières années, ainsi qu’à travers notre baromètre annuel (1). Il montre qu’environ 65 % des Français chaque année se disent prêts à agir pour aider les autres ».

Un autre manière de faire du tourisme

Comment s’incarne cette solidarité ? « Elle se fait d’abord dans ses choix de consommation concernant son hébergement, ses activités, ses guides touristiques, ses transports, sa restauration, souligne Coralie Marti, directrice de l’ATES, le réseau national du tourisme équitable et solidaire. Et aujourd’hui, les gens veulent savoir où va leur argent, si c’est bénéfique pour le territoire qu’ils visitent, dans quelles conditions travaillent les prestataires. Ils veulent connaître l'envers de la carte postale ». Même si aujourd’hui, cette démarche s’accompagne aussi d’une forte contrainte en termes de pouvoir d’achat. 

Plusieurs possibilités s’offrent alors aux vacanciers solidaires. Ils peuvent privilégier les gîtes, les chambres chez l’habitant, les hôtels indépendants ou une structure de l’économie sociale et solidaire plutôt qu’une chaîne hôtelière internationale ou une plateforme qui pratique l’optimisation fiscale. Favoriser la culture locale, la rencontre avec les habitants, les visites d’artisans ou de vignobles locaux.

Autre piste d’action solidaire facile à mettre en place : manger local en évitant les chaînes de restauration. Tous ces gestes participent au développement économique local des territoires dans le respect des populations et de l’environnement. « Le tourisme solidaire est un tourisme avec un impact positif », précise Coralie Marti.

Bonne nouvelle, les alternatives se multiplient ces dernières années, pour satisfaire ces attentes.

Labels et plateformes alternatives

Pour s’y retrouver parmi les nombreuses offres, plusieurs labels ou plateformes existent. Le label Tourisme responsable, certifié par Ecocert, créé par l’association Agir pour le Tourisme Responsable (ATR) compte 25 tour-opérateurs labellisés. Ce label reconnaît l’engagement de ces acteurs professionnels dans une démarche RSE, tout comme la Clé verte ou l’écolabel européen.

De son côté, le label Tourisme équitable de l’ATES va plus loin. Créé en 2014, il a été complètement remanié en 2025 pour répondre à l’inscription dans la loi française de la définition officielle du commerce équitable, dont le tourisme est une filière. « Désormais cette approche équitable du tourisme bénéficie d'une définition légale en France. Contrairement à des appellations du type tourisme durable, responsable ou slow tourisme », explique Coralie Marti.

Les séjours proposés par ces voyagistes labellisés tourisme équitable, et issus de l’économie sociale et solidaire, sont variés (colonies de vacances, séjours familiaux…). Mais tous garantissent une immersion auprès d'habitants accueillants, dans des destinations souvent assez éloignées des retombées habituelles du tourisme, en petits groupes n'excédant pas 12 personnes, soutenant l’économie et les initiatives locales. Et ce avec un prix calculé au plus juste et communiqué en toute transparence auprès des clients. Aujourd’hui, 12 voyagistes détiennent ce label, au niveau d’engagement très important (lire encadré).

Pour voyager responsable, citons également les guides TAO parmi lesquels les ouvrages « 2 000 idées et adresses pour voyager engagé » (dernière édition 2024) ou encore « Normandie, éthique et écologique ».

Des structures françaises labellisées Tourisme équitable

Le label Tourisme équitable compte aujourd’hui 12 voyagistes. Le Zazie Hôtel est un deux-étoiles parisien agréé entreprise solidaire et d’utilité sociale. L’hôtel est ancré dans son quartier, et travaille en coopération avec les acteurs locaux, artisans, commerçants, guides touristiques et entrepreneurs sociaux.

Autre exemple, Bretagne autrement propose des voyages sur mesure en Bretagne et en Normandie, respectueux de l’environnement et des populations locales. Au programme : rencontres avec des producteurs locaux, visites de villages traditionnels et balades à vélos avec un habitant.
 

Accueillir et accompagner des vacanciers

Et pourquoi pas bronzer utile ? En ramassant des déchets sur la plage ou en montagne par exemple (les sites Initiatives Océanes de Surfrider France et Mountain Riders répertorient les opérations) ou en participant à des actions pour favoriser l’accès aux vacances pour tous. Là encore, les associations comme le Secours catholique, APF France Handicap, le Secours populaire ou les Petits frères des pauvres offrent de nombreuses possibilités : accueillir des enfants ou des réfugiés pendant les vacances chez soi, s’occuper de la logistique des séjours ou encore accompagner les vacanciers.

Pour permettre à toujours plus de personnes de partir en vacances, les associations cherchent régulièrement de nouveaux bénévoles. « Chacun a ses talents qu’il peut mettre à profit, en fonction de son temps et de ses envies », souligne Corinne Makowski. Et au Secours populaire, toutes les idées sont les bienvenues. « Les sportifs peuvent proposer des randos, les passionnés d’oiseaux des randonnées dans des réserves naturelles et les férus de photo des reportages en images, une journée à la mer… ».

Attention, aux arnaques d’un certain tourisme dit, à tort, « humanitaire », avec des offres coûteuses proposant à des voyageurs plein de volonté de donner un coup de main pour construire une école, enseigner le français, creuser un puits… « Il ne faut pas confondre le tourisme, qui est une activité marchande et le bénévolat », prévient Coralie Marti. 

Cela dit, comme le souligne le Secours populaire français « participer à des actions solidaires, c’est enthousiasmant ! » Comme les vacances.

(1)    19e Baromètre IPSOS/Secours populaire paru en septembre 2025.

Chloé Henry, 26 ans, bénévole pour le Secours populaire, à Caen

« Je suis bénévole, tous les étés, aux Journées des oubliés des vacances depuis 2018. Face aux inégalités, celles liées aux vacances ne sont pas les premières auxquelles on pense. Pourtant ce sont de vraies bulles d’oxygène, pour se reposer, avoir du répit. Sans ces moments, le quotidien est plus difficile.

Durant ces journées, en plus de l’aide à la logistique, je propose aux familles de faire de belles photos d’eux en souvenirs. Ce qui me plaît surtout, ce sont les échanges avec eux, les moments partagés et les rires aussi. L’aspect humain quoi ! »

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