5 bons réflexes pour bien conduire après 65 ans
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À l’heure où les visites médicales d’aptitude à la conduite sont obligatoires pour les seniors dans certains pays, comme l’Italie (à partir de 70 ans), la France ne s’était pas encore prononcée à ce sujet. Mais la donne a changé avec le vote, par le Parlement européen, en faveur d’une réforme du permis de conduire.
« Cette réforme prévoit notamment de réduire la durée de validité du permis pour les conducteurs de 65 ans et plus. Des contrôles médicaux réguliers pourraient être mis en place, voire des mesures alternatives, comme les dispositifs d’autoévaluation. La France s’orienterait d’ailleurs davantage vers cette deuxième option. Les pays européens ont 4 ans pour transposer le texte dans leur législation et prévoir les modalités de mise en œuvre », analyse Céline Kastner, directrice des politiques publiques et communication pour Mobilité Club France, une association d’usagers (1). En attendant, il est important de réfléchir quotidiennement à son aptitude à conduire et prendre de bonnes habitudes.
1-Consulter régulièrement son médecin
Puisqu’il n’existe pas, à ce jour, en France d’examen médical obligatoire pour les automobilistes (non professionnels) lié à l’âge, tout senior doit être rigoureusement suivi par son médecin de famille.
« Les symptômes auxquels les médecins doivent prêter une attention particulière, dans le cadre de l’aptitude à conduire, sont classés dans quatre familles. En premier lieu, il y a les troubles de la vue. La deuxième famille regroupe les troubles de l’état de conscience et les risques de malaise brutal, en lien avec une pathologie cardiaque, une hypoglycémie diabétique, une épilepsie. Les troubles cognitifs dus à la consommation d’alcool, de stupéfiants, prise de médicaments ou dus à une affection médicale, constituent un troisième groupe. Enfin, une haute vigilance est également de mise concernant les troubles neuromoteurs (2) », détaille le Dr Anne-Marie Gallot, conseillère à la Sécurité Routière (3).
Le médecin prescrira bien sûr les bilans et contrôles en fonction des troubles constatés. « Nous notons que certaines situations de vie comme la retraite, une hospitalisation, une chute, un veuvage, sont des moments charnières pouvant fragiliser l’autonomie dans les déplacements », ajoute Céline Kastner.
Si le médecin a ce devoir de suivi, il est également essentiel que la famille, les proches restent attentifs à ce type d’événement. Un médecin ne peut par ailleurs pas décréter une inaptitude à conduire, car il est tenu au secret médical absolu. Son devoir est d’en informer son patient. Ce dernier devra ensuite, si nécessaire, se rapprocher d’un médecin agréé par la préfecture, qui jugera de ses capacités à conduire.
2 – Déterminer le bon moment pour prendre le volant
Une majorité de seniors réfléchit naturellement au meilleur moment pour prendre la route. « Ils ont en général conscience de leurs limites, ce qui préserve et stimule leur autonomie. Ainsi, ils favorisent les trajets courts, à une vitesse peu élevée, avec une vigilance accrue et sauront choisir entre boire ou conduire », observe le Dr Anne-Marie Gallot.
En plus de ces précautions, et à partir du moment où l’état physique (fatigue, contrariété) ne contre-indique pas la conduite, il est aussi pertinent d’éviter de sortir pendant les heures de pointe, quand la circulation est trop dense, mais également de prendre le volant de nuit.
« La météo est un autre paramètre à observer. La pluie, le brouillard, la neige, le verglas rendent la circulation plus difficile et augmentent le risque d’accident pour l’ensemble de la population », rappelle Céline Kastner. Planifier ses trajets peut aussi éliminer une part de stress et d’anxiété.
« Mais paradoxalement, il est aussi important de conduire le plus régulièrement possible, pour ne pas développer une angoisse du volant », note Céline Kastner.
3-S’autoévaluer, à la maison, au moyen de tests
Parce que la conduite, lorsqu’on vieillit, est un sujet assez passionnel, qui réveille parfois des inquiétudes, il existe une multitude d’outils pour s’autoévaluer tranquillement chez soi. Ils sont mis à disposition sur Internet, via certaines associations. Ainsi, le site Mobisenior est une référence en la matière et propose, par exemple, un questionnaire d’autoévaluation de conduite, mais aussi des tests de la vision, de l’audition et des fonctions cognitives, aboutissant à des scores.
« Ces tests sont anonymes et n’ont bien sûr pas de valeur de diagnostic médical. Ils permettent de se questionner en misant sur l’autoévaluation, d’en parler et en cas de doute, de s’orienter vers un professionnel de santé. Sur Mobisenior, il existe aussi un test d’entrainement à l’orientation dans l’espace élaboré par la Fondation Vinci Autoroutes et le CI2N de Strasbourg » (5).
4 – Se remettre à niveau
En cas de doute sur sa capacité à conduire, pour réviser le Code de la route, ou tout simplement se rassurer et se sentir plus à l’aise, il est possible de reprendre des cours de conduite, via les auto-écoles. Chaque établissement évaluera le nombre d’heures nécessaires. Des stages de remise à niveau sont notamment proposés par des associations.
L’association Mobilité Club France propose de son côté des ateliers pour mettre à jour ses connaissances (panneaux, ronds-points, etc.) et des audits de conduite. « Ces bilans durent 30 à 45 minutes et se déroulent dans la voiture personnelle du conducteur. Ils sont organisés, en premier lieu pour nos membres, mais également avec des collectivités notamment, et sont donc accessibles au plus grand nombre », précise Céline Kastner.
5 – Choisir les bons équipements pour sa voiture
Les innovations ne manquent pas en matière de confort automobile. « Les voitures à boîte de vitesse automatique, la direction assistée, le réglage électrique des rétroviseurs, l’assistance au stationnement, les détecteurs d’angles morts, l’aide au démarrage en côte, les sièges réglables en hauteur sont autant d’équipements qui peuvent très nettement soulager physiquement un conducteur senior et, par conséquent, favoriser une plus grande attention à la route. Toutefois faut-il apprendre à bien les utiliser », souligne Céline Kastner.
Certaines voitures peuvent également être adaptées. De nombreuses sociétés proposent par exemple des volants munis d’une boule, plus facile à attraper, sur laquelle peuvent être placées différentes commandes (clignotant, etc.) ou encore des sièges pivotant à 90 °C afin de s’installer plus facilement au volant.
D’autres modes de mobilité disponibles
« Conduire est naturellement associé à l’idée de liberté. Mieux vaut donc anticiper et dédramatiser un peu le moment où la conduite n’est plus possible, en s’intéressant à d’autres modes de déplacement », estime Céline Kastner. « De nombreuses collectivités territoriales adaptent leur offre de mobilité aux seniors », encourage le Dr Anne-Marie Gallot. Le train, les transports en commun (bus, tramway) restent par ailleurs des solutions évidentes. « Des ateliers de la mobilité pour mieux les appréhender, organisés notamment par notre association, existent pour faciliter et accompagner cette transition », précise Céline Kastner.
(1) Mobilité Club France, association dédiée à tous les usagers quel que soit leur mode de déplacement - https://mobiliteclub.fr/mobilite-club-france/
(2) Les troubles neuromoteurs peuvent engendrer des mouvements brusques, ou ralentis.
(3) Conseillère technique interministérielle « Santé » auprès de la Déléguée interministérielle à la Sécurité Routière.
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