Atypie-Friendly : mieux accompagner les étudiants avec un trouble du neurodéveloppement
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Passer du lycée à l’enseignement supérieur implique de nombreux changements : davantage d’autonomie, un nouveau rythme de travail, des groupes parfois beaucoup plus importants, de nouvelles méthodes pédagogiques ou encore une vie sociale différente. Pour un étudiant présentant un trouble du neurodéveloppement (autisme, dyslexie, hyperactivité, etc…) ces changements peuvent nécessiter des adaptations particulières.
Mais il n’existe pas de mode d’emploi unique. Des personnes présentant le même trouble peuvent avoir des besoins très différents, et ceux-ci peuvent également évoluer au cours des études. C’est précisément sur cette adaptation des parcours qu’agit le programme Atypie-Friendly.
Ce dispositif accompagne les établissements d’enseignement supérieur dans la mise en place de réponses adaptées aux besoins des étudiants présentant un trouble du développement. En 2024-2025, 83 000 étudiants étaient en situation de handicap dans l’enseignement supérieur. Selon Bertrand Monthubert, directeur du programme Atypie-Friendly, les troubles du neurodéveloppement représenteraient 30 à 50 % des situations de handicap déclarées chez les étudiants. « L’accompagnement de chaque étudiant est personnalisé », précise-t-il.
Les besoins peuvent également varier selon la formation, l’environnement ou le moment du parcours. « Ce qui est mis en place par chacun des établissements dépend aussi, du contexte local », explique-t-il.
Les troubles du neurodéveloppement, de quoi parle-t-on ?
Selon, la Maison de l’autisme, les troubles du neurodéveloppement concernent environ une personne sur six, en France. Ils regroupent plusieurs troubles, parmi lesquels :
- Le trouble du spectre de l'autisme (TSA) ;
- Le trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ;
- Les troubles dys ;
- Le trouble du développement intellectuel.
Ces troubles peuvent entraîner des répercussions sur les apprentissages, l’attention, la communication, les interactions sociales ou certaines fonctions exécutives. Leur expression varie fortement d’une personne à l’autre.
Un programme qui agit avec les établissements
Atypie-Friendly ne se substitue pas aux services déjà présents dans les universités. Le programme travaille avec les établissements, en lien avec les services handicap et santé étudiante.
Lorsqu’un étudiant signale son trouble du neurodéveloppement à son établissement, ce sont ces services qui évaluent avec lui ses besoins et mettent en place les dispositifs appropriés. Atypie-Friendly apporte de son côté les ressources et l’expertise permettant aux équipes locales de mieux répondre à ces situations.
Selon Bertrand Monthubert, le réseau est présent aujourd’hui dans 60 % des établissements universitaires, (universités, grandes écoles rattachées à des établissements universitaires...). Les établissements qui s’engagent dans le programme signent une charte définissant les actions à déployer telles qu’améliorer la transition vers l’enseignement supérieur, mieux accompagner les étudiants selon leurs besoins, favoriser leur insertion professionnelle et former la communauté universitaire.
Chaque établissement du réseau dispose d’un chargé d’accompagnement au déploiement. Son rôle est d’aider l’établissement à mettre en œuvre les actions prévues, grâce aux outils, méthodes et ressources développés par Atypie-Friendly. Il n’assure pas directement le suivi des étudiants.
Mutualiser les solutions
Pour Bertrand Monthubert, cette organisation répond aussi à la nécessité pour les établissements de ne pas avancer seuls face à des besoins encore insuffisamment connus.
« Ils comprennent bien que s’ils agissent de manière isolée, ils ne vont pas y arriver. On a besoin au contraire de mutualiser les forces pour ça. », ajoute-t-il.
Le réseau partage donc ses outils et ses pratiques. Une initiative expérimentée localement peut ensuite nourrir le travail collectif et être adaptée à d’autres contextes.
Rendre l’enseignement supérieur plus accessible
Atypie-Friendly cherche aussi à faire évoluer plus largement les pratiques universitaires. L’objectif ne consiste pas uniquement à apporter une réponse individuelle à un étudiant.
« On essaie de le travailler dans une perspective d’accessibilité de l’enseignement supérieur », explique le directeur. Des évolutions qui peuvent « bénéficier à tous les étudiants, et en particulier à ceux qui ont un trouble du neurodéveloppement ».
La sensibilisation des personnels constitue un autre volet du programme. Atypie-Friendly propose des formations en présentiel, des ressources en ligne, des modules de e-learning ainsi qu’une série de courts-métrages consacrés aux TND dans l’enseignement supérieur.
Une inclusion qui progresse, mais des défis qui persistent
Après huit années à la tête du programme, Bertrand Monthubert décrit une évolution « considérable » de la prise en compte du handicap. Selon lui, le nombre d’étudiants en situation de handicap a été multiplié par dix en une vingtaine d’années. Cette progression s’explique notamment par l’amélioration du diagnostic, qui permet d’identifier davantage de personnes et de mieux prendre en compte leurs besoins.
À l’occasion de la Conférence nationale du handicap, organisé le 4 septembre 2026 au Prisme, à Bobigny, Emmanuel Macron a annoncé que le programme Atypie-Friendly, sera poursuivi et continuera à être développé pour les étudiants concernés par les troubles du neurodéveloppement.
Le programme vise désormais une couverture de 100 % d’établissements universitaires en 2028.
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