Carences en calcium : faut-il s'en inquiéter ?
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À quoi sert le calcium ?
Le calcium représente 2 % du poids corporel. Les 99 % du calcium que fournit notre alimentation se retrouvent sous la forme de phosphate de calcium dans nos os (et nos dents), ce qui joue un rôle essentiel dans la bonne santé osseuse.
« Le reste circule dans le sang et intervient dans la transmission nerveuse, les contractions musculaires, la coagulation, le transfert d'informations d'une cellule à l'autre et diverses réactions enzymatiques qui génèrent de l'énergie », explique le Docteur Laurent Chevallier, médecin nutritionniste attaché au CHU de Montpellier.
Qu'est-ce que l'hypocalcémie ?
La concentration de calcium dans le sang est principalement régulée par la parathormone (PTH) et la vitamine D. « En général, ces régulations sont assez stables, mais on peut assister parfois à des dérèglements, surtout aux âges extrêmes de la vie ou en cas de pathologie avérée », analyse le Dr Laurent Chevallier.
Si l'organisme en manque (hypocalcémie), les os en libèrent dans la circulation sanguine de manière à rétablir l'équilibre. Si le niveau de calcium sanguin est trop élevé (hypercalcémie), l'excédent est stocké dans les os ou éliminé dans les urines.
« Lorsque le taux de calcium dans le sang est inférieur à 88 mg par litre ou moins de 2,20 mmol/L, on parle d'hypocalcémie, indique le Dr Laurent Grange, rhumatologue au CHU de Grenoble Alpes. Pour autant, il faut rester prudent avec des normes qui varient selon les laboratoires. »
Une alimentation variée permet de couvrir les besoins en calcium
Chez une personne en bonne santé, une alimentation suffisamment diversifiée permet, en général, d'avoir une quantité suffisante de calcium. Les apports de calcium alimentaire recommandés par l'ANSES se situent entre 800 et 1 000 mg/j pour un adulte. « Important à tout âge car l'os est en constant renouvellement, le calcium l'est plus particulièrement pendant la croissance et à la ménopause, précise le Docteur Laurent Grange. Il appartient au médecin traitant d'affiner les besoins individuels en fonction des profils des patients. »
Parmi les sources de calcium, il y a, bien sûr, le lait et les produits laitiers. Mais où trouver du calcium quand on n'aime pas le lait ou quand on ne le tolère pas ? Il existe de nombreuses autres sources comme les légumineuses, les fruits à coque, les produits céréaliers, certains légumes-feuilles (chou vert, brocoli, blettes, etc.), les sardines, les fruits de mer et certaines eaux très riches en calcium.
À titre indicatif, un verre de lait de 125 ml équivaut à 400 g de haricots rouges ou blancs, à 30 g de sardines en conserves avec arêtes (ou 1 petite sardine fraîche entière) ou encore à 90 g d'amandes. La liste des aliments ayant une teneur élevée en calcium figure dans la table de référence de composition nutritionnelle des aliments (Ciqual).
Tout le calcium ingéré n'est pas absorbé par l'organisme
Seul un certain pourcentage du calcium de l'aliment consommé est assimilé par le corps et devient « utilisable » par l'organisme. « Des aliments comme les épinards, les patates douces ou encore la rhubarbe, vont limiter l'absorption du calcium, prévient le Dr Chevallier. On absorbera donc plus de calcium en buvant un bol de lait qu'en mangeant une assiette d'épinards, alors que les deux contiennent la même quantité de calcium ! »
L'avancée en âge est un autre facteur non négligeable à prendre en compte : plus les années passent, moins le calcium est bien absorbé. Tout comme les apports en vitamine D et le régime alimentaire des patients.
Apportée par certains aliments ou synthétisée par l'exposition au soleil, la vitamine D favorise une bonne assimilation du calcium.
Une alimentation riche en sel, en caféine ou en alcool diminue l'absorption du calcium. De même, un régime végan, qui implique la suppression de groupe entiers d'aliments, peut induire des carences en calcium.
Quels sont les signes de l'hypocalcémie ?
« L'hypocalcémie peut entraîner des crampes, des tremblements musculaires voire la tétanie (la contraction des muscles), observe le Dr Laurent Grange. La faible consommation en calcium peut également évoluer en ostéoporose, maladie qui augmente le risque de fractures. Elle peut aussi provoquer des problèmes de dentition et de gencive ou des problèmes rénaux. »
Une peau sèche, des cheveux ternes, des ongles fragiles, et même une confusion mentale ou des pertes de mémoire sont des signes qui peuvent encore orienter le diagnostic en faveur d'une hypocalcémie. Mais des analyses de sang effectuées en laboratoire sont le seul moyen de savoir si votre taux de calcium est bon. Une carence en calcium ne se manifeste réellement qu'au bout d'un certain temps, avec des symptômes pouvant être très différents, voire inexistants d'un patient à l'autre.
À quoi peut être due l'hypocalcémie ?
Il existe différentes causes liées à l'hypocalcémie. Elle est le plus souvent due à une carence en vitamine D, une insuffisance ou une maladie rénale, un défaut d'absorption de l'intestin ou un déficit en hormone parathyroïdienne provoquée, par exemple, par une maladie auto-immune, l'ablation des glandes parathyroïdes suite à une thyroïdectomie.
Un déficit en magnésium et la prise de certains médicaments, comme des antiépileptiques ou des diurétiques, peuvent aussi être à l'origine d'une hypocalcémie.
Comment la traiter ?
« Des suppléments calciques par voie orale, associés parfois à une prescription de vitamine D pour une meilleure absorption, sont souvent suffisants pour faire remonter le taux de calcium, indique le Dr Laurent Chevallier. Si une cause particulière est identifiée, le traitement du trouble qui provoque l'hypocalcémie est bien sûr indispensable. »
Très fréquente chez les patients hospitalisés pour maladie grave, l'hypocalcémie sera alors traitée par perfusion intraveineuse.
Pour les os : le calcium ne fait pas tout !
Les apports en calcium sont nécessaires mais pas suffisants pour réduire le risque de fracture en cas d’ostéoporose. Une étude suédoise, échelonnée sur 19 ans et portant sur 61 400 femmes atteintes de cette maladie, a conclu que des apports alimentaires en calcium inférieurs à environ 700 mg par jour chez les femmes étaient associés à un risque accru de fracture. Par contre, l’augmentation de l’apport en calcium ne permet pas de réduire les fractures en cas de fragilité osseuse. En complément de ces apports calciques, d’autres prises en charge efficaces comme, par exemple, des traitements ostéoformateurs ou antirésorbeurs sont donc nécessaires en cas d’ostéoporose.
« Pour la solidité des os, il est indispensable de miser aussi sur la vitamine D (en exposant mains, bras et visage au soleil pendant 15 à 20 minutes par jour) et sur l'exercice physique, conclut le Dr Laurent Grange. Ainsi, des activités comme marcher ou courir, ou toutes celles où une pression s'exerce sur l'os, permettent une meilleure fixation du calcium. »
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