Où jeter ses déchets médicaux ?

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Justine Ferrari (ANPM-France Mutualité)

Temps de lecture estimé 3 minute(s)

Où jeter ses déchets médicaux ?
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Masques froissés au fond du sac, autotests Covid et seringues d’insuline dans la poubelle de la salle de bains ou encore médicaments périmés au fond d’un placard… Mais où faut-il vraiment les jeter ? Mal éliminés, ils peuvent polluer l’environnement ou blesser les agents de collecte. Tour d’horizon des solutions pour s’en débarrasser sans risque.

Masques et autotests : direction la poubelle classique

Les masques chirurgicaux ou même FFP2 ont envahi nos vies depuis la pandémie. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ils vont dans la poubelle des ordures ménagères classiques, pas dans le tri sélectif. Tout comme les mouchoirs et les gants jetables, emballez-les dans un sac plastique avant de les jeter pour limiter les risques de contamination des agents de collecte. 

Même règle pour les autotests Covid ou encore les tests de grossesse périmés ou utilisés : ils contiennent des réactifs chimiques et des composants en plastique non recyclables. Ne les cassez pas, ne les démontez pas : enfermez-les dans leur emballage d’origine ou dans un sachet plastique, puis jetez le tout. 

Enfin, les protections hygiéniques, couches ou lingettes de soins du corps vont, elles aussi, dans la poubelle classique.

Pansements, compresses et bandages : moins de risques ?

Les pansements souillés, compresses usagées et bandages ne nécessitent généralement pas de précautions particulières. Placez-les dans un sac plastique bien fermé, puis jetez-les avec vos ordures ménagères. Mais ce n’est pas pareil pour les pansements de patients suivis à domicile après une chirurgie lourde ou une chimiothérapie. 

Ces déchets peuvent contenir des résidus de médicaments cytotoxiques ou des germes résistants. Votre infirmière ou votre service de soins à domicile doit normalement vous fournir des conteneurs spécifiques et organiser leur collecte. Ne prenez pas d’initiative : demandez conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

Objets piquants et tranchants : une filière spécifique

Seringues, aiguilles, lancettes et stylos pour diabétiques, cathéters, etc., tous ces déchets sont considérés comme des DASRI (déchets d’activités de soins à risques infectieux). Ils ne doivent jamais finir à la poubelle, au risque de blesser quelqu’un. 

Il existe des bacs spéciaux pour eux. En effet, des boîtes jaunes à aiguilles sont disponibles gratuitement en présentant son ordonnance de traitement dans les pharmacies. Une fois remplie, la boîte doit être rapportée dans n’importe quelle pharmacie qui dispose d’un point de collecte. Le pharmacien se chargera ensuite de l’acheminer vers une filière d’élimination spécialisée. Pour trouver le point de collecte le plus proche, une carte interactive est à disposition sur le site dastri.fr.

Médicaments périmés : retour à la pharmacie

Sirops entamés, plaquettes de comprimés périmés, crèmes ouvertes depuis trop longtemps… méritent aussi une attention particulière. En effet, les médicaments non utilisés ne se jettent pas, ils se rapportent. Ces substances actives polluent les eaux et perturbent les écosystèmes aquatiques. Hors de question de les jeter dans l’évier ou les toilettes. Des traces d’antibiotiques, d’hormones et d’antidépresseurs sont régulièrement détectées dans nos rivières. Ainsi, toutes les pharmacies collectent gratuitement les médicaments dans le cadre du dispositif Cyclamed. Pensez à les rapporter mais sans leur emballage en carton ni leur notice, à jeter dans le tri sélectif. Chaque année, entre 7 000 et 10 000 tonnes de médicaments sont récupérées de cette manière et incinérées pour produire de l’énergie

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