Comment faire quand on n’a pas de médecin traitant ?
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En France, environ 6,4 millions de personnes n’ont pas de médecin traitant référent. Cette situation concerne l’ensemble de la population dans un contexte général de tension sur l’offre de soins. Les jeunes adultes, les étudiants ou les actifs mobiles rencontrent souvent plus de difficultés pour trouver un médecin traitant, surtout lors d’un déménagement.
Plusieurs facteurs expliquent ce manque. Les départs à la retraite ne sont pas toujours remplacés. Certaines zones connaissent une pénurie et certains médecins refusent d’accueillir de nouveaux patients par manque de temps ou parce que leur patientèle est complète. La profession est moins attractive en raison des conditions de travail lourdes avec des charges administratives importantes, un isolement et des horaires contraignants. Beaucoup de médecins optent pour un travail en groupe ou en milieu hospitalier.
Par ailleurs, le vieillissement de la population augmente les besoins de soins. Le médecin traitant reste un pilier du système de santé français. En son absence, il est important de connaître les alternatives pour continuer à se soigner tout en préservant ses droits.
Le médecin traitant permet d’entrer dans le parcours de soins coordonnés
Le médecin traitant assure le suivi médical de ses patients sur le long terme. Il centralise les informations de santé et oriente vers les spécialistes si nécessaire. Sa déclaration auprès de l’Assurance maladie permet d’intégrer le parcours de soins coordonnés, ce qui conditionne le niveau de remboursement des consultations. Il est possible de changer de médecin traitant à tout moment sans justification en effectuant une nouvelle déclaration auprès de l’Assurance maladie.
Le parcours de soins coordonnés impose à tout assuré social âgé de plus de 16 ans de désigner un médecin traitant avant de consulter un autre spécialiste pour bénéficier d’un remboursement à taux plein. Certaines exceptions existent, par exemple en cas d’urgence ou pour certaines consultations comme ophtalmologie, gynécologie, odontologie ou psychiatrie pour les moins de 26 ans.
Cela vaut également pour les spécialistes accessibles dans le cadre d’une dispense permanente d’autorisation, notamment en cas d’affection de longue durée (ALD). Depuis le 31 janvier 2009, le non-respect du parcours de soins coordonnés entraîne une réduction de 40 % sur la part remboursée par l’Assurance maladie.
Des alternatives territoriales telles que les maisons et les centres de santé
L’absence de médecin traitant n’empêche pas de consulter mais demande plus de démarches. Il est recommandé de rechercher un généraliste via l’annuaire santé de l’Assurance maladie et de multiplier les pistes avec les plateformes de rendez-vous en ligne comme Doctolib, Maiia ou Vitodoc, ou en contactant directement les cabinets et centres municipaux.
Il est conseillé d’élargir son périmètre géographique lorsque l’on peut se déplacer. Si les difficultés persistent, la Caisse primaire d’assurance maladie peut aider en faisant intervenir un conciliateur ou en orientant vers des structures adaptées comme les maisons de santé, les centres de santé, les équipes de soins primaires et les communautés professionnelles territoriales de santé.
Ces structures facilitent l’accès aux soins, notamment grâce à la téléconsultation qui peut être aussi proposée dans certaines pharmacies ou via des plateformes agréées. Les consultations, à distance ou en présentiel, sont prises en charge par l’Assurance maladie comme dans le cadre du parcours de soins coordonnés.
D’autres professionnels de santé peuvent assurer un relais
En cas d’urgence vitale, il faut appeler le 15 ou le 112. Pour des soins urgents mais non vitaux, les médecins de garde et la permanence des soins ambulatoires assurent une continuité, surtout le soir et le week-end. Les services d’urgences hospitalières restent accessibles, même si leur recours doit rester exceptionnel.
En l’absence de médecin traitant, le pharmacien joue un rôle clé. Professionnel de proximité, il peut conseiller, orienter, participer à la prévention, comme avec les vaccinations contre la grippe et le Covid, accompagner les patients chroniques en tant que pharmacien correspondant. Les infirmiers, sages-femmes, kinésithérapeutes ou psychologues peuvent également intervenir dans leur champ de compétences et assurer un relais.
En France, un médecin peut refuser de prendre en charge un patient, sauf en cas d’urgence vitale, conformément au Code de déontologie médicale. Le refus doit être motivé et ne pas reposer sur la discrimination (âge, sexe, origine, handicap, etc.). L’Ordre national des médecins rappelle que les patients en situation d’urgence ou gravement malades doivent toujours être reçus ou orientés vers un autre professionnel.
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