Les Français et la prévoyance : une protection encore insuffisante
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Faire le point deux ans après. Tel était l’objectif du 2e Baromètre Prévoyance 2025 OpinionWay pour l’Observatoire de l’imprévoyance du Groupe VYV. Après l’édition de 2023, il s’agissait de constater de quelle manière évolue le comportement des Français vis-à-vis de la prévoyance. Comment progresse (ou non) leur capacité financière à faire face aux aléas de la vie ? Quelle est la place de la prévoyance et la perception des Français par rapport à la couverture des risques du quotidien ? Les résultats du baromètre apportent un certain nombre de réponses à ces questions.
Une situation financière fragile mais des aléas fréquents
En premier lieu, l’enquête révèle que 66 % des Français jugent leur situation financière « moyenne » ou « fragile ». Un chiffre en légère hausse par rapport à 2023. Cette fragilité se traduit par des arbitrages financiers accrus : un tiers des Français ont déjà renoncé à des dépenses de soins ou à des dépenses essentielles (alimentation, énergie). Ces résultats soulignent une précarité financière persistante, malgré une légère amélioration dans certains domaines (par exemple, 16 % des Français ont renoncé à des dépenses d’assurance, contre 19 % en 2023).
Par ailleurs, un Français sur deux déclare avoir déjà vécu un aléa couvert par la prévoyance, comme un arrêt de travail prolongé, une hospitalisation ou le décès d’un proche. Lorsqu’ils en ont bénéficié, plus de huit Français sur dix ont jugé la couverture prévoyance utile pour faire face aux conséquences financières. Face à un coup dur, l’enquête note toutefois que le premier réflexe, pour 63 % des actifs (personnes qui travaillent ou sont en recherche d’emploi), est de puiser dans leur épargne, y compris de la part de Français ayant peu d’argent de côté.
Une couverture en prévoyance encore lacunaire
Seulement 61 % des répondants déclarent détenir au moins une garantie de prévoyance. Un chiffre stable par rapport à 2023. Cependant, 25 % des Français sont particulièrement vulnérables, ne disposant ni de protection prévoyance ni d’épargne suffisante pour affronter les aléas de la vie. Cette vulnérabilité est plus marquée chez les jeunes, les demandeurs d’emploi, et les personnes à faible revenu. Il est à noter qu’en cas de baisse soudaine de 30 % de leurs revenus, 45 % des actifs estiment ne pas pouvoir tenir plus de trois mois sans aide extérieure. Face à cette précarité, l’épargne est perçue comme la solution principale pour faire face aux difficultés financières, devant les garanties de prévoyance.
Des attentes fortes en matière d’accompagnement et de pédagogie
L’étude met également en lumière l’effet positif de l’information ciblée sur les risques. En effet, lorsque les Français sont informés sur les conséquences financières des aléas (perte de revenus, coût des obsèques, etc.), leur intention de se renseigner sur les solutions de prévoyance augmente significativement. Ainsi, par exemple, 66 % des salariés du privé se déclarent intéressés à en savoir plus sur les solutions de prévoyance adaptées en cas d’arrêt de travail de plus de 6 mois, et 60 % en cas de décès. Ce pourcentage est plus élevé chez les jeunes ainsi que chez les personnes ayant déjà été confrontées à un aléa.
Dernier enseignement : les actifs déjà titulaires d’un contrat de prévoyance expriment un besoin élevé de simplification des informations qui leur sont adressées sur leur niveau de couverture. Ainsi, 83 % d’entre eux jugent utile de recevoir ces informations via des canaux pédagogiques : guides, relevés annuels, réunions d’information. Cette attente va avec un besoin d’accompagnement personnalisé, notamment pour mieux comprendre les garanties et les services proposés.
Une situation contrastée pour la prévoyance
Au total, le Baromètre Prévoyance 2025 OpinionWay pour l’Observatoire de l’imprévoyance révèle une situation contrastée. En effet, si les Français sont de plus en plus conscients des risques financiers liés aux aléas de la vie, leur couverture en prévoyance reste insuffisante, avec une très faible évolution par rapport à 2023 sur la plupart des indicateurs. L’épargne est perçue comme la solution principale, mais elle ne suffit pas toujours à protéger les ménages les plus fragiles. Une prise de conscience est nécessaire pour que les Français développent une meilleure stratégie de protection face aux imprévus, pour eux-mêmes comme pour leurs proches.
Chiffres-clés du Baromètre Prévoyance 2025
- 66 % estiment que leur situation financière est moyenne ou fragile
- 88 % font des arbitrages financiers et renoncent à certaines dépenses du quotidien
- 1 Français sur 2 déclare avoir déjà vécu en 2025 un aléa couvert par la prévoyance
- 32 % ont été confrontés à titre personnel à au moins un arrêt de travail supérieur à 3 mois en 2025
- Le décès du conjoint et la réduction des capacités fonctionnelles sont les deux événements ayant le plus fort impact financier
- 50 % ont déjà vécu au moins un aléa à titre personnel
- Seulement un tiers des personnes exposées à un aléa étaient couvertes face aux risques
- 61 % déclarent détenir au moins une garantie de prévoyance
(pourcentages de réponses parmi les répondants)
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