La santé mentale des salariés s’améliore fin 2025
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Plus de 800 000 salariés ont vu leur santé mentale s’améliorer en 2025. Un tel progrès est inédit depuis la période du Covid. « Les résultats 2025 indiquaient déjà une stabilisation de la courbe avec 73 % des salariés en bonne santé mentale. Mais cette année, nous constatons une augmentation significative pour atteindre 77 % », salue Camy Puech, fondateur et président de Qualisocial qui a commandité le baromètre1.
Une santé mentale inégale selon le secteur d’activité
Si cette inflexion se confirme, le cabinet projette un retour à la situation d’avant Covid en 2030. Actuellement, six millions de salariés s’estiment toujours en « mauvaise » ou « très mauvaise » santé mentale. C’est un tiers de plus qu’en 2019. « Nous observons une aggravation de l’état de ceux qui sont en mauvaise santé », souligne Clémentine Treppoz, psychologue, spécialisée de la qualité de vie et les conditions de travail (QVCT). Camy Puech y voit un phénomène de « polarisation des actifs entre ceux qui vont mieux et ceux qui n’allaient pas bien et dont la situation se détériore. »
La construction et le BTP se trouvent au sommet du classement des secteurs où la santé mentale est au beau fixe avec 85 % de salariés satisfaits de leur sort. Les plus fortes progressions sont enregistrées par l’hôtellerie-restauration (75 %, en hausse de 9 points par rapport à 2025) et l’administration publique (76 %, +8 points).
À l’inverse, les réponses des salariés de l’industrie, des transports et de la logistique reflètent au mieux une stagnation, au pire une dégradation de la situation. L’hébergement médico-social et l’action sociale apparaissent en queue de peloton avec 66 % des salariés en bonne santé mentale. « Il faudrait pouvoir améliorer les conditions de travail dans ce secteur, surtout dans un contexte d’augmentation de la charge de travail », relève Camy Puech.
La santé mentale au sens de l’Organisation mondiale de la santé
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « la santé mentale correspond à un état de bien-être mental qui nous permet de faire face aux sources de stress de la vie, de réaliser notre potentiel, de bien apprendre et de bien travailler, et de contribuer à la vie de la communauté. »
Une bonne santé mentale ne se révèle pas par une absence de symptômes. Elle est établie lorsque nous nous sentons capables de faire face aux contraintes habituelles de la vie, de travailler et de nous engager pour une société meilleure.
L’impact positif de la Grande cause nationale pour la santé mentale
En 2025, la santé mentale a été déclarée Grande cause nationale et reconduite en 2026. Le baromètre 2026 a été l’occasion de tester l’impact de la première année de mobilisation auprès des répondants. 71 % estiment que la santé mentale est un peu moins taboue dans la société. Et 61 % déclarent avoir plus de facilité à évoquer le sujet de la santé mentale au travail qu’il y a quelques années.
Un passage à l’action à généraliser
Cette meilleure identification de la santé mentale comme un enjeu sociétal constitue un réel point d’appui pour agir. Le passage à l’action reste toutefois limité. Selon le baromètre, près d’un salarié sur deux n’a toujours aucun accès à des mesures de prévention au sein de son organisation. Seulement un sur cinq travaille dans une entreprise disposant d’un plan d’action complet sur les trois niveaux de prévention2.
L’influence des conditions de travail sur la santé mentale
Les salariés identifient trois facteurs principaux pouvant dégrader leur santé mentale. Le facteur professionnel se situe au troisième rang, derrière les facteurs individuels pour le contexte national :
- 38 % des réponses concernent les facteurs individuels : la charge mentale, la fatigue, le chômage, le logement.
- 32 % des réponses englobent les facteurs liés au contexte national : pouvoir d’achat, instabilité politique, tensions sociales…
- Les facteurs professionnels couvrent 21 % des réponses avec les conditions de travail difficiles (rythme de travail, manque de reconnaissance…) et les relations tendues avec les collègues ou les managers.
La prévention renforce la performance durable de l’entreprise
La troisième place sur le podium des facteurs professionnels sur la santé mentale ne doit détourner les dirigeants de l’ambition de prévenir les risques psychosociaux. Selon le baromètre, 86 % des salariés qui bénéficient d’un plan de prévention complet remarquent une amélioration de leur santé mentale.
Les salariés notent mieux la QVCT de leur entreprise et se disent plus engagés dans leur travail. « Nous avons mesuré la corrélation de tous ces indicateurs. Lorsqu’on gagne 10 points sur la note de QVCT, l’entreprise voit croître sa performance durable. L’absentéisme baisse de 1,2 point, le turn-over de 3,4 % et la productivité augmente de 1,4 % », énumère le président de Qualisocial.
1. Sondage réalisé par Ipsos-BVA entre le 23 et le 29 novembre 2025, auprès de 3000 salariés de 18 à 65 ans, échantillon représentatif des secteurs public et privé en France.
2. Primaire : anticiper les risques psychosociaux. Secondaire : limiter leurs effets s’ils surviennent. Tertiaire : accompagner les salariés à la santé mentale dégradée.
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