173 entreprises signent la Charte Santé mentale au travail
Publié le , actualisé le
Temps de lecture estimé 5 minute(s)
L’essentiel
• La charte Santé mentale au travail vise à créer une dynamique d’engagement des entreprises pour prévenir les risques psychosociaux (RPS).
• Une entreprise signataire sur cinq est une très petite entreprise (TPE). Une sur trois est une petite ou moyenne entreprise (PME).
• Chaque entreprise signataire s’engage à publier son plan d’action sur trois ans pour la santé mentale.
• La Grande cause nationale pour la santé mentale a été reconduite en 2026.
Qui est à l’origine de la charte d’engagement pour la santé mentale au travail ?
Trois mois après sa présentation officielle, la Charte d’engagement pour la santé mentale au travail connaît ses premiers signataires. 173 entreprises l’ont en effet signé lors de l’événement Cap sur la santé mentale, le 20 novembre à Paris.
Cette charte « Santé mentale au travail » est le fruit d’un travail réalisé au sein de l’Alliance pour la santé mentale, association créée en 2024 pour coanimer la Grande cause nationale 2025, aux côtés de l’association Santé mentale France. Elle a été élaborée par « un petit groupe d’experts et de dirigeants d’entreprises », expliquait Angèle Malâtre-Lansac, déléguée générale de l’Alliance, en août dernier.
Plus de la moitié des signataires sont des PME
« Nous espérions 40 entreprises et nous en avons plus de 170, c’est une belle surprise car nous n’avons pas encore lancé réellement de campagne d’adhésion », explique Camy Puech, président du cabinetQualisocial et l’un des experts qui a conçu la charte.
Deuxième surprise : 56 % des signataires sont des PME (moins de 300 salariés). Une sur cinq est même une entreprise de moins de dix salariés. « Nous avons par exemple des salons de coiffure qui signent la charte. C’est pour nous l’expression du besoin de ces TPE/PME de se saisir de la santé mentale. Les très grandes entreprises représentent 14 % des premières entreprises engagées.
Tous les secteurs d’activité sont représentés avec toutefois une surreprésentation des cabinets de conseils (beaucoup de cabinets liés à la prévention ou la qualité de vie au travail ont montré l’exemple). Le secteur de la santé et de l’action sociale est aussi très bien représenté, ainsi que les industries manufacturières.
Le secteur privé représente 91 % des entreprises engagées (75 % pour les entreprises privées lucratives et 16 % pour les entreprises de l’économie sociale et solidaire).
L'Alliance pour la santé mentale devrait bénéficier de la prolongation de la Grande cause nationale à l'année 2026, annoncée par le Gouvernement fin 2025, pour élargir encore le panel des entreprises signataires.
Démarche de progrès et de transparence
Chaque entreprise s’est engagée à concevoir un plan d’action sur trois ans pour améliorer et/ou préserver la santé mentale des salariés. Ce plan doit être transmis dans les trois mois à l’Alliance pour la santé mentale qui le publiera sur son site. « Si cette transparence n’est pas respectée, alors le nom de l’entreprise sera supprimé de la liste des signataires », explique Camy Puech.
Aucun niveau minimal d’action n’est prévu par la charte : « ce que nous souhaitons encourager c’est la démarche de progrès et la transparence qui est, selon nous, le meilleur moyen pour que les entreprises mettent en œuvre leur plan d’action », explique-t-il.
Les quatre engagements de la charte Santé mentale au travail
• Sensibiliser les salariés pour favoriser un dialogue ouvert sur la santé mentale dans l’entreprise.
• Former les managers et renforcer le dialogue social sur la santé psychologique au travail.
• Promouvoir une amélioration continue, en évaluant régulièrement les pratiques et leurs effets.
• Soutenir les salariés fragilisés, en proposant des dispositifs concrets et accessibles.
Agir sur l’organisation du travail
Parmi les signataires, Brice Piechaczyk associé et fondateur de l’agence d’architecture ENIA qui compte une petite centaine de salariés. Il a signé la charte le 21 novembre car la préservation de la santé mentale est une donnée stratégique dans l’entreprise : « L’architecture est l’expression de la sensibilité de celles et ceux qui la font. Comment un projet peut-il engager si les équipes qui le réalisent sont fragilisés ? », explique l’architecte.
Cette démarche de prévention influe directement sur l’organisation du travail. Par exemple, le rôle de chef de projet tourne très régulièrement entre les architectes d’un projet à l’autre. « Un projet d’architecture c’est une équipe, ses individualités et, comme dit, leur sensibilité, insiste Brice Piechaczyk. Sa réussite nécessite donc que chacun se sente écouté, soutenu, mais aussi guidé. Cela induit une charge mentale très importante pour celui ou celle qui en a la responsabilité. C’est pourquoi nous veillons à la répartir entre nous en fonction des projets. Et puis cette souplesse favorise l’intercompréhension et, par extension, la dynamique collective. »
L’architecte reste toutefois humble face à l’enjeu. «Quoi que nous fassions, nous restons exposés à des risques psychosociaux. Mais il y a des organisations du travail qui nous prémunissent mieux que d’autres. La question fondamentale est : comment on s’organise pour se parler et s’écouter à l’intérieur de l’entreprise ? »
A lire aussi
-
Comment les entreprises peuvent se mobiliser pour une meilleure santé mentale au travail
Dirigeants
Prévention des risques
-
Santé mentale au travail : et si on parlait ?
Dirigeants
Prévention des risques
-
Santé mentale au travail : prévenir les risques pour la préserver
Prévention des risques
Commentaires