S'intéresser à la santé mentale pour lutter contre les arrêts de travail de longue durée
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L’essentiel
- Les troubles psychiques sont la première cause d’arrêt des arrêts longs, selon l’Observatoire de l’imprévoyance du Groupe VYV.
- Se sentir utile et efficace dans son travail est le principal facteur d’une meilleure santé mentale.
- Changer le regard sur la santé mentale servira à améliorer l’accompagnement des salariés en difficulté.
La santé mentale a été promue deux années de suite « Grande cause nationale » par le Président de la République. En 2025, puis 2026. Au terme de cette seconde année, le sujet n’est pas épuisé. Le 26 septembre 2026, une journée était encore consacrée à ce thème à l’initiative du Nouvel Observateur et du Groupe VYV1. L’une des conférences a analysé les liens entre santé mentale et travail.
La dégradation de la santé mentale impacte la performance des entreprises
Le constat est sans appel. « 43 % des arrêts de travail de plus de 30 jours sont liés à des troubles psychiques. C’est le premier facteur des arrêts longs », explique Arnaud Boyer, directeur de la prévention du Groupe VYV.
Plus frappant encore : l’Assurance maladie constate une hausse de 117 % des maladies psychologiques reconnues comme maladie professionnelle, entre 2017 et 2023. Or, la durée d’une convalescence, à la suite d’un trouble psychologique, tel que le burn-out, est variable et imprévisible au moment du diagnostic. Cela se traduit, par des absences qui se prolongent, mois après mois, sans que l’employeur n’ait de visibilité sur le retour d’un salarié.
Au-delà de l’enjeu humain et social, la santé mentale est devenue un sujet de performance pour les entreprises.
Agir sur l’organisation du travail pour prévenir les risques psychosociaux
La dégradation de la santé mentale, constatée ces dernières années, est due à divers facteurs qui sont loin d’être tous liés au travail. Mais l’entreprise est elle-même affectée par certains de ces facteurs. Parmi eux, les multiples crises sociétales créent des tensions dans le travail.
« Il y a l’intelligence artificielle qui met sous pression notre système économique et oblige les entreprises à s’adapter quasi quotidiennement. Il y a la compétition économique internationale entre la Chine et les Etats-Unis, le dérèglement climatique », liste Camy Puech, président du cabinet conseil Qualisocial.
L’impact sur la santé mentale au travail est d’ailleurs constaté par une étude de l’Agence pour l’emploi des cadres (Apec) de 2023. Celle-ci établit qu’une majorité de cadres (73 % des hommes et 82 % des femmes), considère que ses difficultés à concilier vie professionnelle et vie privé sont un facteur de troubles psychologiques. Arnaud Boyer en déduit l’enjeu d’agir sur l’organisation du travail. « Cela couvre un spectre large de sujets dont le temps de travail, l’hyperconnexion, les modes de management, le pilotage de la charge de travail », énumère-t-il.
Continuer à changer le regard sur la santé mentale
Agir sur l’organisation du travail, nécessite, aussi, de « continuer à changer le regard sur la santé mentale », relève Philippa Motte, consultante et formatrice sur ces enjeux. Diagnostiquée bipolaire, elle a subi le tabou dans sa vie professionnelle et constate une évolution positive. « Il y a quinze ans, on me demandait de changer l’intitulé de mes interventions quand je parlais santé mentale ou trouble psychique. »
La question de la formation est fondamentale selon Philippa Motte. « Il faut apprendre à "recevoir" une personne concernée par un trouble psychique. Apprendre à montrer que l’on n’a pas peur de ce qu’elle nous dit, que l’on ne projette pas de stéréotype sur elle. »
L’écoute du salarié : le 10e principe de prévention ?
L’écoute du salarié est même érigée comme « un principe de prévention à créer », selon Christian Andréo, délégué général du Centre des jeunes dirigeants (CJD). La loi de 2021 sur la santé au travail a établi 9 principes de prévention, inscrits dans le Code du travail, tels que l’évaluation des risques, l’information du salarié...
Le Projet 41212, auquel le CJD participe, suggère d’inscrire dans la loi cette écoute comme le 10e principe de prévention. « Il y a une très grande demande d’écoute », souligne Christian Andréo. Ce principe de prévention « pourrait se matérialiser par un entretien annuel obligatoire, dégagé des entretiens d’évaluation classiques. Ce serait une écoute à 360 degrés. Comment je me sens, comment je juge mon travail, comment je juge les décisions qui sont prises ? »
Une telle démarche demanderait une formation des managers et un cadre anonymisé. Mais le délégué général du CJD a « la conviction profonde que cela serait bénéfique autant à la santé des salariés, qu’à l’efficacité de l’entreprise ».
1. Le Groupe VYV est le premier acteur mutualiste de santé et de protection sociale français réunissant notamment Harmonie Mutuelle, MGEN, MNT, MMG, les établissements de soin et d’accompagnement VYV3 et le Groupe immobilier Arcade-VYV
2. Le Projet 4121 mêle recherche académique et expérimentation dans les entreprises. Il est coordonné par le cabinet Master.
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