Contraception gratuite pour les femmes jusqu’à 25 ans : ce qu’il faut savoir

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Damienne Gallion

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Contraception gratuite pour les femmes jusqu’à 25 ans : ce qu’il faut savoir
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En France, la contraception est gratuite depuis longtemps pour les jeunes filles mineures. Depuis 2022, elle l’est également pour toutes les femmes jusqu’à l’âge de 25 ans inclus. Cela concerne tous les contraceptifs remboursables par l’Assurance maladie. Explications.

De nombreux moyens de contraception existent, mais contrairement à certaines idées reçues, tous ne sont pas remboursables par l’Assurance maladie. Par manque de moyens financiers, certaines jeunes femmes peuvent renoncer à utiliser une contraception. 

Afin de prévenir ce phénomène et de favoriser leur entrée dans un parcours de soin, la gratuité de la contraception, réservée jusque-là aux mineures, a été étendue en 2022 aux femmes jusqu’à l’âge de 25 ans inclus. Cela signifie qu’elles peuvent bénéficier, gratuitement et sans avance de frais, de certains contraceptifs et d’actes en lien avec la contraception. 

Contraception gratuite pour les moins de 26 ans : que comprend ce dispositif ? 

La gratuité de la contraception pour les jeunes femmes de moins de 26 ans inclut tous les contraceptifs remboursables par l’Assurance maladie : 

  • certaines pilules (celles de 1re et 2e générations)
  • implant contraceptif hormonal
  • stérilet, diaphragme
  • progestatif injectable (médicament ayant les propriétés de la progestérone, une hormone naturelle)
  • et une dizaine de marques de préservatifs féminins et masculins. 

Les consultations, examens biologiques et actes médicaux liés à la contraception sont également inclus dans le dispositif. Il s’agit de : 

  • la première consultation de contraception et de prévention des maladies sexuellement transmissibles (CCP)
  • une consultation de suivi réalisée par un médecin ou une sage-femme lors de la première année d’accès à la contraception
  • une consultation annuelle réalisée, à partir de la 2e année d’accès à la contraception, par un médecin ou une sage-femme, en vue d’une prescription de contraception ou d’examens biologiques en lien avec la contraception
  • les actes donnant lieu à la pose, au changement ou au retrait d'un contraceptif
  • certains examens de biologie médicale liés à la contraception (glycémie à jeun, cholestérol total et triglycérides), une fois par an.

La pilule d’urgence, gratuite pour toutes, sans condition d’âge

Depuis 2023, la pilule d'urgence peut être délivrée en pharmacie, gratuitement, sans prescription médicale et sans avance de frais, à toute personne mineure ou majeure (les personnes majeures doivent présenter leur carte Vitale).

Comment bénéficier d’une contraception gratuite ? 

Pour bénéficier du dispositif, il faut avoir moins de 26 ans et présenter à chacun des professionnels de santé (médecin ou sage-femme, laboratoire d'analyse médicale, pharmacien) sa carte Vitale ou une attestation de droits à jour. 

Une fois à la pharmacie, pour disposer d’une contraception gratuite, les jeunes femmes doivent présenter une ordonnance. Peuvent prescrire un moyen de contraception : les médecins généralistes, les gynécologues, mais aussi les sages-femmes et les centres de santé sexuelle (anciennement centres de planification et d'éducation familiale).

Bon à savoir. Pour les moins de 26 ans, certains préservatifs peuvent être demandés gratuitement en pharmacie, sans ordonnance et sans âge minimum. Il suffit de présenter sa carte Vitale (ou une attestation de droits) au pharmacien.

Contraception gratuite : les garçons eux aussi concernés

Les garçons et jeunes hommes de moins de 26 ans peuvent aussi bénéficier d’une consultation gratuite pour parler de contraception et de sexualité. Comme les jeunes femmes, ils ont la possibilité de demander en pharmacie, gratuitement et sans ordonnance, une boîte de préservatifs masculins ou féminins (dans les marques prises en charge à 100 % par l’Assurance maladie).

Quelle prise en charge après 25 ans ?

Au-delà de 25 ans, certaines pilules contraceptives, les implants contraceptifs hormonaux, les progestatifs injectables, les dispositifs intra-utérins (DIU) ou stérilets ainsi que les diaphragmes sont pris en charge par l'Assurance maladie à hauteur de 65 %. 

Par ailleurs, une dizaine de marques de préservatifs féminins et masculins sont remboursées à 60 % par l’Assurance maladie. 

Selon le contrat souscrit, les complémentaires santé peuvent éventuellement prendre en charge tout ou partie des frais non remboursés par l'Assurance maladie. Renseignez-vous auprès de votre mutuelle.

Pour en savoir plus

Contraception : dispositifs et remboursements, sur le site Ameli 
« Mineurs et contraception : comment ça se passe ? », sur le site QuestionSexualité, le site de Santé publique France
« Contraception : les garçons aussi ! », sur le site Onsexprime (Santé publique France)

Rédigé par

  • Damienne Gallion

    Journaliste généraliste, avec une prédilection pour les sujets santé, sciences, monde du travail, économie sociale et solidaire, vie pratique.

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