Vidéo : Avec Canal Détox, l’Inserm lutte contre les infox en santé
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Couper court aux fausses informations sur la santé et rappeler les faits scientifiques, c’est toute l’ambition de Canal Détox. Cette série a été lancée en 2018 par l’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, pour lutter contre la désinformation. En réaction aux nombreuses fake news qui circulent sur internet et les réseaux sociaux. Le nom « Détox » fait d’ailleurs référence à toutes ces « intox ».
Pour l’Inserm, il est plus qu’urgent de rétablir le vrai du faux en matière de santé, pour ne pas laisser proliférer les fausses croyances. Une façon aussi d’alerter sur leurs dangers, pour chacun d’entre nous, mais également pour la santé publique.
S’appuyer sur la science pour répondre aux idées reçues sur la santé
Canal Détox se décline sous la forme de textes ou de courtes vidéos pédagogiques. À chaque fois, une question qui se pose sur la santé est décryptée. Et pour y répondre, l’Inserm s’appuie sur les travaux de ses chercheurs, spécialistes du sujet traité. Ce qui permet de remettre en avant les faits scientifiques, reposant sur des études sérieuses et non sur des opinions et des rumeurs, comme c’est souvent le cas sur internet.
Les thèmes abordés sont très variés, tantôt très sérieux, tantôt plus légers. Tous ont été sélectionnés par le service communication de l’Inserm en fonction des idées reçues, vues ou lues sur les réseaux sociaux, ou de celles remontées par les chercheurs eux-mêmes. « Le soutien-gorge mis en cause dans le cancer du sein ? », « Des compléments alimentaires à base de mélatonine contre les troubles du sommeil ? » ou encore « Faire du sport pour perdre du poids ? » sont quelques exemples de questions traitées sur Canal Détox.
Sensibiliser aux risques des fake news pour la santé
Pour contrer la désinformation en santé, Canal Détox utilise parfois les codes des réseaux sociaux : l’humour, un ton léger, une musique dynamique pour les vidéos… Une manière de toucher un public le plus large possible, et non pas uniquement les internautes sensibles à la science, qui fréquentent déjà le site de l’Inserm.
Pour aller plus loin dans la démarche, en 2023, l’institut est même allé jusqu’à inventer de faux produits miracles (une crème contre l'arthrose, une boisson pour maigrir et un jus contre la dépression). L’objectif était de faire réagir les Français et de les confronter à leur propre crédulité, afin de les sensibiliser aux risques des fausses informations sur la santé. Fin 2024, l’Inserm a également mené une campagne d’affichage avec des slogans accrocheurs comme « Un smoothie carotte peut remplacer votre crème solaire », « On peut devenir centenaire en buvant 4 cafés par jour » ou encore « Les myrtilles sont le meilleur remède contre les migraines ». Pour inviter le grand public à s’interroger sur sa manière de s’informer sur la santé et à privilégier les sources fiables.
Des chercheurs et des chercheuses engagés contre la désinformation
En tant qu’acteur du fact-checking (1), l’Inserm est régulièrement sollicité par des médias pour démêler le vrai du faux sur différents sujets de santé. Pendant la pandémie de Covid, les questions des journalistes étaient nombreuses. L’institut a donc mis en place une cellule de chercheurs et de chercheuses volontaires pour y répondre, qui perdure aujourd’hui. Une centaine de scientifiques en font partie.
Immunologiste au Centre d'Immunologie de Marseille-Luminy (CIML), Sandrine Sarrazin est l’une d’entre eux. Elle est souvent contactée par des médias pour vérifier si telle ou telle information est avérée ou bien s’il s’agit d’une fake news. « Évidemment, je ne réponds que si cela concerne mon champ de compétences. Je ne vais pas donner mon avis sur les planètes par exemple ou encore sur l’alimentation, sauf si c'est en lien avec le système immunitaire. Cela me semble un devoir de lutter contre la désinformation qui est dangereuse pour les citoyens, car elle peut amener à prendre de mauvaises décisions. Et puis, en tant que fonctionnaire d’État, j’estime que prendre part à cette démarche fait partie de ma mission de service public. »
(1) « Vérification des faits » en français.
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