Bronchiolite du nourrisson : prévenir pour mieux protéger

Publié le , actualisé le

Patricia Guipponi

Temps de lecture estimé 7 minute(s)

Bronchiolite du nourrisson : quelle prise en charge ?
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Redoutée par les jeunes parents quand arrive l’hiver, la bronchiolite touche chaque année près d’un nourrisson sur trois en France. Si elle est le plus souvent bénigne, elle reste la première cause d’hospitalisation chez les enfants de moins d’un an. La prévention est plus que jamais une priorité de santé publique.

La bronchiolite est une infection provoquée par le virus respiratoire syncytial (VRS) qui enflamme les petites bronches – ou bronchioles – des nourrissons. Près d’un jeune enfant sur trois est touché par cette épidémie saisonnière. Elle débute généralement à la mi-octobre, atteint un pic en décembre, et se termine à la fin de l’hiver.

Chez l’adulte ou l’enfant plus âgé, le VRS se manifeste souvent par un simple rhume, très contagieux. Chez le nourrisson, il peut provoquer une gêne respiratoire parfois impressionnante. La bronchiolite est la première cause d’hospitalisation chez les enfants de moins d’un an.

Un vaccin est disponible pour les femmes enceintes

Chaque saison hivernale, 2 à 3 % de nourrissons sont hospitalisés et plusieurs centaines d’entre eux sont pris en charge en soins critiques. « Il faut surveiller les très jeunes bébés de moins de deux mois, plus fragiles », alerte le professeur Christèle Gras-Le Guen, cheffe du service des urgences pédiatriques du CHU de Nantes, qui précise que la bronchiolite est bien prise en charge. « Les décès sont très rares. »

Le 1er septembre 2025, le ministère de la Santé et de l’Accès aux soins a lancé une nouvelle campagne de prévention contre la bronchiolite. Celle de 2023-2024 a permis de protéger plus de 450 000 nourrissons contre les formes graves de l’infection.

Depuis août 2024, le vaccin Abrysvo – destiné aux femmes enceintes – est remboursé à 100 % par l’Assurance maladie. Il s’administre durant le huitième mois de grossesse et permet de protéger le nouveau-né dès la naissance et jusqu’à l’âge de 6 mois grâce au transfert d’anticorps maternels. Le vaccin peut être prescrit et réalisé par un médecin, une sage-femme, un infirmier ou un pharmacien.

Un traitement préventif pour les jeunes enfants

Il existe aussi un traitement préventif chez les bébés, le nirsevimab, commercialisé sous le nom de Beyfortus. Disponible depuis l’automne 2023, il est destiné aux nouveau-nés et aux enfants de moins d’un an. Il s’agit d’un anticorps monoclonal administré avant la sortie de la maternité en injection intramusculaire unique dans la cuisse du nourrisson. Il peut également être réalisé par un médecin, un infirmier ou une sage-femme, Il est remboursé par l’Assurance maladie à hauteur de 30 % (le reste peut être pris en charge par votre complémentaire santé, selon votre contrat). S’il est effectué au sein des maternités, il est remboursé à 100 %.

La protection que diffuse ce traitement est rapide, soit quelques jours après l’injection, et dure au moins cinq mois, couvrant toute la saison hivernale. « L’anticorps monoclonal bloque le processus de pénétration cellulaire du virus. Les formes les plus graves de la bronchiolite sont ainsi limitées », observe le professeur Gras-Le Guen.

Deux études, menées par l’institut Pasteur et Santé publique France, ont confirmé son impact. Elles ont montré une baisse significative du nombre de nourrissons hospitalisés et une efficacité du traitement pour 76 à 81 % des nourrissons admis en réanimation. Environ 5 800 hospitalisations ont ainsi pu être évitées entre septembre 2023 et janvier 2024.

Reconnaître les symptômes de la bronchiolite

Le professeur Christèle Gras-Le Guen recommande aux parents de rester prudents. « En période d’épidémie hivernale, dès la sortie de la maternité et pendant les deux ou trois premiers mois du bébé, je conseille de limiter les visites aux adultes, malades ou non, et d’éviter les endroits bondés : transports en commun, supermarchés, fêtes familiales… ».

Les premiers signes de la bronchiolite sont très typiques. Le nourrisson a d’abord le nez qui coule, parfois un peu bouché. Puis, il se met à tousser. « Dans certains cas, le jeune enfant développe une gêne respiratoire. Sa respiration devient rapide et sifflante. Le thorax se creuse entre les côtes », indique la pédiatre. À ce stade, l’enfant peut avoir du mal à s’alimenter. « Il a parfois de la fièvre, jusqu’à 39 °C, mais pas toujours. »

Les symptômes s’atténuent d’eux-mêmes. Ils disparaissent au bout de dix jours en moyenne. Une toux résiduelle peut parfois persister jusqu’à quatre semaines.

Ces symptômes sont le signe d’une bronchiolite quand il s’agit du premier épisode chez un enfant de moins d’un an. « Devant un deuxième épisode rapproché chez le nourrisson de moins de 12 mois, il est nécessaire d’envisager d’autres diagnostics, de prendre en compte d’autres paramètres tels que l’âge, les antécédents (asthme, allergies), les symptômes associés », rapporte la Haute Autorité de santé.

La plus grande vigilance dans les premières 48 heures

Certains signes sont à surveiller, surtout dans les 48 premières heures de symptômes respiratoires, période pendant laquelle l’état de santé du nourrisson est susceptible de s’aggraver.

Il est conseillé aux parents de consulter un médecin (pédiatre ou médecin traitant, maison médicale de garde, SOS médecin selon les cas) pour confirmer le diagnostic et évaluer la gravité de l’infection, si :

• l’enfant semble fatigué, moins réactif ou au contraire très agité
• sa respiration est devenue plus rapide et son thorax se creuse ;
• l’enfant boit moins bien sur plusieurs repas consécutifs malgré les désobstructions du nez.

En dehors des signes de gravité et/ou d’une fragilité initiale (enfant de moins de deux mois, prématurité, maladie chronique, enfant immunodéprimé, tabagisme passif…), la bronchiolite est une maladie dont le suivi se fait « en ville », et plus précisément par le médecin habituel de l’enfant.

Bronchiolite chez l’enfant de moins de 6 semaines : direction les urgences

Lorsque l’enfant a moins de 6 semaines, qu’il a le nez qui coule, qu’il tousse et/ou a de la fièvre, il faut le conduire aux urgences pédiatriques. Avant l’âge de 6 semaines, le nourrisson est plus fragile, il se fatigue vite et a moins de réserves pour faire face aux problèmes d’alimentation. « À l’hôpital, il sera pris en charge pour passer le cap "aigu" de la maladie le plus confortablement possible », explique la cheffe de service des urgences pédiatriques et pédiatrie générale au CHU de Nantes.

La prise en charge à l’hôpital est symptomatique. « On ne dispose pas de traitement spécifique contre le virus. On prend en charge de manière plus générale les symptômes de la maladie. » En cas de gêne respiratoire, on apporte de l’oxygène au nourrisson, voire une assistance respiratoire. S’il a du mal à s’alimenter, le lait peut être administré directement dans l’estomac à l’aide d’une sonde.

En cas de fièvre et/ou douleur, du paracétamol est administré. « Si l’enfant souffre de surinfection bactérienne (ce qui est assez rare), on donne un traitement antibiotique », poursuit la pédiatre. La durée moyenne d’hospitalisation pour une bronchiolite est de deux à cinq jours. « Le temps de passer le plus dur de la maladie. »

Conseils aux parents face à la bronchiolite

Même si la prévention immunitaire représente un grand progrès, les gestes d’hygiène restent essentiels pour limiter la transmission du virus.

1.    Bien se laver les mains avant de s’occuper du bébé.
2.    Nettoyer tétines, jouets et doudous fréquemment.
3.    Porter un masque en cas de rhume.
4.    Désengorger le nez de l’enfant autant que possible.
5.    Veiller à ce qu’il soit bien hydraté et qu’il ait ses repas comme d’habitude, fractionnés.
6.    Aérer la chambre et maintenir une température autour de 19-20 °C.
7.    Ne pas fumer à proximité du bébé.
8.    Dès les premiers signes de bronchiolite, consulter un médecin.

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Patricia Guipponi

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