Comment reconnaître et traiter l’herpès labial ?
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L’herpès labial, communément appelé « bouton de fièvre », est une infection courante. Elle fait partie de la famille des herpès simplex virus (1). Elle se traduit par l’éruption de vésicules (petites cloques) au niveau de la bouche, plus spécifiquement au bord des lèvres, sur la commissure ou au-dessus.
« Parfois, les vésicules sont peu visibles et n’apparaît qu’un gonflement », indique le docteur Pierre Saunier, médecin généraliste. Les vésicules ne sont pas purulentes même si, lorsqu’elles se rompent, elles sèchent et donnent de petites lésions jaunes autour des lèvres.
Avant l’apparition du bouton, on peut ressentir des brûlures, des picotements ou/et des démangeaisons au niveau de la zone concernée. « C’est un peu douloureux car c’est un virus neurotrope, c’est-à-dire qui progresse le long des nerfs », précise le médecin. Son aspect inesthétique peut également s’avérer problématique pour les personnes qui en sont affectées. D’autant plus que le bouton de fièvre peut être associé à tort au manque d’hygiène. « Ce n’est en aucun cas l’une de ses causes », insiste le docteur Pierre Saunier.
L’herpès labial réapparaît dès que le système immunitaire est affaibli
La première infection d’herpès labial se déroule souvent dans l’enfance, entre six mois et quatre ans. Elle passe inaperçue dans la majorité des cas. Plus rarement, elle provoque des aphtes dans la bouche, de la fièvre ou encore des douleurs localisées. Tout disparaît naturellement au bout d’une dizaine de jours.
Le bouton de fièvre reste toutefois présent dans les cellules nerveuses. Une fois qu’il pénètre dans l’organisme, il remonte le long des nerfs sensitifs et se niche dans les ganglions nerveux. Il peut se réactiver à tout moment, notamment lors de fatigue, de stress. Il perdure tout au long de la vie.
« C’est un virus récidivant. On le garde en nous et à l’occasion d’une baisse immunitaire, il ressort et se manifeste », explique le docteur Pierre Saunier. On estime que 80 % des Français hébergent l’herpès labial. Seulement 20 % d’entre eux connaissent des poussées. La fréquence des récidives est très variable d’une personne à une autre.
Le soleil déclenche des poussées d’herpès labial
Comme son nom l’indique, ce bouton peut être consécutif à la fièvre lors d’infections respiratoire, virale, voire même bactérienne. « C’est l’un des symptômes classiques de la pneumonie à pneumocoques, infection dangereuse, voire même mortelle », commente le médecin généraliste.
L’exposition au soleil peut aussi favoriser la réapparition de l’herpès labial. « Le soleil entraîne une diminution d’immunité locale. Si on ne se protège pas avec une crème écran total, on peut réactiver la poussée des boutons ». Le médecin rappelle que le soleil d’hiver est tout aussi déclencheur. « On voit beaucoup d’herpès sortir à cette période. Sur la neige, qui fait réverbération, la puissance d’irradiation des UV est très forte ». Se protéger du froid, qui peut entraîner des gerçures et de petites coupures aux lèvres, est aussi conseillé quand on est sujet à l’herpès labial.
Cette éruption virale est bénigne en principe chez les personnes en bonne santé. Chez certaines personnes, dont les immunodéprimées (2), les symptômes peuvent être plus graves (fortes poussées et fièvre…) et les récidives plus fréquentes. « Les maladies, dont l’herpès labial peut être l’un des signes, comme les infections pneumococciques, sont plus préoccupantes et graves que le bouton en lui-même », prévient le praticien.
Le bouton de fièvre est très contagieux
Le bouton de fièvre est contagieux dès le ressenti des signes précurseurs de l'éruption jusqu'à l'apparition des croûtes. « De ce fait, pour ne pas le transmettre, il faut éviter d’embrasser les gens », recommande le docteur Pierre Saunier. Il est impératif de se laver régulièrement les mains, ainsi que tout ce qui a pu être en contact avec la salive de la personne qui a des boutons de fièvre (ustensiles de cuisine, crayons et stylos, bâton de rouge à lèvres ou baume hydratant…).
Le mieux est de ne pas les partager. Il en est de même pour le linge de toilette. Les rapports intimes bucco-génitaux sont aussi une cause de transmission d’herpès – labial et génital - quand l’un des partenaires est infecté. Les sports de contact sont à éviter le temps de contamination du bouton de fièvre.
Les actes médicaux dentaires, esthétiques ou dermatologiques au niveau du visage doivent être reportés tant qu’il y a des lésions. « Serrer la main à quelqu’un alors que l’on a porté auparavant ses doigts sur un bouton de fièvre peut infecter l’autre. Toutefois, la transmission la plus fréquente reste le contact bouche et joue », observe le médecin.
Un antiviral pour traiter l’herpès labial
L’Assurance maladie préconise de ne pas toucher ou gratter un bouton de fièvre afin d’éviter une surinfection bactérienne. De même, il est préférable de ne pas se frotter les yeux après avoir touché l’herpès car les risques d’auto-contamination existent et peuvent déboucher sur une kératite herpétique (3). Les porteurs de verres de contact, qui ont des boutons de fièvre, doivent se laver les mains avant toute manipulation et ne jamais humidifier leurs lentilles avec leur salive.
Le bouton de fièvre disparaît naturellement sous dix jours en moyenne quand la lésion n’a pas été grattée. « Le traitement qui est utilisé à la fois pour la prévention et la thérapeutique est l’aciclovir, un antiviral », souligne le docteur Pierre Saunier. Il peut se prescrire en crème et en comprimés. « Les doses préventives restent modérées comparées à celles administrées quand le traitement est curatif ou adressé aux poussées fréquentes et fortes ».
(1). Cette famille se divise en deux types d’herpès. Le HSV1 est souvent associé à l’herpès labial tandis que le HSV2 est principalement génital. Ce qui diffère est leurs localisations et leurs modes de transmissions.
(2). Dont le système immunitaire est affaibli, notamment à cause d’un cancer, du VIH, d’une maladie auto-immune, d’une insuffisance rénale ou cardiaque, etc.
(3). Infection de la cornée.
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