Juin vert : un mois pour sensibiliser au dépistage du cancer du col de l’utérus
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On connaît Octobre rose pour la prévention du cancer du sein, Mars bleu dédié au cancer colorectal, et peut-être un peu moins Juin vert. C’est le mois de prévention et de dépistage du cancer du col de l’utérus. En 2023, 3 159 nouveaux cas ont été recensés en France (1).
« Dans 90 % d’entre eux, l’évolution de ce cancer se fait sur plusieurs années, entre 10 et 15 ans. L’infection virale (virus du papillomavirus) engendre des lésions inflammatoires qui se transforment en lésions pré-cancéreuses puis en cancer », explique le Dr Pierre Heudel, oncologue au centre régional de lutte contre le cancer Léon Bérard à Lyon. La majorité de ces cancers pourraient être évités grâce à la vaccination contre le papillomavirus et au dépistage.
Vaccination contre le papillomavirus
Les infections à papillomavirus (HPV) peuvent évoluer vers des cancers et notamment celui du col de l’utérus. C’est pourquoi la vaccination contre le HPV est recommandée chez les filles et les garçons à partir de 11 ans. À noter que depuis décembre 2025, un rattrapage est possible jusqu’à 26 ans.
« La prévention de ce cancer se fait à plusieurs niveaux. La vaccination contre les papillomavirus humains permet de réduire le risque d’infection par certains HPV à haut risque. Le dépistage, réalisé à partir d’un prélèvement cervico-utérin, souvent appelé frottis, permet, selon l’âge, de rechercher des anomalies des cellules du col ou la présence d’un HPV à haut risque », précise le Dr Heudel.
Suivi gynécologique régulier
Le dépistage du cancer du col de l’utérus est recommandé en France pour les femmes de 25 à 65 ans.
• De 25 à 29 ans, il repose sur un examen cytologique réalisé à partir d’un prélèvement cervico-utérin. Les deux premiers tests sont réalisés à un an d’intervalle. Si les résultats sont normaux, un nouveau test est recommandé trois ans plus tard.
• De 30 à 65 ans, le dépistage repose sur la recherche des HPV à haut risque. Le test est réalisé trois ans après le dernier examen cytologique normal, puis tous les cinq ans jusqu’à l’âge de 65 ans.
« Grâce à la vaccination contre les HPV, au dépistage régulier et au traitement précoce des lésions précancéreuses, le cancer du col de l’utérus pourrait, à terme, être éliminé comme problème de santé publique », se réjouit le Dr Pierre Heudel, oncologue au Centre Léon Bérard à Lyon.
Les patientes âgées de 25 à 65 ans qui n’ont pas réalisé leur dépistage dans les délais recommandés reçoivent une invitation de l’Assurance Maladie dans le cadre du programme national de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus.
Quels sont les signes d’alerte ?
Le cancer du col de l’utérus peut rester longtemps asymptomatique. Certains signes doivent toutefois alerter, notamment des saignements après les rapports sexuels et/ou en dehors des règles, des pertes vaginales abondantes ou inhabituelles, ou encore une gêne lors de la miction.
« Il ne faut pas hésiter à consulter en cas de doute. Plus le cancer est détecté à un stade précoce, plus les chances de guérison sont importantes, notamment grâce à la chirurgie ou à la radiothérapie », explique le Dr Heudel.
Un lieu dédié à la prévention des cancers
Depuis octobre 2025, le Centre Léon Bérard de Lyon a ouvert un lieu dédié à la prévention des cancers, réunissant des consultations préventives, des actions de dépistage et des programmes d’accompagnement avant, pendant et après un cancer.
« On propose notamment des consultations de prévention en gynécologie et en gastro-entérologie. La prévention est fondamentale aujourd’hui. On parle souvent de système de soins, on devrait aussi parler de système de santé. Sur ce site, nous faisons de la prévention primaire (2), mais également tertiaire, c’est-à-dire après un cancer », note le Dr Pierre Heudel, oncologue. Un accompagnement nutritionnel et de l’activité physique adaptée sont notamment proposés pour améliorer la qualité de vie des patients et limiter le risque de rechute.
(1) Source : la ligue contre le cancer
(2) La prévention primaire regroupe les mesures visant à éviter une maladie, la prévention secondaire, celles au tout début de la maladie et la prévention tertiaire, après la maladie.
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