Post-partum : les effets physiques et psychologiques après l’accouchement

Publié le , actualisé le

Pauline Hervé

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Post-partum : les effets physiques et psychologiques après l’accouchement
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La période qui suit l'accouchement est synonyme de nombreux changements physiques et psychologiques pour les jeunes mères. S'informer, échanger et bien se faire accompagner durant son post-partum sont des clés pour le vivre au mieux et éviter les désagréments physiques et les risques de dépression.

Qu'est-ce que le post-partum ?

Le post-partum désigne la période qui suit l'accouchement. Pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il commence une heure après la délivrance (l'éjection du placenta après la naissance du bébé) et s'étend sur six semaines. Certains soignants estiment qu'il prend fin avec ce que l'on appelle le retour de couches (les premières règles après un accouchement) qui varie d’un à plusieurs mois selon les femmes. En clair, il n'y a pas de consensus.

Pour Illana Weizman, sociologue et auteure du livre Ceci est notre post-partum (1) ces définitions sont toutes trop restrictives. Cette militante féministe plaide pour qu'on « envisage le post-partum sur un temps long », afin de permettre un suivi plus complet des jeunes mères.

Les gynécologues Mattea Romano et Allessandra Cacciatore décrivent ainsi une période de post-partum divisée en trois phases :

1.    « la phase aiguë (six à douze heures après l’accouchement) ;
2.    la phase subaiguë (qui dure deux à six semaines) ;
3.    la période post-partum retardée (qui peut durer jusqu’à six mois après l’accouchement) ».

« Se cantonner à six semaines, c’est se limiter aux symptômes physiques les plus visibles. Il faut aussi mettre l’accent sur les conséquences psychologiques », souligne Illana Weizman.

Le post-partum est à envisager comme un tout : des manifestations physiques qui « varient d’une femme à l’autre et sont plus ou moins douloureuses », selon le Dr Odile Bagot, gynécologue obstétricienne (2), et « un contexte de fragilité psychologique » qui va du baby-blues, très fréquent, à la dépression post-partum.

Combien de femmes font une dépression post-partum ?

Il ne faut pas confondre le « baby blues », « déstabilisation émotionnelle plus ou moins passagère », qui touche 50 % des accouchées, et la dépression post-partum. Pour en savoir plus, le site gouvernemental 1000-premiers-jours.fr propose une vidéo claire sur la différence entre ces deux phénomènes.

Environ 16 % des femmes connaissent une dépression post-partum selon l’Assurance maladie. Celle-ci commence la plupart du temps entre le premier et le deuxième mois du bébé.

« La mère est encouragée à consulter si les symptômes de blues persistent après 7 à 10 jours. Les symptômes à suivre attentivement sont l’anxiété, la dépression, la confusion, les céphalées, l’insomnie, l’irritabilité », décrit Nadine Horvath, sage-femme. Il est important de consulter son généraliste ou un psychiatre si les symptômes s'installent.

Est-il normal de se sentir mal après la naissance de son enfant ?

Chaque post-partum est unique. Les conséquences physiques de l'accouchement peuvent être plus ou moins bien vécues : douleurs dues aux contractions de l'utérus qui reprend sa taille originelle, lochies (perte de sang) de plusieurs jours ou semaines, cicatrisation de l'épisiotomie ou de la césarienne, modification du corps… Si la jeune mère n'était pas bien informée au préalable, elle peut être surprise de ces chamboulements corporels. « Le corps est convalescent, explique Illana Weizman. Ce devrait être un temps où l'on doit s'occuper de la mère, afin qu'elle puisse s'occuper du bébé. »

Et c'est sans compter les bouleversements psychologiques liés au fait de devenir mère. À l’origine de son livre, des milliers de témoignages en 2020 sur le réseau social Twitter (devenu X), en réponse à la création du hashtag #monPostPartum, pour dénoncer le trop grand silence sur cette période. Illana Weizman a elle-même vécu une dépression post-partum alors que son bébé avait 8 mois. « Je n'étais absolument pas consciente que cela pouvait être lié », se souvient-elle. Elle souligne l'importance d'ouvrir la parole sur ce sujet, notamment entre femmes.

« La maternité est censée être la réalisation ultime pour une femme. On veut se conformer à cette image et se montrer vaillante à tout prix. Certaines femmes vont se remettre rapidement et n'auront pas besoin d'un suivi renforcé. Mais il est nécessaire d'être mieux informées sur cette période, et de savoir à qui s'adresser si cela ne va pas si bien. »

Comment se faire aider ?

En France, l'Assurance maladie prend en charge deux à trois visites de sage-femme à domicile dans les douze premiers jours de l'enfant. Les mères qui quittent la maternité dans le cadre d'une sortie dite « précoce » (dans les 24 à 72 heures après un accouchement par voie basse ou dans les 96 heures après une césarienne) peuvent bénéficier du service Prado (Pour le Retour au Domicile). Dans ce cas, la première visite d'une sage-femme sera organisée dans les 24 heures suivant le retour à la maison.

« Très peu de jeunes mères le savent et ne voient personne avant la consultation gynécologique des six semaines », regrette Illana Weizman, qui cite également la profession méconnue des techniciennes d'intervention sociale et familiale. Ces aides à domicile peuvent intervenir en cas de changement dans la situation familiale, ce qui inclut une naissance, pour surmonter des difficultés ponctuelles.

Les caisses d’allocations familiales (CAF) ou des associations financent ces heures d’aide à domicile. Il existe aussi dans les hôpitaux une dizaine d'unités mère-enfant, où l'on aide les femmes qui connaissent des problèmes de lien avec le bébé et de dépression grâce à une approche pluridisciplinaire.

(1)    Éditions Marabout, 2021.
(2)    Autrice de plusieurs ouvrages sur la gynécologie et de la page Facebook Mam Gynéco.

Un entretien de prévention systématique

Pour mieux accompagner les mères dans les semaines qui suivent la naissance, un entretien post-natal précoce est obligatoirement proposé depuis 2022. Il peut être réalisé par une sage-femme ou un médecin entre la 4e et 8e semaine après l'accouchement.

L’objectif de cet entretien est de :

•    repérer les premiers signes de la dépression du post-partum (état dépressif ou anxieux, fatigue, humeur instable…) ;
•    identifier d’éventuels facteurs de risques qui exposent les parents à cette dépression (isolement, événement stressant…) ;
•    évaluer les éventuels besoins de la femme ou du couple en termes d'accompagnement

Cet entretien obligatoire est pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Un 2e entretien peut avoir lieu entre la 10e et la 14e semaine qui suit l'accouchement, si le professionnel de santé le juge nécessaire ou à la demande du ou des parents. Il est pris en charge à 70 % par l'Assurance maladie.

À savoir : sur le site 1000-premiers-jours.fr, il est également possible d’évaluer son bien-être émotionnel. Un questionnaire en ligne permet de faire le point sur son moral et de repérer les signes évocateurs de dépression.

Rédigé par

  • Pauline Hervé

    Journaliste spécialisée dans les sujets relatifs à la santé (prévention, innovation et recherche, soins...)

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