Les pouches, sachets de nicotine prisés des jeunes, bientôt interdits

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Patricia Guipponi

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Quels sont les dangers des pouches, ces sachets de nicotine ?
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Les pouches seront interdits en mars 2026. Ces sachets de nicotine sont très populaires chez les jeunes. Leur nocivité est d’ailleurs pointée depuis longtemps par les professionnels et les autorités de santé ainsi que les associations anti-tabac.

La vente des pouches devrait être interdite prochainement. C’est ce qu’annonce un décret paru le 6 septembre 2025 au Journal officiel. Ces sachets de nicotine, consommés surtout par les adolescents et les jeunes adultes, ne seront plus légalement en circulation à partir de mars 2026. Le décret soumet les billes et gommes à mâcher, qui contiennent également de la nicotine, au même sort. Sont prohibés la production, la fabrication, le transport, l’importation, l’exportation, la détention, l’offre, la cession, l’acquisition et l’emploi de ces produits. 

C’est une victoire supplémentaire pour les professionnels de santé et les autorités de santé ainsi que les associations anti-tabac qui ont averti des dangers que ces sachets représentaient dès leur apparition sur le marché. En effet, le 13 février 2025, les puffs, cigarettes électroniques jetables, ont été retirées de la vente. Et depuis juillet 2025, fumer dans certains espaces publics est aussi interdit, soit dans des lieux comme les abords des écoles ou encore la plage.

Contrôler que l’interdiction des pouches soit bien respectée 

Les pouches sont de petits pochons, contenant de la nicotine et des arômes, qui se placent entre la gencive et la lèvre afin d’être absorbés sans combustion. Ils sont arrivés en Europe en 2018, proposés par l’industrie du tabac. Outre la dépendance que ces produits peuvent entraîner, ils présentent des risques vasculaires du fait de la nicotine (augmentation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque) et interfèrent dans la maturation cérébrale des adolescents. 

« Les pouches ont l’avantage de se dissimuler totalement dans la bouche », précise le professeur Yves Martinet, président du Comité national contre le tabagisme (CNCT). Les gencives sont très vascularisées. Ce qui signifie que la nicotine passe rapidement dans le sang. « Ça fait comme l’effet d’un shoot. »

Le pneumologue se félicite de la prochaine interdiction des sachets, billes, gommes et autres produits oraux contenant de la nicotine. Il indique que le CNCT restera vigilant pour que la loi soit respectée. « L’expérience de l’interdiction des cigarettes électroniques jetables (les puffs), toujours disponibles dans certains commerces malgré la loi, montre que l’effectivité des mesures dépend avant tout de la fermeté des contrôles et de la sévérité des sanctions »

Les pouches contiennent au moins six fois plus d’arsenic qu’une cigarette 


Selon une étude de 2024 de 60 Millions de consommateurs, en partenariat avec le CNTC, les pouches contiennent de l’arsenic, jusqu’à six fois plus que dans une cigarette classique. On y trouve également d’autres substances chimiques toxiques comme le plomb, l’antimoine ou encore le formaldéhyde. 

D’après un sondage réalisé entre le 29 août et le 9 septembre 2024 par Alliance contre le tabac, 47 % des 13-16 ans interrogés ont commencé leur initiation à la nicotine via les pouches ou les perles. La moitié d’entre eux se sont ensuite tournés vers d’autres produits contenant de la nicotine ou du tabac. « C’est une porte d’entrée royale vers la cigarette.

La nicotine est une drogue triste et surtout dure, comme l’héroïne, dont on décroche plus facilement quoi qu’on en pense. », commente le Pr Martinet, président de la CNCT. Les sachets et les perles contiennent entre 2 et 20 mg de nicotine. « Cependant, il ne faut pas se fier à ce qui est marqué sur les boîtes. Ce n’est pas forcément exact », avertit le pneumologue. Ces produits sont avant tout composés de sels de nicotine, plus addictifs que la nicotine de base.

« On en met en quantité suffisante pour bien accrocher les consommateurs à l’hameçon. La nicotine a un effet actif d’environ deux heures. » Au bout d’une heure en moyenne, l’usager est déjà en manque. « Et donc il reprend un sachet ou une perle pour satisfaire cette dépendance qui va varier d’un profil à l’autre », déplore le pneumologue.  

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