L’activité physique adaptée pour surmonter le handicap
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Dans une société où le sport est souvent perçu comme une pratique réservée aux valides, l’activité physique adaptée (APA) s’impose comme une réponse inclusive et essentielle. Qu’il s’agisse de surmonter une fracture, de vivre avec une immobilisation temporaire ou de composer avec une mobilité réduite permanente, l’APA offre des solutions adaptées, sûres et bénéfiques pour la santé physique et mentale. Entre exercices spécifiques et accompagnement sur mesure, l’APA redonne à chacun la possibilité de bouger, de retrouver sa confiance corporelle et de préserver son autonomie.
Le mouvement, un allié contre les complications de l’immobilité
Lorsqu’une personne fait face à une immobilisation temporaire ou permanente, l’absence de mouvement peut entraîner des complications importantes. Le déconditionnement cardiovasculaire et la fonte musculaire sont les premières conséquences visibles. Les muscles qui ne sont plus sollicités peuvent s’atrophier, ce qui fragilise l’ensemble du corps. Outre la perte musculaire, des troubles comme la formation de caillots sanguins ou de raideur articulaire (ankylose) peuvent apparaître après une longue immobilisation.
C’est ici que l’APA joue un rôle essentiel. Des exercices doux et ciblés permettent de stimuler les parties du corps non touchées, de maintenir une bonne fonction cardiovasculaire et de préserver une certaine force musculaire. Par exemple, une personne avec un plâtre au niveau de la jambe peut pratiquer des exercices avec ses bras ou son tronc pour maintenir son équilibre et limiter les déséquilibres musculaires. « Parfois, certains peuvent avoir tendance à se déconditionner à cause d’une immobilisation en ne faisant plus aucune activité physique, alors qu’il est essentiel de bouger pour préserver sa masse musculaire », explique Chloé Cornier, coach spécialisée en APA à l’Eté Indien, entreprise qui accompagne les séniors avec l’aide de professionnels de l’APA.
Pour les personnes en fauteuil roulant, les enjeux sont légèrement différents. La posture assise prolongée peut provoquer des douleurs chroniques dans le bas du dos, les épaules ou le cou. L’APA propose alors des exercices spécifiques, comme des étirements ciblés ou des renforcements musculaires des membres supérieurs, pour soulager ces tensions et améliorer le confort quotidien.
Chloé Cornier détaille ces exercices : « Pour les personnes paraplégiques, nous allons travailler la musculature des membres mobiles. Il existe de nombreux outils disponibles comme le vélo à bras qui s’avère très utile. Il existe également des sports adaptés comme le basket fauteuil, le badminton en fauteuil… »
Enfin, l’activité physique contribue aussi au bien-être psychologique et social. « Se sentir capable de bouger, même partiellement et si possible en groupe, aide à maintenir une perception positive de soi et du lien social», ajoute-elle.
Construire une pratique adaptée et inclusive
Bien que les bienfaits de l’APA soient incontestables, sa mise en œuvre nécessite une approche spécifique à chacun. Chaque situation de handicap étant unique, les programmes doivent être personnalisés en fonction des capacités et des besoins de la personne. La prudence est également de mise lors de la reprise d’une activité physique après une immobilisation prolongée. Beaucoup de personnes, impatientes de retrouver leur mobilité, peuvent vouloir brûler les étapes. « Il faut reprendre en douceur et si besoin faire appel à des professionnels comme des enseignants APA pour reprendre de la manière la plus sereine possible », précise Chloé Cornier.
En parallèle, Chloé Cornier explique que la formation des éducateurs sportifs reste un défi majeur : « Chaque club devrait pouvoir compter un Enseignant en Activité Physique Adaptée (EAPA) ou au moins un éducateur sportif formé pour pouvoir adapter sa pratique si besoin. Cela permettrait d’inclure au mieux les personnes en situation de handicap (provisoire ou non) dans des séances sportives. L’enseignement APA reste minoritaire et devrait être valorisé davantage. J’ai eu la situation dans un groupe de multisports pour des enfants valides âgés de 3 à 8 ans.
Une enfant de 7 ans a dû restée en fauteuil pendant plusieurs semaine suite à une opération et elle était très contente (ainsi que ses parents !) que je continue à l’accueillir en lui proposant des exercices adaptés »
Intégrer des modules sur l’activité physique adaptée dans les cursus sportifs pourrait permettre de développer des compétences et de normaliser ces pratiques dans les salles de sport et associations, sans pour autant remplacer l’EAPA pour des prises en charges plus spécifiques.
Où trouver des clubs ou un enseignement APA ?
L’accès à des structures spécialisées ou à un enseignant en Activité Physique Adaptée (EAPA) est essentiel pour bénéficier d’un accompagnement sécurisé. Plusieurs options existent :
- Centres spécialisés comme les Maisons Sport-Santé, implantées dans de nombreuses villes. Elles proposent des activités encadrées par des EAPA.
- Réseaux de santé. Certaines structures comme la Société Française des Professionnels en Activité Physique Adaptée mettent en relation particuliers et EAPA grâce à un annuaire.
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