Il faut respecter l’âge du consentement pour avoir une sexualité
VRAI. Le terme « sexualité » sous-entend des relations sexuelles entre partenaires consentants et non pas une activité auto-érotique (masturbation) solitaire qui, elle, n’est pas sujette à une limite d’âge. Pour tout rapport sexuel, il faut respecter l’âge du consentement fixé par la loi, qui est de 15 ans en France selon le Code pénal. « En dessous de cet âge, toute relation sexuelle avec un majeur est considérée comme une atteinte sexuelle, même si le mineur est consentant », indique le docteur Patrick Papazian (1), médecin sexologue aux hôpitaux Bichat et Pitié-Salpêtrière à Paris.
Depuis 2021, le seuil de non-consentement est fixé à 15 ans (et à 18 ans en cas d’inceste), sans qu’il soit nécessaire de prouver une contrainte ou menace. « Par ailleurs, une relation sexuelle entre deux mineurs de moins de 15 ans, ou entre un mineur de moins de 15 ans et un mineur de plus de 15 ans, peut ne pas être pénalement répréhensible si elle est librement consentie et exempte de toute forme de contrainte », poursuit le médecin. Cependant, chaque situation est évaluée individuellement.
Des poursuites peuvent être engagées si des éléments de contrainte, d’absence de consentement ou d'abus sont identifiés.
Les moyens de contraception ne protègent pas de tout
VRAI. Les contraceptifs hormonaux (pilule, stérilet hormonal…) évitent les grossesses mais ne protègent pas des infections sexuellement transmissibles (IST). « Seul le préservatif, externe ou interne (aussi appelé préservatif féminin), protège à la fois des grossesses et de certaines infections sexuellement transmissibles (VIH, chlamydia, gonocoque…) », précise le Dr Papazian. Toutefois, aucun moyen de contraception ne présente une efficacité à 100 % pour prévenir une grossesse non-désirée.
On peut tomber enceinte dès le premier rapport sexuel
VRAI. Il est tout à fait possible de tomber enceinte dès le premier rapport sexuel, à condition qu’il ait lieu pendant une période fertile et sans contraception efficace.
« L’ovulation peut survenir dès les premières menstruations. Et un spermatozoïde peut féconder un ovule même si c’est la toute première fois. Il est donc essentiel d’utiliser un moyen de contraception dès les premiers rapports », insiste le sexologue.
Il n’y a pas de nombre idéal de rapports sexuels par semaine
VRAI. La fréquence varie énormément d’un couple à l’autre, et même au sein d’un même couple selon les périodes de vie, le stress, la santé, le désir…
« Ce qui compte, c’est que la fréquence soit satisfaisante et consentie pour les deux partenaires. Avoir peu, beaucoup ou pas de rapports n’est ni pathologique ni anormal, tant que cela n’est pas source de souffrance ou de frustration », observe le Dr Patrick Papazian.
Il est déconseillé d’avoir des rapports sexuels durant la grossesse
FAUX. Sauf contre-indication médicale, il n’est pas déconseillé d’avoir des rapports sexuels durant la grossesse. « Au contraire, ils sont généralement sans danger pour le bébé, qui est protégé par le liquide amniotique, le col de l’utérus et la poche des eaux », souligne le docteur Patrick Papazian.
Des précautions peuvent être nécessaires en cas de grossesse à risque (exemple : col ouvert, menace d’accouchement prématuré). « Le médecin peut alors recommander d’éviter les rapports avec pénétration vaginale pour ne pas exposer la femme à un risque de fausse couche ou d’accouchement prématuré ». Mais les câlins et pratiques érotiques sans pénétration vaginale sont toujours possibles, et même recommandés si le couple le désire, afin d’entretenir la complicité entre les partenaires.
Après un accouchement, les rapports sexuels avec pénétration sont déconseillés : le corps a besoin de temps pour cicatriser (périnée, épisiotomie, césarienne…) ainsi que l’utérus pour retrouver sa taille normale. « Il est préférable d’attendre au moins 4 semaines avant de reprendre les rapports, le temps du retour de couches (2) et de la fin des lochies (pertes sanguines) », conseille le médecin. Cela reste très variable selon les femmes. La reprise doit se faire à son rythme, en fonction du désir, du confort et de l’accord du couple.
Si l’homme n’a pas d’érection, c’est qu’il ne désire pas son ou sa partenaire
FAUX. L’absence d’érection n’est pas toujours liée au désir sexuel. Elle peut être due à de nombreux facteurs : fatigue, stress, anxiété de performance, troubles hormonaux, effets indésirables de médicaments ou causes médicales (diabète, troubles cardiovasculaires…).
« Un homme peut tout à fait désirer son/sa partenaire mais ne pas avoir d’érection dans certaines situations. Par exemple parce qu’il se "met la pression" avec un/une partenaire qu’il désire fortement ! Il est important de ne pas réduire la sexualité masculine à la performance érectile », confie le médecin sexologue.
Le point G n’existe pas
VRAI et FAUX. Le point G (ou zone érogène Gräfenberg) est une zone sensible située à quelques centimètres à l’intérieur du vagin, sur la paroi antérieure. Sa stimulation provoquerait chez certaines femmes un plaisir intense, voire une éjaculation (de deux types : émission par les glandes de Skene ou urine très diluée expulsée au moment de l’orgasme).
Toutefois, son existence anatomique exacte fait débat. « Certains chercheurs parlent d’un faisceau de nerfs, de glandes et de tissus érectiles reliés au clitoris interne et à l’urètre, mais aucune structure unique et universelle n’a été identifiée scientifiquement », souligne le Dr Papazian.
Le point G ne concerne que les personnes ayant un vagin. « Certains hommes évoquent un "point P", en référence à la stimulation de la prostate via le rectum, source potentielle de plaisir également. Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est que le plaisir est subjectif. Il varie d’une personne à l’autre, et ne se résume pas à un seul "point magique" », complète le médecin.
La grosseur du pénis est importante dans l’acte sexuel
FAUX. La taille du pénis n’est pas un facteur déterminant de la satisfaction sexuelle. Le plaisir sexuel dépend bien plus de l’écoute, de la communication entre le couple, de la stimulation des zones érogènes (le clitoris chez la femme), que de la longueur ou de la circonférence du pénis.
« De nombreuses études montrent que la majorité des femmes ne placent pas la taille du pénis en tête des critères de satisfaction sexuelle. Du reste, seul le tiers du vagin situé le plus près de la vulve est très sensible, les deux tiers plus profonds étant peu innervés », rappelle le docteur Patrick Papazian.
Les hommes sont plus portés sur la sexualité que les femmes
FAUX. L’idée que les hommes seraient naturellement plus portés sur la sexualité que les femmes relève de stéréotypes culturels, pas de faits biologiques immuables. « Le désir sexuel varie d’une personne à l’autre, quel que soit le genre. Des études montrent que les femmes peuvent avoir autant de désir que les hommes, mais qu’il s’exprime parfois différemment et qu’il peut être influencé par des facteurs sociaux, émotionnels ou contextuels », analyse le médecin sexologue.
Ce cliché nuit aux hommes comme aux femmes. « En effet, il fait passer les hommes pour des obsédés et culpabilise les femmes qui expriment leur désir », déplore le praticien, tout en observant qu’il est important de reconnaître « la diversité des expériences sexuelles, indépendamment du genre ».
Les sex-toys sont-ils dangereux ?
Les sex-toys ne sont pas dangereux ni mauvais pour la santé, à condition de respecter les règles d’hygiène et de choisir des produits de qualité (sans substances toxiques, comme certains phtalates). « Utilisés seuls ou en couple, ils peuvent favoriser la découverte du plaisir, aider à surmonter certains troubles sexuels (baisse de désir, vaginisme, troubles érectiles…) et n'ont aucun impact négatif sur la santé physique ou mentale », signale le docteur Patrick Papazian.
Le médecin précise qu’il est important de :
- nettoyer les sex-toys avant et après usage ;
- utiliser un lubrifiant adapté si besoin ;
- éviter le partage sans protection ;
- vérifier les matériaux (préférer le silicone médical ou l’acier inoxydable).
Le sexologue observe que chez les femmes jeunes qui ont pris l’habitude d’atteindre rapidement et systématiquement l’orgasme avec un sex-toy vibrant, il peut devenir compliqué d’éprouver du plaisir avec une pénétration par un pénis. « Il est donc conseillé de diversifier ses sources de plaisir. »
La masturbation est naturelle chez les deux sexes
VRAI. La masturbation est une pratique naturelle, fréquente chez les personnes de tous sexes et à tout âge. « C’est une manière saine d’explorer son corps, son désir et son plaisir, sans risque, et qui peut même avoir des effets positifs sur le sommeil, le stress ou la connaissance de soi », signale le Dr Papazian.
Longtemps plus tolérée chez les hommes, la masturbation féminine reste encore taboue dans certaines cultures, mais elle est tout aussi normale et fréquente. « Elle n’a aucun effet négatif sur la santé et ne rend ni sourd ni idiot ni dépendant, ni moins performant, contrairement à certains mythes », ajoute le médecin.
Les hommes accèdent plus rapidement à l’orgasme que les femmes
VRAI et FAUX. « En moyenne, les hommes atteignent l’orgasme plus rapidement que les femmes lors d’un rapport sexuel. Des études montrent qu’un homme éjacule en 5 à 7 minutes en moyenne, tandis que le temps moyen pour une femme est plus variable et souvent plus long, au-delà de 10 minutes selon le contexte et le type de stimulation », révèle le docteur Patrick Papazian.
Mais il y a de grandes différences individuelles, notamment physiologiques. Cela se traduit aussi par le fait que la sexualité féminine a longtemps été moins bien comprise et moins centrée sur le plaisir féminin. « Ce décalage n’est pas une fatalité. Avec de la communication, une stimulation adaptée et une diversité des pratiques, il est possible d’équilibrer les rythmes », remarque le médecin.
Les sites de référence pour s’informer sur la sexualité
Le docteur Patrick Papazian, médecin sexologue, recommande quelques sites pour obtenir des réponses aux questions que l’on peut se poser sur la sexualité.
• Onsexprime.fr : il s’agit du site officiel de Santé publique France, sur la sexualité, le plaisir, le consentement, les émotions… « Il est très pédagogique et dédié aux jeunes », précise le médecin.
• Questionsexualité.fr : ce site, encadré par le ministère de la Santé, propose des réponses claires et validées scientifiquement sur la contraception, les IST, la santé sexuelle…
• Planning-familial.org : on y trouve de nombreuses sources sur la contraception, l’avortement, le consentement, les violences sexuelles et des adresses de centres d’accueil.
• Sidaction.org : ce site contient des informations fiables sur le VIH/sida, les IST, les préservatifs, la PrEP (3) et les dépistages.
• Site du CRIPS Île-de-France : cette interface héberge des outils éducatifs, des dossiers thématiques sur la santé sexuelle pour le grand public ainsi que pour les professionnels de santé ou de l’éducation.
(1) Le docteur Papazian est l’auteur de « Le cocker du sexologue » (éditions de l’Opportun).
(2) Retour de couches : il s’agit de la période post-natale durant laquelle le corps de la femme se remet progressivement de la grossesse et de l'accouchement.
(3) La prophylaxie pré-exposition est un traitement médicamenteux qui empêche l'infection par le virus du sida chez des personnes séronégatives.
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