Santé : ce qui change en 2026

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Damienne Gallion

Temps de lecture estimé 7 minute(s)

Santé : ce qui change en 2026
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Sommaire

Au programme des changements cette année : un nouveau congé de naissance voit le jour, et le tarif de certaines consultations augmente. Avec la création du réseau « France Santé », le gouvernement veut également améliorer l’accès aux soins.

Un congé supplémentaire de naissance, accessible à partir du 1er juillet

Présenté comme une mesure de soutien à la natalité, un congé supplémentaire de naissance entre en vigueur en 2026. Il vient s’ajouter aux congés maternité (16 semaines), paternité (28 jours) et d’adoption (généralement 16 semaines) déjà existants. Ce congé supplémentaire de naissance dure au maximum deux mois et pourra être pris sous la forme d’un mois, de deux mois ou de deux périodes d’un mois.

Alors qu’une date de déploiement au 1er janvier 2026 avait été adoptée dans un premier temps par l’Assemblée nationale, le dispositif ne sera finalement accessible, en raison des délais de mise en œuvre, qu’à partir du 1er juillet 2026. Mais il s’adresse bien aux parents d’enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026, ou nés avant cette date et dont la naissance était censée intervenir à compter du 1er janvier 2026.

Les modalités exactes d’application doivent être ultérieurement fixées par décret, notamment en ce qui concerne les modalités de prise de ce congé, son articulation avec les autres congés parentaux, le délai de prévenance de l’employeur ou encore les montants d’indemnisation. A ce sujet, le gouvernement a évoqué une indemnisation (versée par l’Assurance maladie) à hauteur de 70 % du salaire net le premier mois et de 60 % le second mois. Dernier élément d’information, les parents d’enfants nés ou adoptés au cours du premier semestre de l’année 2026 devraient bénéficier d’un délai supplémentaire exceptionnel pour prendre ce nouveau congé.

Accès aux soins : création du réseau « France Santé »

Afin de renforcer l’accès aux soins, le gouvernement a annoncé à l’automne 2025 la création du réseau de structures « France Santé ». Objectif, garantir à chaque Français l’accès à une solution de santé à moins de 30 minutes et l’obtention d’un rendez-vous médical sous 48 heures (en cas de nécessité).

Selon une communication du gouvernement, ce dispositif consisterait à labelliser des structures de soins déjà existantes (maisons de santé, hôpitaux de proximité, cabinets médicaux comptant plusieurs praticiens, etc.) ou bien à en créer des nouvelles. D’ici mi-2026, 2 000 lieux de soins devraient être labellisés, pour un objectif de 5 000 à l’horizon 2027.

Pour obtenir ce label, les structures sont censées répondre à certains critères :

  • garantir la présence d’un infirmier, au sein de la structure ou à proximité ;
  • être ouvertes au public au moins 5 jours par semaine ;
  • assurer des consultations sans dépassement d’honoraires ;
  • proposer des rendez-vous dans les 48 heures lorsque l’état de santé des patients le nécessite ;
  • participer au service d’accès aux soins (SAS), qui contribue à la permanence des soins ambulatoire.

Consultations : des tarifs à la hausse chez les spécialistes

En 2026, plusieurs consultations auprès de spécialistes voient leurs tarifs augmenter. Selon l’Assurance maladie, cette mesure vise à « mieux accompagner les patients là où les besoins sont les plus forts ». Ces revalorisations sont centrées sur les spécialités qui suivent les enfants, les jeunes, les femmes et les personnes âgées. Elles seront prises en charge par l’Assurance maladie et les complémentaires santé.

  • Chez le pédiatre, les consultations des enfants de moins de deux ans et les examens obligatoires sont revalorisés à 40 € (+1 €). Les autres examens obligatoires réalisés entre la naissance et deux ans sont également revalorisés de 45 € à 50 €. Les examens obligatoires de l’enfant avec certificat (COE) augmentent de 54 € à 60 €.
  • En psychiatrie et pédopsychiatrie, la « consultation de référence coordonnée » (consultation médicale s’inscrivant dans le parcours de soins coordonnés) passe à 57 € (+2 €). La majoration pour la prise en charge des moins de 25 ans passe de 12 à 18 €.
  • En gériatrie, la consultation est revalorisée à 42 € (+5 €).
  • En gynécologie médicale, la consultation coordonnée est fixée à 40 € (+3 €).
  • En dermatologie, la consultation coordonnée dédiée au dépistage du mélanome est revalorisée à 60 € (+6 €).
  • En endocrinologie, la consultation complexe passe à 62 €, pour améliorer le suivi des maladies chroniques comme le diabète ou les troubles hormonaux (+4 €).
  • En neurologie, la consultation coordonnée passe à 57 € (+2 €).
  • En médecine physique et de réadaptation, la consultation passe à 40 € (+4 €).

Pour en savoir plus sur le site de l’Assurance maladie.

De nouvelles consultations

Chez le pédiatre, une consultation de recours au pédiatre (CEP) entre en vigueur, à hauteur de 60 €. Elle vise « les situations nécessitant un avis spécialisé », indique l’Assurance maladie. Sur adressage de la PMI, de la médecine scolaire ou de certains professionnels paramédicaux, cette consultation doit permettre aux familles d’accéder plus rapidement à une expertise pédiatrique renforcée.

Pour les patients de plus de 80 ans, trois consultations longues voient le jour chez le médecin traitant, pour un tarif de 60 euros. Elles concernent trois types de situations :

  • le retour à domicile après une hospitalisation,
  • l’ouverture d’un dossier d’accompagnement social (APA) pour favoriser le maintien à domicile,
  • la révision des traitements pour les patients polymédiqués (qui souffrent de pathologies chroniques et suivent plusieurs traitements).

Pour les femmes de 45 à 65 ans, une consultation médicale longue dédiée à la ménopause est créée. Prise en charge par l’Assurance maladie obligatoire, elle ne pourra donner lieu à aucun dépassement d’honoraires. Elle vise à informer les femmes sur cette période, dépister des facteurs de risques et proposer des prises en charge adaptées.

Prothèses capillaires : une prise en charge améliorée

A compter du 1er janvier 2026, dans le cadre du 100 % santé (1), la prise en charge des prothèses capillaires est renforcée. Leur nomenclature est modifiée. Les prothèses capillaires sont désormais réparties en 4 classes. Depuis le 1er janvier 2026, les prothèses capillaires de classe II sont intégrées à l’offre 100 % Santé, avec prise en charge des dépassements par les complémentaires santé. Les prothèses de classe I seront intégralement remboursées par l'Assurance Maladie. Les complémentaires santé pourront rembourser les prothèses des classes III et IV (à tarifs libres) en fonction de leurs garanties contractuelles.

Un registre national des cancers

Jusqu’à présent, la surveillance épidémiologique des cancers reposait sur des registres locaux. À partir de 2026, un registre national des cancers doit permettre de mieux les connaître, les prévenir et les traiter. Il est piloté par l’Institut national du cancer.

Révision du plafond annuel de la Sécurité sociale

Le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) a été revalorisé de 2 % au 1er janvier 2026. Il est désormais fixé à 48 060 € et sa valeur mensuelle à 4 005 €. Il sert de base pour calculer le montant des indemnités journalières pour maladie, accident du travail ou maternité, les pensions d'invalidité, les retraites, etc.

Et aussi…

Grande cause nationale 2025, la santé mentale est à nouveau Grande cause nationale en 2026. « Cette nouvelle phase doit se traduire par des actions plus concrètes et plus visibles pour les Français », explique le gouvernement.

Pour en savoir plus : Le Gouvernement prolonge en 2026 la grande cause nationale dédiée à la santé mentale | info.gouv.fr

Le dispositif « Mon soutien psy » bénéficiera du tiers payant généralisé à partir du 1er octobre 2026. Cela signifie que les patients qui ont recours à ce dispositif n’auront plus besoin d’avancer les frais sur la partie Assurance maladie obligatoire. Lancé en 2022, « Mon soutien psy » propose aux assurés une prise en charge de 12 séances chez un psychologue pour chaque année civile.

La vaccination contre la grippe devient obligatoire pour les résidents en Ehpad.

(1)  La réforme du 100 % santé, entrée progressivement en vigueur depuis 2020, a pour objectif d’améliorer l’accès aux soins. Elle permet aux assurés qui bénéficient d’une complémentaire santé responsable ou de la Complémentaire santé solidaire d’accéder à des soins et équipements en audiologie, optique et dentaire pris en charge à 100 %.

 

Rédigé par

  • Damienne Gallion

    Journaliste généraliste, avec une prédilection pour les sujets santé, sciences, monde du travail, économie sociale et solidaire, vie pratique.

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