Que retenir du Plan national santé au travail 2026-2030 ?
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L’essentiel
• Le Plan national santé au travail fixe les priorités de la prévention jusqu'en 2030.
• Réduction de l'absentéisme et prévention des accidents mortels sont des objectifs majeurs.
• Santé mentale, climat et santé des femmes figurent parmi les priorités.
A quoi sert le Plan national Santé au travail ?
Tous les quatre ans, le ministère du Travail actualise sa feuille de route pour la santé au travail. C’est le Plan national Santé au travail que Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a présenté le 5 juin pour la période 2026-2030. Cette 5e édition établit les enjeux stratégiques des politiques publiques et liste des actions que l’Etat et les acteurs de la prévention auront à réaliser d’ici 2030.
« Ce plan donne le cap à suivre aux nombreux acteurs de la santé au travail et donne l’occasion d’un dialogue avec les partenaires sociaux, explique Martial Brun, directeur général de Présanse, organisation représentative des services de prévention et de santé au travail interentreprise (SPSTI). La rédaction du PST se fait dans le cadre d’une consultation menée par l’Etat avec les organisations d’employeurs, de salariés et des acteurs de la prévention, tels que l’Agence nationale pour l’amélioration de la qualité et des conditions de travail (Anact), l’Assurance maladie ou Présanse.
Les cinq priorités du Plan national santé au travail 2026-2030
« Avec ce plan, nous sortons de l’obligation de conformité réglementaire (remplir formellement un Document unique d’évaluation des risques professionnels) pour aller vers le changement réel dans l’entreprise, explique Martial Brun. Cela veut dire que nous devrons accompagner les TPE et PME afin qu’elles disposent d’un plan d’actions de prévention, conforme à leur taille et à leurs capacités et qui améliore concrètement les conditions de travail ».
Cinq axes majeurs ressortent du document :
1. Prévenir les accidents graves et mortels : 824 personnes ont trouvé la mort au travail en 2024. Un chiffre en augmentation. Le plan prévoit de cibler les secteurs à risques en luttant, notamment, contre les risques de chutes de grande hauteur. Autre cible prioritaire : les débutants (stagiaires, apprentis) qu’il faut mieux protéger, car ils sont particulièrement exposés au risque d’accident. La prévention des malaises cardiaques, qui représentent un décès sur deux au travail, sera renforcée, elle aussi.
2. Réduire l'absentéisme : les arrêts de travail se maintiennent à un niveau élevé - autour de 5 % - depuis la crise sanitaire. La hausse des arrêts longs est particulièrement marquée. Elle fait courir des risques de diminution de la performance économique et de désinsertion professionnelle. Le plan met en avant l’importance d’investir dans la prévention primaire (agir sur l’organisation du travail) pour agir sur les causes des arrêts de travail évitables.
3. Promouvoir la santé des femmes : les entreprises sont invitées à réaliser une évaluation différenciée des risques professionnels entre femmes et hommes, afin de mieux prévenir les risques spécifiques. Alors que les accidents du travail diminuent globalement en France, ils ont augmenté d’un quart chez les femmes entre 2000 et 2023.
4. Santé mentale et TPE-PME : La santé mentale reste une priorité du plan, après la reconduction de la Grande cause nationale 2025-2026. L’accompagnement des TPE-PME devra être amélioré, notamment en concevant une offre de prévention des risques psychosociaux adaptée.
5. Faire face au changement climatique : la priorité doit être mise sur l’adaptation du travail, des équipements au contexte d’augmentation des températures. La révolution numérique et le développement de l’intelligence artificielle sont également pris en compte dans ce 5e Plan Santé au travail.
Ce que les entreprises peuvent attendre du Plan Santé au travail
Si le Plan Santé au travail n’est pas une loi, son application doit produire des effets concrets sur la vie des entreprises et des salariés. Pour cela, il sera décliné en programme d’actions dans chaque région, sous l’autorité de la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS, représentant de l’Etat en Région) et en lien avec les opérateurs de la prévention. Elle associe alors les SPSTI, les Aract (Agences régionales de l’Anact), les Caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat), « et tout organisme qui y a intérêt », précise Christophe Collomb, médecin du travail à Metz et président du Conseil national professionnel des médecins du travail (CNPMT). Leur rôle est de « contextualiser les enjeux et les traduire en projets adaptés au territoire ».
Cette déclinaison en plan régional de santé au travail « peut prendre un peu de temps », concède Christophe Collomb. Les entreprises devront attendre encore un peu pour voir des propositions concrètes. Mais, comme le rappelle Martial Brun, directeur général de Presanse : « L'entreprise en verra les effets, si ce Plan se traduit en aides concrètes et accessibles pour mettre en place des actions de prévention qui lui sont favorables : meilleure ambiance de travail, diminution des accidents du travail, réduction de l'absentéisme… »
Quelques actions prévues par le Plan national Santé au travail 2026-2030
• Développer de nouveaux outils d’aide à l’évaluation des risques dédiés à certaines branches professionnelles.
• Intégrer un volet santé et sécurité au travail dans les contrats d’apprentissage.
• Renforcer le déploiement des formations de sauveteurs, secouristes au travail.
• Accompagner les entreprises dans la promotion de l’activité physique et sportive.
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