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Les principaux facteurs de risques..pdf
En France, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) représentent la première cause de handicap acquis de l’adulte et la seconde cause de démence, selon l’Inserm. C’est aussi la première cause de mortalité chez la femme. Ils surviennent en moyenne vers 74 ans.
« Dans environ 80 % des cas, les AVC résultent de l’obstruction d’une artère cérébrale par un caillot sanguin, explique le Dr France Woimant, neurologue et présidente de l’Association France AVC Île-de-France. On parle alors d’un AVC "ischémique" ou d’infarctus cérébral. Il s’agit d’une urgence absolue afin d’éliminer le caillot qui peut priver le cerveau d’oxygène et créer des séquelles neurologiques. » Les 20 % restants sont des AVC « hémorragiques », et résultent de la rupture d’un vaisseau sanguin cérébral.
L’hypertension artérielle en tête des facteurs de risques d’AVC
Chaque type d’AVC est lié à des causes ou des facteurs de risques vasculaires bien particuliers. « Une pression artérielle élevée (ou hypertension artérielle) est le principal facteur de risques d’AVC, poursuit la neurologue. Elle multiplie le risque par 7 ».
L’hypertension doit être détectée car elle déclenche en effet peu de symptômes. « On peut se faire facilement dépister à partir de 40 ans (chez son médecin ou son pharmacien). Au-delà du seuil de 14.9 de tension, constaté à plusieurs reprises sur une période de 3 à 6 mois, la pathologie se traite avec des médicaments qui vont faire baisser la tension et le risque qu’une artère se bouche (infarctus cérébral) ou éclate (hémorragie cérébrale). »
Des troubles du cœur juste après l’hypertension
Les personnes ayant des problèmes cardiaques comme des arythmies cardiaques ou des fibrillations auriculaires sont également plus exposées au risque d’AVC. « Il s’agit d’un trouble du rythme cardiaque qui accélère le cœur et le fait battre de manière irrégulière, précise le Dr Woimant. De ce fait, le flux sanguin ne peut pas être fluide et constant, ce qui peut créer un petit caillot. Celui-ci peut ensuite aller dans le cerveau et provoquer un AVC ischémique. » Les personnes atteintes de ces arythmies ont un risque d’avoir un AVC multiplié par 6.
« C’est une pathologie qui est également souvent asymptomatique. » Un dépistage est possible à partir de 40 ans grâce à un électrocardiogramme (ECG), qui va enregistrer l'activité électrique du cœur. « Le traitement repose essentiellement par la prise de traitements qui visent à ralentir et/ou normaliser le rythme cardiaque et à fluidifier le sang tels l’aspirine ou les anticoagulants. »
Cholestérol, tabac, alcool, sédentarité…
« 70 % des facteurs de risques sont vasculaires », souligne le Dr Sonia Alamowitch, chef de service urgences cérébro-vasculaires des Hôpitaux Salpetrière-Saint Antoine (AP-HP) et membre de la SFNV (Société Française Neuro-Vasculaire). Mais d’autres facteurs peuvent augmenter le risque d'AVC.
On peut citer l'hypercholestérolémie (l’excès de cholestérol), le tabagisme (à cause de ses effets sur les vaisseaux sanguins et la coagulation sanguine), le diabète (en raison des complications vasculaires associées à cette maladie), une consommation d’alcool excessive, le surpoids et la sédentarité. « Ce sont des facteurs sur lesquels on peut agir avec des médicaments et une bonne hygiène de vie. Et ainsi réduire les risques d’AVC de 80 à 90 %. »
Attention à la contraception orale
Il est indispensable de prendre en compte le risque de survenue d'un AVC ischémique dans la balance bénéfice/risque de la prescription d'une contraception hormonale. « Le risque d’accident vasculaire cérébral chez les femmes sous contraceptifs oraux est faible, mais augmente de façon importante en présence d’autres facteurs de risque vasculaire comme le tabagisme ou les migraines avec aura » (1), rappelle le Dr Woimant. En France, 5 % des AVC de la femme surviennent avant 45 ans.
L’accident ischémique transitoire, un signe d’alerte
La plupart du temps il n’y a pas de signes qui vont indiquer la survenue d’un AVC. « Mais il faut savoir que 20 % des AVC sont précédés par des accidents ischémiques transitoires (AIT), rappelle le Dr Woimant. Dans ces cas-là, l’obstruction de l’artère cérébrale se résorbe d’elle-même et ne provoque pas de séquelle. »
Les symptômes sont les mêmes que l’AVC, mais ils durent de quelques secondes à quelques minutes avant le retour à la normale. « L'AIT peut être un signe précurseur d'un véritable AVC. C’est une urgence qui doit faire appeler immédiatement le 15. »
Optimiser ses chances grâce à une bonne hygiène de vie
Prévenir un AVC implique d'adopter un mode de vie sain et de prendre des mesures pour réduire les facteurs de risque. « Tout d’abord, assurez-vous de surveiller régulièrement votre tension artérielle, suggère le Dr Woimant. Privilégiez une alimentation équilibrée avec des aliments comme les fruits, légumes, poissons, volailles maigres et noix. Limitez la consommation d'alcool et les aliments riches en gras saturés, en cholestérol et en sel. »
L'activité physique aide à maintenir un poids de forme, à contrôler la pression artérielle et à améliorer la circulation sanguine. « Essayez de faire au moins 30 minutes d'exercice modéré la plupart des jours de la semaine. » Enfin, si vous êtes diabétique, assurez-vous de surveiller régulièrement votre glycémie et de suivre les conseils de votre médecin pour la maintenir sous contrôle.
« Ces dernières années le nombre d’AVC affectant des patients jeunes a augmenté de manière significative. 1 AVC sur 10 arrive avant 45 ans. C’est en partie à cause à cause du manque d’activité physique, du surpoids et de la hausse du nombre de fumeurs, notamment chez les plus jeunes. »
Éviter un nouvel AVC
Le risque de récidive après un premier AVC est d’environ 10 % à 5 ans. « Il est donc important d’identifier la cause de l’AVC (caillot sanguin, arythmie cardiaque) et de dépister les facteurs de risque vasculaire (hypertension, diabète et cholestérol) afin de mettre en route aussi rapidement que possible des traitements visant à prévenir une récidive », conclut le Dr Sonia Alamowitch.
Cette approche repose généralement sur la prescription de médicaments visant à réduire le risque vasculaire.
(1) Les migraines avec aura sont caractérisées par des symptômes neurologiques spécifiques qui se produisent avant ou pendant la phase douloureuse de la migraine. L'aura est généralement une série de symptômes visuels, mais peut également inclure des symptômes sensoriels ou moteurs.
Quels sont les symptômes d’un AVC ?
Quel que soit le type d’accident vasculaire cérébral, les symptômes sont les mêmes et surviennent de façon soudaine :
• engourdissement ou faiblesse du visage, du bras ou de la jambe (généralement d'un côté du corps) ;
• troubles de la vision (perte de la vision d’un œil, vision double) ;
• difficulté d’élocution et/ou de compréhension ;
• difficulté à marcher, perte d'équilibre ou de coordination ;
• maux de tête sévères et inhabituels souvent sans cause connue.
Ces symptômes peuvent apparaître soudainement et sans avertissement. « Si vous (ou quelqu'un que vous connaissez) présentez ces symptômes, il faut immédiatement appeler les services d'urgence (15) et demander une assistance médicale sans attendre. Chaque demi-heure perdue, c’est 15 % de chance de récupération en moins », insiste le Dr France Woimant, neurologue et présidente de l’Association France AVC Île-de-France.
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Commentaires
Philippe
27 septembre 2024 à 10h09