Pilule à base de désogestrel et risque de méningiome : ce qu'il faut savoir

Publié le

Peggy Cardin-Changizi

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Pilule à base de désogestrel et risque de méningiome : ce qu'il faut savoir
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Début septembre 2026, environ 1,6 million de femmes ont reçu un courrier car elles ont eu une prescription remboursée de la pilule à base de désogestrel 75 µg dans les douze mois précédents. En cause : un risque très faible de méningiome (une tumeur généralement bénigne), associé à cette contraception. De quoi s'agit-il ? Faut-il s'inquiéter ?

Le méningiome est une tumeur qui se développe à partir des méninges, les enveloppes qui entourent le cerveau. Dans la grande majorité des cas, elle est bénigne, c'est-à-dire non cancéreuse. « Ces tumeurs peuvent rester stables et asymptomatiques, mais elles peuvent aussi parfois augmenter de volume », explique le Dr Geoffroy Robin, gynécologue médical et spécialiste de la médecine de la reproduction au CHU de Lille.

Les éventuels symptômes dépendent notamment de leur localisation : maux de tête, troubles de la vision, vertiges. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) mentionne aussi, parmi les signes possibles, des pertes de mémoire, des crises d'épilepsie ou une perte de l'odorat.

Les femmes concernées sont prévenues par courrier

Une recommandation de l'Agence européenne des médicaments a demandé, en juillet 2026, d'ajouter ce risque rare de méningiome aux notices de pilules à base de désogestrel 75 µg. Et l’ANSM a choisi d'écrire directement aux femmes concernées, ainsi qu'aux professionnels de santé qui les suivent, identifiés à partir des données de remboursement de l'Assurance maladie. Ce dispositif rare a déjà été utilisé par le passé pour d'autres progestatifs (Androcur, Lutényl, Lutéran).

Ce courrier d’information concerne les utilisatrices de pilules au désogestrel 75 µg. L'étonogestrel, utilisé dans certains implants ou anneaux contraceptifs, est également concerné par le risque de méningiome, mais pas par cette campagne de courrier.

Recevoir cette lettre ne signifie ni avoir un méningiome, ni présenter un risque élevé, précise l'ANSM. L'objectif est avant tout d'informer les utilisatrices afin qu'elles puissent en discuter avec le professionnel de santé qui les suit. La très grande majorité des femmes qui utilisent du désogestrel ne développeront jamais de méningiome, rappelle l'Agence.

Un risque qui reste très faible

Ce risque a été mis en évidence par une étude d'Epi-Phare menée en France. Il reste très faible : on estime à un cas supplémentaire de méningiome opéré pour un peu plus de 67 000 utilisatrices de désogestrel.

« Le risque de méningiome existe mais reste très faible en valeur absolue », souligne le Dr Robin. Cette probabilité augmente toutefois avec la durée d'utilisation, notamment au-delà de cinq ans, et chez les femmes à partir de 45 ans. Un an après l'arrêt du désogestrel, aucune augmentation n'a été observée.

Selon le médecin, ce risque reste par ailleurs « bien inférieur à celui décrit avec » d'autres progestatifs plus anciens et plus dosés, comme l'Androcur, le Lutényl ou le Lutéran.

Pas d'IRM systématique

Il n'est pas nécessaire de prendre rendez-vous en urgence : l'ANSM recommande d'aborder le sujet lors de la prochaine consultation. Ce rendez-vous permettra notamment de faire le point sur la durée d'utilisation de la contraception et sur d'éventuels traitements hormonaux pris auparavant.

Il ne faut pas arrêter sa contraception de sa propre initiative, au risque d'une grossesse non désirée. En cas de méningiome diagnostiqué ou déjà connu, le désogestrel doit en revanche être arrêté, précise l'ANSM.

Une IRM cérébrale n'est pas recommandée de façon systématique, compte tenu de ce risque très faible : le simple fait d'avoir pris ou de prendre une pilule au désogestrel ne constitue pas, à lui seul, une indication à réaliser cet examen.

L’IRM peut être proposée à l'instauration du désogestrel en cas d'exposition antérieure de plus d'un an à l'un des progestatifs à risque plus élevé (Androcur, Lutényl, Lutéran, Colprone, Depo-Provera), ou en cas de signes neurologiques évocateurs : maux de tête persistants, troubles visuels, troubles de l'équilibre, troubles du langage, perte de mémoire ou épilepsie nouvelle. « Le nombre de femmes concernées devrait donc être limité en pratique », note le Dr Robin.

« Pas de panique ! », conclut le Dr Robin. « Pour l'immense majorité des femmes, ce nouvel effet secondaire ne modifie pas la balance bénéfices-risques très favorable des contraceptions à base de désogestrel. »

Rédigé par

Peggy Cardin

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