Pr François Carré : « L’âge est bien un facteur de risque des maladies cardiovasculaires »

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Cécile Fratellini

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Pr François Carré :L’âge est bien un facteur de risque des maladies cardiovasculaires 
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Le Pr François Carré, cardiologue et président du collectif « Pour une France en forme » revient sur les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires. Nous pouvons agir sur la majorité d’entre eux.

Tabac, alimentation, sédentarité, inactivité physique sont des facteurs de risque des maladies cardiovasculaires. Mais ils peuvent être corrigés par des changements de mode de vie. La prévention et le dépistage, à tout âge, sont nécessaires pour prévenir ces maladies. 

L’âge augmente-t-il le risque cardiovasculaire ?

Pr François Carré : Le vieillissement n’est pas une pathologie, c’est physiologique. Mais le système cardiovasculaire d’une personne âgée n’est pas le même qu’une personne de 20 ans. L’âge est bien un facteur de risque des maladies cardiovasculaires, le seul avec la génétique que l’on ne peut pas modifier. A noter qu’une personne qui a un problème cardiaque à cause de la génétique l’a vers 30 ans, pas à 75 ans. 

Mais attention, même si une personne n’a aucun facteur de risque, on ne peut en aucun cas affirmer qu’elle ne fera jamais d’infarctus. On ne peut pas éviter les effets de l’âge, les vaisseaux deviennent plus rigides, et ils développent des plaques d'athérome1. D’ailleurs, celles-ci commencent à se développer dès l’adolescence, ça fait partie de l’évolution. Cette plaque si elle est fragile peut se rompre, ce qui entraîne la formation d’un caillot qui obstrue l’artère et provoque un infarctus ou un AVC. 

Bouger au moins 30 minutes par jour

Quels sont les autres facteurs de risque cardiovasculaires ?

Pr F.C. : Le tabac, l’hypertension artérielle, un taux de sucre et/ou de cholestérol trop élevé dans le sang, un niveau d’inactivité physique et/ou de sédentarité trop important. Les effets délétères de ces facteurs de risque ne s’additionnent pas mais se multiplient. Ils sont dits modifiables car un changement de mode de vie peut tous les améliorer ! Arrêter totalement de fumer bien sûr car aucune cigarette n’est bonne pour la santé. Bien manger, de manière équilibrée en qualité et en quantité, pour éviter l’hypertension, ne pas avoir trop de cholestérol et/ou de sucre dans le sang. 

Bien bouger en faisant chaque jour au moins 30 minutes pour l’adulte et 1 heure pour l’adolescent d’activité physique et en diminuant toujours son temps journalier passé assis qui correspond à la sédentarité. L’activité physique doit être au moins modérée c’est-à-dire provoquer un essoufflement qui permet de parler, mais pas de chanter.

Il est ainsi prouvé que monter et descendre 10 étages (5 x 2 ou 10 x 1) par jour, diminue le risque d’avoir un infarctus du myocarde de 16 %. Si le changement de mode de vie ne suffit pas, votre médecin pourra prescrire la prise journalière de médicaments. Nous pouvons donc tous limiter nos facteurs de risques de maladies cardiovasculaires, c’est la prévention. Cette prévention est indispensable ! Et il n’est jamais trop tard pour commencer. Même à 80 ans, arrêter de fumer peut faire gagner entre 18 mois et 2 ans d’espérance de vie en bonne santé. Si chacun choisissait un bon mode de vie, au moins 80 % des accidents cardiovasculaires pourraient être évités !

Des infarctus plus fréquents avant 30 ans

À partir de quel âge faut-il dépister les maladies cardiovasculaires ?

Pr F. C. : Il n’y a pas d’âge barrière. Cela est confirmé aujourd’hui avec des infarctus du myocarde de plus en plus fréquents avant 30 ans contre 45-50 ans auparavant. Cela est dû pour une grande part au choix de mode de vie délétère (alimentation, inactivité physique, sédentarité) des adolescents. Ainsi en cas de surpoids, d’inactivité physique et/ou de sédentarité, et/ou de tabagisme actif je conseille d’aller voir son médecin traitant entre 30 et 35 ans qui en s’aidant d’un bilan biologique précisera le risque cardiovasculaire individuel. 

Un dépistage cardiovasculaire auprès de son médecin est aussi conseillé en cas d’accident cardiovasculaire grave avant 50 ans, infarctus du myocarde, AVC, mort subite, et/ou de maladie cardiovasculaire génétique connue dans la famille proche, parents, frères et/ou sœur.  

(1) Ces plaques sont composées essentiellement de lipides.

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Rédigé par

  • Cécile Fratellini

    Rédactrice en chef adjointe d’Harmonie Santé, spécialisée dans les sujets relatifs à la santé (handicap, prévention, maladies…)

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