Hypertension artérielle : quelles sont les causes et comment la traiter ?
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Qu’est-ce qu’une tension artérielle normale et une hypertension ?
Une tension artérielle est dite normale lorsqu’elle est inférieure à 140/90 mm Hg (1) lors d’une consultation en cabinet médical. Et inférieure à 135/85 mm Hg quand elle est mesurée par soi-même, à la maison. La tension varie chez une même personne au cours de la journée. En effet, elle peut être élevée après un effort physique ou lors d’un stress et être basse durant le repos ou le sommeil.
On parle d’hypertension artérielle (HTA), maladie chronique fréquente en France, quand il y a une pression anormalement élevée du sang dans les vaisseaux sanguins.
Quelles sont les causes de l’hypertension artérielle ?
Dans la majorité des cas, l’HTA est dite plurifactorielle, c’est-à-dire qu’elle peut avoir plusieurs causes, incluant une prédisposition familiale. Dans 1 ou 2 cas sur 10, l’hypertension est liée à une anomalie identifiée que l’on peut éventuellement corriger. « Ces causes identifiables sont par exemple des rétrécissements des artères rénales, des nodules ou tumeurs secrétant des hormones (aldostérone, cortisol) ou des catécholamines (comme l’adrénaline) par les glandes surrénales », précise la professeure Théodora Bejan-Angoulvant (2), présidente de la Société française d'hypertension artérielle (SFHTA). L’HTA est rarement liée à une cause génétique. Les facteurs de risque sont notamment la surcharge pondérale, la sédentarité, la consommation excessive d’alcool, le diabète.
Comment se manifeste l’hypertension artérielle ?
L’hypertension artérielle n’a pas de symptômes spécifiques. « Le plus souvent, les patients ne ressentent rien. C’est uniquement en mesurant la pression qu’on la découvre », explique la cardiologue. Parfois, les patients décrivent des signes comme des vertiges, des maux de tête… Il est conseillé de mesurer la pression artérielle au moins une fois par an, puis régulièrement tous les un à trois ans, selon le profil du patient et des chiffres de pression. « Plus la tension est limite et plus on doit la surveiller de près », reprend le médecin.
Comment contrôler chez soi sa tension ?
La mesure de la pression artérielle à domicile est prescrite pour diagnostiquer une hypertension ou contrôler l’efficacité du traitement antihypertenseur. S’autocontrôler nécessite l'utilisation d'un tensiomètre. « Cela favorise l’adhésion au traitement et responsabilise le patient vis-à-vis de sa maladie. Il est l’acteur de sa propre santé », observe la professeure Théodora Bejan-Angoulvant.
Pour que les résultats soient fiables, il faut être dans des conditions optimales. Pendant les 30 minutes avant la mesure, il est déconseillé de faire de l’exercice physique, de fumer, de manger, de boire de la caféine. Il est préconisé de s’installer dans une pièce calme, à température ambiante confortable, de rester assis pendant 3 à 5 minutes et de ne pas parler durant la prise des mesures et entre les prises.
Le pharmacien ou le médecin peuvent conseiller sur le choix d’un tensiomètre et son utilisation. L’Assurance maladie communique la liste des appareils validés de mesure de la pression artérielle à domicile, répertoriés par l’organisation scientifique internationale à but non lucratif Stride.BP dont la SFHTA est partenaire.
L’hypertension artérielle touche-t-elle toutes les personnes et quels sont les âges les plus à risque ?
L’hypertension artérielle peut toucher tout le monde, même les enfants. « C’est pour cela que les recommandations internationales sont de mesurer une fois par an la pression chez les trois ans et plus. Cela doit s’effectuer plus tôt si l’enfant a des facteurs de risque », insiste le médecin. L’HTA augmente avec l’âge, car les vaisseaux vieillissent et deviennent moins souples, plus rigides. « On estime que deux adultes sur trois ont une hypertension après 60-65 ans ».
Les jeunes femmes peuvent développer une hypertension artérielle si elles prennent la pilule oestro-progestative car les œstrogènes peuvent entraîner une augmentation de la pression artérielle. De ce fait, elles doivent faire l’objet d’une surveillance. « Les femmes peuvent développer une HTA pendant leur grossesse qui peut se compliquer de prééclampsie (3). Et avec l’âge, leur tension augmente plus rapidement comparativement aux hommes », confie la cardiologue.
Le café est-il mauvais pour la tension ?
La consommation de café ou de thé n’est pas associée à un risque d’hypertension. « Cependant, l’absorption de boissons énergisantes, contenant de la caféine et de la taurine, peut entraîner une augmentation de la pression artérielle et donc un risque de complications aiguës ou chroniques notamment chez les jeunes », indique le médecin.
Quel mode de vie observer en cas d’hypertension artérielle ?
On peut contrôler l’hypertension artérielle en adoptant certaines habitudes plus saines : manger peu salé, consommer plus de fruits, de légumes et d’aliments riches en potassium (comme l’artichaut et le brocoli qui favorisent la baisse de la pression), pratiquer un sport régulièrement (5 fois 30 minutes d’activité physique modérée par semaine, en mélangeant des activités d’aérobie et de résistance statique ou dynamique), perdre le poids en excès et normaliser son indice de masse corporelle. « Une bonne hygiène de vie va aussi réduire d’autres facteurs de risque comme le diabète ou le cholestérol », rappelle la présidente de la Société française d’hypertension artérielle.
Peut-on mourir d’hypertension artérielle ?
L’hypertension artérielle est le premier motif de consultation en médecine générale en France. C’est aussi le premier facteur mondial de risque de décès avant le tabac. Non traitée, ignorée, non contrôlée, l’HTA peut entraîner un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral (AVC) le plus souvent ischémique (et plus rarement hémorragique), une maladie rénale chronique ou cognitive (démence…). « C’est la première cause d’insuffisance cardiaque chez les femmes âgées. Il est donc important de la dépister et de la traiter », commente la cardiologue.
Existe-t-il des traitements pour la stabiliser ou la guérir ?
En dehors des mesures hygiéno-diététiques, un traitement médicamenteux peut normaliser les chiffres de pression artérielle. « Plus la tension est élevée, plus il y aura besoin de médicaments pour la normaliser en dessous du seuil souhaité », poursuit le médecin. Comme la pression augmente avec l’âge, le traitement devra être pris à vie. « En effet, on ne guérit pas de l’hypertension artérielle, excepté si elle est liée à une cause identifiée comme une sténose d’une artère rénale qui peut être dilatée, un nodule surrénalien sécrétant l’aldostérone qui peut être enlevé par chirurgie ou d’autres techniques... », conclut la professeure Théodora Bejan-Angoulvant.
(1) Le millimètre de mercure est une unité de mesure de la pression.
(2) La professeure Théodora Bejan-Angoulvant est cheffe du service Pharmacologie médicale à l’hôpital Bretonneau et cardiologue à l’hôpital Trousseau, au CHRU de Tours.
(3) La prééclampsie résulte d'un dysfonctionnement du placenta, organe qui assure les échanges entre le fœtus et la mère, ainsi que la régulation hormonale de la grossesse.
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Commentaires
joel
05 août 2025 à 11h08
Henri
20 septembre 2025 à 07h09
Christine
04 décembre 2025 à 15h12