Préménopause : quels symptômes et quelle prise en charge ?

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Céline Roussel

Temps de lecture estimé 6 minute(s)

Préménopause : quels symptômes et quelle prise en charge ?
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Dans les médias, sur les réseaux sociaux… On n’a jamais autant parlé de cette période qui précède la ménopause, appelée préménopause. Une avancée qui permet déjà aux femmes de se sentir moins seules, dans ce moment souvent éprouvant.

La publication du rapport de la mission parlementaire sur la ménopause en avril 2025 a incontestablement permis de mettre en lumière cette période particulière dans la vie des femmes, et celle, plus occultée encore qui la précède : la préménopause. Cette dernière, aujourd’hui ultra médiatisée, est souvent dépeinte de façon chaotique. 

« Mais ce n’est pas une fatalité. Certaines femmes la traversent sereinement. L’enjeu, en revanche, aujourd’hui, reste de continuer à en parler, à informer et surtout à faire connaître les prises en charge et accompagnements possibles, notamment en cas de désagréments importants », rassure le Dr Maxime Chaillot, gynécologue au CHU de Nantes, service biologie et médecine de la reproduction.

Qu’appelle-t-on exactement la préménopause ?

Cette période commence quelques années avant l’arrêt définitif des règles, aussi appelé ménopause. « Les femmes entrent en préménopause entre 45 et 50 ans en général, vu que l’âge moyen de la ménopause en France se situe à 51-52 ans. Elle peut aussi arriver plus tôt. 

Si c’est le cas avant 40 ans, il s’agit d’une situation non plus d’ordre physiologique mais pathologique. On parle alors « d’insuffisance ovarienne prématurée », plutôt que de ménopause précoce », développe le médecin. Certains facteurs peuvent accélérer sa survenue, tels que le tabac, l’exposition à des toxiques, le stress, les maladies auto-immunes, des causes génétiques ou certains traitements médicamenteux, comme une chimiothérapie.

Lors de cette période, les ovaires arrêtent progressivement de fonctionner et donc de produire les 2 hormones féminines que sont la progestérone et les œstrogènes, occasionnant de façon plus ou moins marquée des symptômes. « Une contraception reste par conséquent nécessaire jusqu’à la ménopause. Cette dernière est d’ailleurs diagnostiquée cliniquement dès lors qu’il n’y a plus de règles depuis un an », précise le Dr Chaillot, gynécologue.

À noter que pour les femmes qui n’ont pas de règles, en raison d’une pathologie, le diagnostic se fait de façon indirecte, grâce aux symptômes associés à la ménopause (bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, douleurs articulaires, etc.).

Le terme le plus approprié pour parler de cette phase, avant la ménopause, est bien « préménopause ». « On entend aussi beaucoup le terme « périménopause », par abus de langage, car ce dernier renvoie plus précisément aux périodes qui entourent la ménopause, soit les trois années qui la précèdent et l’année qui la suit », détaille le spécialiste.

Quels sont les symptômes les plus fréquents ?

De façon systématique, les cycles deviennent de plus en plus irréguliers. « Ils commencent souvent par se rapprocher, puis ils s’espacent de plus en plus. Certaines femmes peuvent avoir des règles abondantes, voire hémorragiques », explique le Dr Chaillot. 

Une prise de poids est fréquemment observée, et souvent localisée au niveau du ventre. « Avec l’arrêt progressif de la production hormonale, le métabolisme change, occasionnant une prise de poids. La répartition des graisses se modifie aussi et passe de « gynoïde » (au niveau des cuisses) à « androïde » (au niveau du ventre). On peut schématiser le phénomène en disant que le corps « se masculinise », car l’organisme présente moins d’hormones féminines et plus d’hormones masculines, notamment de la testostérone », observe le gynécologue. 

Autres symptômes fréquemment vécus, les troubles du sommeil de type réveil nocturne. « Leur origine est souvent multifactorielle. Les bouffées de chaleur, l’envie d’uriner, un état de stress et d’anxiété en lien avec le changement corporel ou la charge mentale peuvent les favoriser », analyse le Dr Chaillot.

Le brouillard mental, la fatigue et les troubles de l’humeur, souvent évoqués par les femmes, sont parfois directement liés à ce sommeil perturbé, comme un cercle vicieux. Quant aux fameuses bouffées de chaleur, elles peuvent apparaître à la préménopause, ou plus tard à la ménopause, selon le médecin. 70 % des femmes sont concernées (1), avec un degré d’inconfort très variable.

Quelles sont les prises en charge possibles ?

Il est donc normal, lors de cette période, de se sentir parfois très mal. « Lorsque c’est le cas, il ne faut pas se dire : « Ce n’est rien, ça va passer ! ». Dès 45 ans et en cas de symptômes problématiques, il est important d’en parler avec son médecin généraliste, son ou sa gynécologue ou sa sage-femme », insiste le médecin.

L’Assurance maladie propose par ailleurs un bilan prévention aux personnes entre 45 et 50 ans, permettant aux femmes d’évoquer la préménopause et d’éventuels symptômes. Il suffit, pour en bénéficier, de prendre rendez-vous avec son médecin généraliste, sa sage-femme, son pharmacien ou un(e) infirmier(e) et de demander un bilan prévention.

« Nous proposons aussi au CHU de Nantes une consultation ménopause et préménopause, mais davantage pour les femmes qui vivent des symptômes très invalidants. Elle peut être préconisée en deuxième intention, lorsque les premiers professionnels de santé consultés ont besoin d’un deuxième avis, ou en cas d’échec thérapeutique. En fonction de l’état de la patiente et des facteurs de risques détectés liés à la ménopause, notamment osseux et cardiovasculaires, nous proposons un traitement ou la réorientons vers d’autres spécialistes », détaille le Dr Maxime Chaillot, gynécologue au CHU de Nantes. 

Ces consultations spécialisées à l’hôpital se généralisent en France. Il en existe à Paris, Toulouse, et depuis peu à Bordeaux et Lyon.

Pour les traitements, plusieurs voies sont possibles. « Parfois nous réadaptons la contraception, ce qui va permettre de réduire les symptômes. Parfois nous utilisons le THM, traitement hormonal de la ménopause, en l’équilibrant de façon adéquate. Des antidépresseurs peuvent aussi être prescrits pour mieux traverser cette phase. Certains ont la capacité d’atténuer les symptômes », souligne le médecin.

De nouvelles habitudes pour mieux vivre cette période 

Avant de recourir à un traitement, il est toutefois important de revoir son hygiène de vie. Certains leviers peuvent être activés et apporter du confort, voire réduire quelques symptômes. L’activité physique, recommandée à tous les âges de la vie, l’est bien sûr encore plus pour les femmes afin de préserver leur capital osseux, musculaire, prévenir les maladies cardiovasculaires et la prise de poids.

« Nous leur conseillons aussi d’adopter le régime méditerranéen, anti-inflammatoire et protecteur contre les maladies cardiovasculaires. Nous attirons également leur attention sur les aliments riches en calcium et en vitamine D, toujours pour un meilleur capital osseux », ajoute le gynécologue. Une bonne hydratation reste essentielle, tout comme une consommation modérée de boissons neurostimulantes comme le café ou le thé, pour éviter les troubles du sommeil.

« Il est aussi pertinent d’intégrer des activités relaxantes au quotidien (méditation, yoga, sophrologie) pour mieux gérer le stress. Un accompagnement psychologique n’a rien d’obligatoire, mais peut être un plus », estime le Dr Chaillot.

(1)    Source : ministère de la Santé.

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