Chimiothérapie : quels effets à long terme ?
Publié le
Violaine Chatal (ANPM-FRANCE MUTUALITÉ)
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Les effets immédiats de la chimiothérapie
Traitement de référence du cancer, la chimiothérapie regroupe des médicaments dont l’objectif est de détruire les cellules cancéreuses. Certaines chimiothérapies peuvent être administrées par voie orale et d’autres par voie intraveineuse. Elles peuvent avoir des effets secondaires immédiats.
« Elles peuvent provoquer des nausées et des vomissements. Mais il existe désormais des traitements efficaces pour une grande majorité de patients, s’ils sont pris suffisamment tôt. On peut aussi citer la chute de cheveux. Dans certains cas, on peut proposer des casques réfrigérés, mais ils ne sont pas toujours bien tolérés par certains patients chez qui ils provoquent des maux de tête », explique le docteur Mario Di Palma, oncologue médical à l’institut Gustave Roussy.
Les protocoles de chimiothérapie peuvent aussi provoquer une baisse des globules blancs – ¬ et favoriser les problèmes infectieux – ¬ et des plaquettes, avec un risque hémorragique. « Il existe des médicaments qui permettent de réduire la baisse des globules blancs », indique le Dr Di Palma.
Les autres effets secondaires immédiats sont les problèmes digestifs comme les diarrhées, des complications pulmonaires comme des fibroses ou des risques d’insuffisance cardiaque. « En fonction du traitement, de la maladie et du patient, on identifie les risques et on essaie de les prévenir autant que possible. »
Fatigue et atteintes nerveuses handicapantes
Il existe également des effets secondaires à long terme des chimiothérapies. « Ces toxicités retardées sont moins fréquentes et moins visibles. On peut notamment citer les neuropathies, des atteintes nerveuses qui se manifestent par des fourmillements voire des douleurs au niveau des mains et des pieds. Elles peuvent être réduites grâce à des médicaments topiques (1), des antiépileptiques ou des antidépresseurs mais nécessitent des prises en charge spécialisées », indique le Dr Di Palma, oncologue médical.
La fatigue physique, accompagnée parfois de troubles de l’attention ou de la mémoire, est un autre effet à long terme de la chimiothérapie. « L’étude Canto de l’institut Gustave Roussy a montré qu’un nombre non négligeable de femmes qui avaient un cancer du sein conservaient, trois, quatre ou cinq ans après, un degré de fatigue notable ayant des interférences importantes avec leur vie quotidienne. »
Il existe plusieurs piliers pour réduire la fatigue. Le premier d’entre eux est l’activité physique adaptée, pendant ou après le traitement, dans les maisons sport-santé ou auprès des associations comme la Ligue nationale contre le cancer. Il faut aussi veiller à une alimentation adaptée et à maintenir son poids de forme.
« Pour réduire la fatigue mentale, l’activité physique est également conseillée, tout comme des exercices cérébraux pour améliorer la mémoire ou la concentration qui peuvent être pratiqués en ligne. De même, il est important d’avoir un sommeil de qualité », insiste le Dr Di Palma. Il ajoute : « La fatigue ne doit pas être négligée, car elle peut aussi cacher un autre problème lié à un dysfonctionnement hormonal ou à un syndrome dépressif. »
À distance, la chimiothérapie peut aussi favoriser une ménopause précoce chez certaines femmes, accompagnée d’une sécheresse vaginale.
Comment réagir ?
« Le message à faire passer auprès des patients, de leur entourage ou des médecins, est qu’il ne faut pas minorer ces effets secondaires à distance. Il ne faut pas hésiter à consulter son médecin traitant et à se tourner vers des associations le plus tôt possible, car des solutions existent », conclut le Dr Di Palma.
(1) Appliqués directement sur la peau.
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