L’arrêt cardiaque correspond à l’arrêt brutal de l’activité mécanique du cœur. La circulation sanguine s’interrompt, privant les organes vitaux d’oxygène, en particulier le cerveau.
« Sans réaction rapide, les séquelles peuvent être irréversibles », explique Antonin Ménagé, responsable de communication de la Protection civile Paris Seine.
Selon la Fédération française de cardiologie, chaque minute sans intervention réduit de 10% les chances de survie. Après 5 minutes, les lésions cérébrales deviennent majeures. Au-delà de 12 minutes, le risque de décès est maximal.
En France, le taux de survie à un arrêt cardiaque est d’environ 5%. Un chiffre bien inférieur à celui de certains pays européens ou nord-américains, où il est quatre à cinq fois plus élevé, grâce à une population davantage formée et à une présence massive de défibrillateurs automatisés externes (DAE) dans les lieux publics, selon le rapport 2018 de l’Académie nationale de médecine.
Depuis mai 2007, la loi française autorise d’ailleurs tout citoyen à utiliser un DAE, même sans formation préalable.
Reconnaître les signes
L’arrêt cardiaque peut être précédé de symptômes qu’il est essentiel de savoir identifier.
Une douleur thoracique intense, souvent décrite comme une sensation « d’étau », peut apparaître et s’étendre vers le bras, le cou ou la mâchoire. Cette douleur s’accompagne parfois d’une oppression, de nausées ou de troubles digestifs.
L’essoufflement s’aggrave progressivement, jusqu’à une difficulté majeure à respirer, voire une absence totale de respiration. Des vertiges, des palpitations, une transpiration inhabituelle, un malaise brutal ou même un hoquet soudain peuvent également survenir.
Ces signes peuvent rapidement évoluer vers une perte de connaissance.
« Beaucoup de témoins hésitent, pensant que "ça va passer". Or, face à un arrêt cardiaque, l’attente peut être fatale », souligne Ella, formatrice lors de la journée Cardio Challenge Heroes.
Arrêt cardiaque : les gestes qui sauvent
Face à une personne inconsciente qui ne respire pas normalement :
Appeler immédiatement les secours
Appelez le (15 ou 112, numéro d’urgence européen),
Vérifier la conscience et la respiration :
Parler à la personne, secouez-la doucement. Penchez-vous au-dessus de son visage pour vérifier sa respiration et les mouvements de la poitrine,
Commencez immédiatement le massage cardiaque :
1. Allongez la victime sur un plan dur, au sol
2. Agenouillez-vous à côté d’elle
3. Placez le talon d’une main au centre de la poitrine, l’autre main par-dessus
4. Bras tendus, coudes verrouillés
5. Comprimez le sternum de 5 à 6 cm, à un rythme de 100 compressions par minute (environ 2 par seconde)
6. Laissez la poitrine se relever entre chaque compressionUtiliser un défibrillateur si disponible
Allumez l’appareil et suivez strictement les instructions vocales. Le DAE analyse le rythme cardiaque et ne délivre un choc que si nécessaire.
Poursuivez la réanimation
Continuez le massage cardiaque jusqu’à la reprise de conscience de la victime ou à l’arrivée des secours.
Si vous êtes formé, alternez 30 compressions et 2 insufflations.
Ces gestes, simples mais précis, peuvent faire la différence entre la vie et la mort.
Se former pour sauver
Pour aller plus loin, la Protection Civile Paris Seine organise régulièrement des formations aux gestes de premiers secours, incluant le massage cardiaque et l’utilisation du DAE.
« L’objectif est de lever la peur de mal faire. En réalité, le seul vrai danger, c’est de ne rien faire », insiste Antonin Ménagé.
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