Psoriasis : existe-t-il des traitements ?
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Qu’est-ce que le psoriasis ?
Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau causée par un dysfonctionnement du système immunitaire. « Elle s’exprime en général par des plaques rouges et sèches, bien délimitées et recouvertes de fragments de peau blanchâtre qui se détachent (les squames), décrit le Dr Nathalie Sultan, dermatologue et membre de Reso-dermatologie (1). Celles-ci sont souvent localisées au niveau des zones de friction (telles que les coudes, les genoux ou le bas du dos) car le psoriasis entraîne une hyper-réaction de l’organisme. Au moindre frottement, les cellules de l’épiderme se renouvellent extrêmement rapidement et s'entassent les unes sur les autres, créant ces excès de peau. »
Au-delà de cette forme « standard », le psoriasis peut également toucher d’autres parties du corps, telles que les mains et les pieds, le cuir chevelu, les ongles, les muqueuses (langue et régions génitales) ou les plis (aisselles, aine). « Cette maladie prend différentes formes et son évolution est très variable d’une personne à l’autre, souligne le Dr Sultan. Certains patients n’auront toute leur vie qu’une petite plaque au niveau du cuir chevelu, d’autres pourront en être recouverts de la tête aux pieds. Le psoriasis touche aussi bien les hommes que les femmes et peut se déclencher à tout âge. On observe toutefois deux pics d’incidence : à la vingtaine et autour de la cinquantaine. »
Quels sont les impacts de cette maladie ?
Le psoriasis peut être particulièrement difficile à vivre pour les personnes qui en sont atteintes. D’après une enquête réalisée en 2023 pour l’association France Psoriasis, 77 % des malades souffrent dans leur vie sociale, 71 % dans leur vie affective, 60 % dans leur vie sexuelle et 62 % dans leur vie familiale. « Cette maladie n’est pas dangereuse, mais elle représente un véritable fardeau à porter, relève l’experte. Les gens ont honte, se cachent, n’osent pas aller à la plage… Certains doivent même "balayer" les squames qu’ils laissent derrière eux. C’est très stigmatisant. » Sans compter que des idées reçues persistent. « Le psoriasis n’est pas une maladie contagieuse et il n’est pas non plus lié à un défaut d’hygiène », martèle le Dr Sultan.
À noter que, dans environ 20 % des cas, le psoriasis peut aussi toucher les articulations : c’est ce qu’on appelle le rhumatisme psoriasique. Celui-ci se caractérise par des douleurs, notamment la nuit, et une raideur des articulations au réveil (le plus souvent celles des doigts, des orteils mais aussi des genoux). « En règle générale, ces manifestations articulaires surviennent quelques années après l’apparition des symptômes cutanés, indique Nathalie Sultan. Elles peuvent parfois les précéder, voire survenir de façon simultanée, mais ce cas de figure est plus rare. »
Les maladies cardiovasculaires sont par ailleurs plus fréquentes chez les patients psoriasiques. L'inflammation chronique favorise l'athérosclérose (soit le dépôt de graisses dans les artères), augmentant le risque d'infarctus et d'AVC.
À quoi cette pathologie est-elle due ?
Même si les causes exactes de la maladie restent encore mal identifiées, on sait que le psoriasis s’explique en partie par une prédisposition génétique. « Il arrive souvent que plusieurs membres d’une même famille développent cette maladie, fait remarquer la dermatologue. Mais ce n’est pas du tout systématique. D’autres facteurs environnementaux entrent aussi en jeu. » Chez les personnes présentant un terrain génétique particulier, un psoriasis peut ainsi être stimulé par :
- la prise de certains médicaments, tels que les bêta-bloquants, le lithium ou des antipaludéens (2)
- certaines infections, notamment l’angine à streptocoque ou le VIH
- un traumatisme cutané (brûlure, écorchure…)
- le stress ou un choc émotionnel
« Le tabac et l’alcool, qui stressent l’organisme, sont aussi considérés comme des facteurs aggravants », ajoute le Dr Sultan.
Quelles sont les prises en charge possibles ?
« Nous ne savons pas encore guérir le psoriasis, mais il existe aujourd’hui des traitements qui permettent de le contrôler et d’améliorer grandement la qualité de vie des malades », insiste Nathalie Sultan.
En fonction de l’étendue et de la localisation des plaques mais aussi du vécu du patient, différentes options thérapeutiques peuvent être proposées : traitement local sous forme de crème, traitement systémique par cachet ou injection, traitement par photothérapie (soit une exposition aux ultraviolets sous contrôle dermatologique) ou traitement dit de biothérapie. Celui-ci consiste en l’injection d’anticorps monoclonaux qui ciblent spécifiquement un médiateur de l’inflammation impliqué dans la maladie.
« Ces traitements, qui existent depuis une vingtaine d’années, ont vraiment changé la donne : ils sont très puissants, souvent très bien tolérés et peu contraignants pour les patients, souligne la spécialiste. Ces médicaments, assez coûteux, sont toutefois réservés aux malades chez qui les autres solutions ont échoué. »
Quelles sont les précautions à prendre au quotidien quand on souffre de psoriasis ?
Il est important d’adopter une bonne hygiène de vie (alimentation équilibrée, activité physique régulière, arrêt du tabac, réduction de la consommation d’alcool). « Limiter les excès et l’accumulation de tissu adipeux évite de stimuler l’inflammation », indique Nathalie Sultan.
Pour les patients psoriasiques traités localement, une bonne hydratation quotidienne de la peau contribue à freiner l’apparition de squames. Même si les plaques n’occasionnent pas forcément de démangeaisons, le fait de les gratter peut épaissir le psoriasis sur la zone en question.
Attention enfin au soleil : si celui-ci a un effet bénéfique sur le psoriasis, une exposition trop rapide et trop intense peut déclencher des cancers de la peau. Il est recommandé d’éviter les coups de soleil.
(1) Reso-dermatologie est un réseau collaboratif regroupant des médecins spécialisés dans la prise en charge des maladies inflammatoires de la peau (psoriasis, eczéma, vitiligo…) Il compte plus de 1 500 dermatologues exerçant en métropole et dans les DOM-TOM.
(2)Un antipaludéen est un médicament utilisé pour prévenir ou traiter le paludisme.
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