Que faire en cas de fièvre chez l'enfant ?
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La fièvre chez l’enfant est une réaction normale de l'organisme pour l'aider à lutter le plus souvent contre une infection. Elle peut également être due à un coup de chaleur ou un coup de soleil, apparaître temporairement après une vaccination. Ce n’est pas une maladie mais un symptôme, le plus souvent signe d’une maladie infectieuse.
« La fièvre est consécutive à un virus dans l’immense majorité des cas. Sa cause est plus rarement le fait d’une bactérie », explique le professeur Christèle Gras-Le Guen, pédiatre au CHU de Nantes et porte-parole de la Société française de pédiatrie.
La fièvre se traduit par une température corporelle de plus de 38 °C lorsqu'elle est prise chez un enfant normalement couvert, non exposé à une atmosphère très chaude et qui n’a pas fait une activité physique intense avant la prise de température. Bien qu’elle puisse s’avérer inquiétante pour les parents, elle est la plupart du temps sans gravité.
La fièvre se manifeste dans beaucoup de maladies communes
« La fièvre est le symptôme que l’on voit le plus fréquemment en pédiatrie », observe le professeur Christèle Gras-Le Guen. On considère que dans la première année de sa vie, l’enfant sera sujet en moyenne à trois ou quatre épisodes fébriles. « Tous les parents y sont confrontés. C’est parfois décontenançant pour eux surtout lorsque leur enfant est très petit, ne s’exprime donc pas par des mots, et que c’est le premier », reconnaît la pédiatre.
La fièvre se constate dans beaucoup de maladies communes chez l'enfant, comme la varicelle, l’angine, l’otite, la bronchiolite… Le plus souvent, l’enfant présente des signes tels que la fatigue, des maux de tête (symptôme formulé chez ceux en âge de parler), la perte d’appétit, d’énergie… Associée à d’autres symptômes (vomissements, troubles de la conscience, difficulté à respirer…), la fièvre peut alors être un des premiers signes de pathologies rares mais plus graves, comme la méningite ou encore la pneumonie.
Le professeur Gras-Le Guen a participé avec d’autres soignants du réseau de santé des enfants en Pays de Loire à l’élaboration de RésoPédia, dispositif d’information en ligne à l’adresse des parents et des professionnels de santé. On y trouve notamment des réponses aux questions en lien avec la fièvre chez l’enfant. « Il est primordial de disposer de ces données pour ne pas surréagir tout en restant en alerte si des symptômes inquiétants apparaissent ».
Comment traiter la fièvre ?
Le médecin recommande avant tout de mesurer la température de l’enfant quand il semble chaud. Si celle-ci dépasse 38 °C, il faut rester vigilant sans s’inquiéter. « Le traitement de la fièvre tient du bon sens et a pour but d’améliorer le confort de l’enfant fébrile. Il faut que celui-ci soit peu couvert. Cela ne veut pas dire de le mettre nu mais d’enlever une couche de vêtements ou sa gigoteuse par exemple », indique le professeur Gras-Le Guen.
Les bains et les enveloppements frais ne sont plus conseillés car inconfortables. De même, il ne faut jamais forcer un enfant à s’alimenter. Il faut lui proposer à boire régulièrement, le laisser se reposer dans un lieu confortable, au calme et maintenu à 18-20 degrés. « La prise de paracétamol, sous forme de sirop sous la forme de cuillère mesures graduées en poids, ou encore de sachets chez l’enfant plus grand, est une bonne alternative, en cas d’inconfort seulement. » La posologie est adaptée au poids de l’enfant (60 mg par kilo et par jour, soit une dose poids de sirop toutes les 6 heures maximum).
« Le paracétamol peut être donné, le temps que l’organisme se débarrasse seul des microbes. La fièvre en soit n’est pas dangereuse », poursuit le médecin qui déconseille fortement l’utilisation du suppositoire, peu efficace. « C’est assez difficile à administrer et ça peut créer des blessures. » Quant à l’aspirine, c’est « un vieux médicament » qui n’est plus indiqué en cas de fièvre. « La plupart des fièvres chez l’enfant sont provoquées par des virus et ne doivent pas donner lieu à un traitement antibiotique réservé aux seules infections bactériennes. Les antibiotiques ne soignent pas la fièvre », précise la pédiatre.
En cas de symptômes inhabituels, il faut impérativement consulter
La fièvre chez l’enfant peut être accompagnée de convulsions fébriles, c’est-à-dire d’une perte de connaissance accompagnée de contractions musculaires involontaires et saccadées. Les convulsions en contexte fébrile sont toujours impressionnantes mais le plus souvent bénignes. L’Assurance maladie indique qu’il faut contacter le 15 et consulter rapidement un médecin. L’admission aux urgences est nécessaire si l’enfant a moins d’un an ou plus de 5 ans, si la crise dure au moins 15 minutes, que ces épisodes sont répétitifs depuis 24 heures, que la respiration est difficile ou encore si l’enfant a une maladie neurologique connue.
La consultation d’un médecin directement aux urgences s’impose si l’enfant fébrile est âgé de moins de 3 mois. S’il est suivi pour une maladie chronique telle que le diabète ou encore la mucoviscidose, une malformation cardiaque ou pulmonaire… « Il faut qu’il soit examiné par un médecin pour s’assurer que l’infection ne déstabilise pas la maladie chronique. Il en est de même si les épisodes de fièvre sont fréquents ou si la fièvre persiste plus de deux jours », renseigne le professeur Gras-Le Guen. Un médecin doit être également vu si la fièvre s’accompagne d’autres symptômes (troubles digestifs, pleurs persistants…).
Il ne faut pas hésiter à solliciter les services d’urgence à toute heure du jour et de la nuit quand l’état général de l’enfant se dégrade. « Si certains signes ne doivent pas inquiéter particulièrement (fièvre supérieure à 40 °C, absence de réponse au paracétamol), d’autres ne trompent pas tels que la somnolence, l’extrême pâleur, les vomissements, les maux de tête importants, les raideurs à la nuque, les diarrhées abondantes, la respiration difficile, la déshydratation ou encore la perte de connaissance… », reprend le médecin.
Comment prendre la température de l'enfant ?
Il est recommandé de mesurer la température d’un enfant que l’on trouve chaud, ou avec un comportement inhabituel, en utilisant un thermomètre électronique. Ceux à mercure sont interdits à la commercialisation. Ceux que l’on appose sur le front sont peu fiables.
La température se mesure de préférence par voie rectale avec un thermomètre électronique à embout flexible. C’est la façon qui permet d’obtenir le plus de précision. L’Assurance maladie indique qu’après l’âge de 3 mois, la température peut se prendre sous l’aisselle. Il faut alors penser à rajouter 0,5 °C aux degrés obtenus.
Les thermomètres à placer dans l’oreille donnent une mesure précise. Toutefois, cette méthode est déconseillée avant deux ans. De surcroît, c’est un dispositif plus compliqué à utiliser en raison du conduit auriculaire étroit de l’enfant, des mouvements que peut émettre ce dernier et de la possible présence d’un bouchon de cérumen. On peut également mesurer la température par voie buccale mais pas avant les cinq ans de l’enfant. Le résultat doit être majoré de 0,5 °C.
Le mode d’emploi et l’hygiène doivent être respectés. Ce qui suppose de nettoyer le thermomètre avec de l’eau et du savon et de le rincer avant tout usage. On le retire dès qu’un signal sonore se fait entendre. Puis, il faut le nettoyer avant de le ranger.
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