Le ministère de la Santé annonce sa nouvelle stratégie contre la désinformation médicale
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À l’ère du numérique, les fake news en santé sont nombreuses et circulent à une vitesse folle. Il devient alors difficile de les contrer. Certaines finissent même par s’installer durablement dans les esprits. En réponse, la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées Stéphanie Rist a annoncé, le 12 janvier 2026, le lancement de sa stratégie nationale de lutte contre la désinformation. Un combat, engagé l’an passé par son prédécesseur, et défini comme une priorité de santé publique pour « garantir une information en santé fiable, accessible et compréhensible » pour tous les citoyens.
Un plan de lutte contre les fausses informations en 4 axes
Cette stratégie nationale contre les infox en santé doit reposer sur « une mobilisation collective ». Et le dossier de presse du ministère précise qu’elle va s’articuler autour de quatre axes.
- Écouter les citoyens : des enquêtes d’opinion seront réalisées (avec à la clé un baromètre national prévu pour avril) et des communautés en ligne seront déployées. Objectif : « analyser l’exposition à la désinformation en santé et les réflexes de vérification de l’information » de la population. Un Comité citoyen sera aussi mis en place pour « formuler des recommandations », à l’occasion des Assises du numérique en santé (le 18 février prochain).
- Créer un Observatoire de la désinformation en santé : en cours de constitution, il devra jouer un rôle de veille et d’alerte. Il vise « le partage d’information avec les partenaires du ministère, les médias, les sociétés savantes / ordres et professionnels de santé ». Ses membres ne sont pas encore connus.
- Mettre en place un dispositif d’infovigilance en santé : annoncé pour fin janvier, il devra « détecter les fausses informations en temps réel », puis proposer et diffuser rapidement « une réponse fiable ». Il s’appuiera pour cela sur « une communauté d’alliés » (Agences régionales de santé, organismes de tutelle, instituts de recherche, réseau d’experts, journalistes, influenceurs…).
- Bâtir un socle de confiance propice à l’information en santé : cela implique, selon le ministère, de « renforcer l’éducation critique à la santé » (à destination des enseignants et des enfants), de responsabiliser les plateformes numériques et d’intégrer la désinformation en santé au sein des programmes de recherche.
Fake news et santé : un diagnostic alarmant
Si le Gouvernement annonce cette stratégie, c’est que la situation en France (comme dans le reste du monde) est inquiétante. Refus vaccinal, remise en cause de certains traitements pourtant éprouvés, recours à certaines pratiques n’ayant jamais fait la preuve de leur efficacité… La désinformation, en hausse depuis la pandémie de Covid-19 et amplifiée par les réseaux sociaux, contribue à jeter le doute sur les intentions des autorités de santé et nourrit la défiance envers la science.
« La diffusion massive de fausses informations médicales met en péril la santé publique, fracture le lien de confiance entre les citoyens et les institutions et alimente un climat de suspicion propice aux dérives sectaires », souligne Stéphanie Rist dans le dossier de presse qui présente sa stratégie. La ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées déplore également les conséquences de cette méfiance pour la santé des Français. « Elle détourne des patients des soins, affaiblit la prévention et alimente des peurs parfois durables. »
Une stratégie inspirée d’un rapport sur l’information santé
Annoncée par le ministère de la Santé, cette stratégie nationale de lutte contre la désinformation médicale s’appuie sur les conclusions d’une mission confiée en août 2025 à trois experts indépendants : Mathieu Molimard (professeur de pharmacologie clinique et chef de service au CHU de Bordeaux), Dominique Costagliola (épidémiologiste et directrice de recherches à l’Inserm) et Hervé Maisonneuve (médecin de santé publique).
Leur rapport « Information en santé » a été remis le même jour, le 12 janvier. Il souligne l’ampleur du phénomène de la désinformation et « les risques pour la santé individuelle et la cohésion sociale ». Avec des fake news qui touchent désormais des domaines variés « tels que la vaccination, le cancer, l'alimentation, la santé mentale et les risques environnementaux ».
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