Urgences, mode d’emploi
Publié le
Damienne Gallion, Cécile Fratellini
Temps de lecture estimé 8 minute(s)
Qu’est-ce qu’une urgence ?
Une urgence médicale est une situation qui nécessite des soins médicaux immédiats et adaptés. En leur absence, la personne risque une altération grave et durable de son état de santé. Dans le pire des cas, son pronostic vital est engagé. Il faut donc réagir au plus vite.
Comment se passe une prise en charge aux urgences ?
Vous venez d’être amené aux urgences ? Voici les étapes qui vont suivre.
• L’accueil administratif sert à constituer votre dossier. Cette étape n’est pas systématique : elle n’a pas lieu, par exemple, dans le cas d’une admission par le SMUR (structure mobile d’urgence et de réanimation).
• Un ou une IOA (infirmier ou infirmière organisatrice de l’accueil) évalue le degré d’urgence de votre état de santé en vous interrogeant et en prenant vos paramètres vitaux. C’est ce degré qui compte, et non votre ordre d’arrivée ou votre mode d’arrivée. Autrement dit, même si vous êtes arrivé avant d’autres personnes et en ambulance, cela ne signifie pas que vous serez pris en charge immédiatement.
• Un médecin vous examine pour décider de faire ou non des explorations biologiques ou radiologiques. Il décide ensuite des modalités d’attente (couchée ou non) ou de sortie.
• Temps d’attente. Sauf en cas d’extrême urgence, sachez que vous devrez forcément attendre, et ce, même s’il y a peu de monde lors de votre passage aux urgences ! Certains délais sont en effet incompressibles. Par exemple, si on vous a fait un bilan sanguin, il faut en moyenne 1 h 30 à 2 heures pour avoir les résultats. Si vous devez passer un scanner, il n’est pas forcément disponible immédiatement. Idem pour les brancardiers, radiologues et autres spécialistes que votre état requiert éventuellement.
Les numéros d’urgence
15 : SAMU
17 : Police secours
18 : Pompiers
112 : Numéro d’urgence européen
114 : Par SMS pour les personnes malentendantes
115 : Hébergement d’urgence
119 : Enfance maltraitée
196 : Secours en mer
3919 : Violences conjugales
3018 : Harcèlement scolaire
Quelle différence entre le 15 et le 18 ? Le 15 est réservé aux situations médicales urgentes. Le 18 est dédié aux incendies, accidents et situations qui mettent en danger des vies ou des biens.
Quels sont les signes d’une urgence vitale ?
Dans certains cas, aucune question à se poser : il fait appeler le 15 immédiatement en particulier dans les situations suivantes :
• Perte de connaissance brutale et absence de respiration ou respiration anormale.
• Douleur thoracique qui dure (dès 15 minutes, appeler le 15) : suspicion d’infarctus du myocarde.
• Perte de connaissance momentanée ou permanente.
• Perte de sang importante et rapide.
• Difficultés respiratoires.
• Troubles soudains de la parole et signes de paralysie : suspicion d’accident cardiovasculaire.
• Brûlures étendues et dans d’autres cas : si elles concernent la face, le cou, si elles sont proches des orifices naturels, etc.
• Vomissements sévères et persistants.
• Modification inhabituelle du comportement (confusion, somnolence, troubles visuels, faiblesse).
Quels documents apporter ?
Dans l’idéal, le patient doit avoir avec lui sa carte Vitale, une pièce d’identité et les coordonnées d’une « personne référente ». Le proche est la personne désignée par le patient majeur comme étant l’interlocuteur privilégié durant son passage aux urgences. Il peut être membre de la famille, ami, adulte majeur dans tous les cas. Le patient majeur peut également désigner, via un formulaire, une « personne de confiance » (article L. 1111-6 du code de la Santé publique).
Peut-on accompagner quelqu’un aux urgences ?
Oui, d’autant plus si vous êtes désigné(e) par le patient « personne référente » ou « personne de confiance ». La plupart du temps, être accompagné par un proche aux urgences permet d’être rassuré, de mieux vivre les temps d’attente et de fournir plus facilement des informations sur son parcours de soins.
Mais accompagner ne signifie pas que l’on peut rester continuellement à côté du patient. L’accueil des proches peut différer d’un établissement à l’autre. En général, les visites en zone d’attente couchée ne sont pas autorisées. Dans tous les cas, l’accompagnant ne doit pas perturber l’activité du personnel soignant.
Ces agressions qui nuisent aux soins
Dans le secteur de la santé, les urgences font partie des services les plus touchés par les agressions physiques ou verbales commises par des patients ou leurs proches (1). Les causes peuvent être liées à l’environnement (stress, temps d’attente), à la prise d’alcool ou de drogue ou encore à la pathologie du patient.
Les deux premières, en particulier, ne peuvent en aucun cas justifier le recours à une quelconque violence. D’autant que les soins apportés, et donc le patient, peuvent en pâtir. Le ministère de la Santé encourage les professionnels de santé à déposer plainte pour toute violence verbale ou physique.
Et si ce n’est pas une urgence vitale, qui appeler ?
En premier lieu, vous devez contacter votre médecin traitant. Et s’il n’est pas disponible, vous pouvez consulter la carte des lieux de soins sur le site www.sante.fr. Elle répertorie les structures capables d’assurer des soins non programmés. Si vous ne trouvez toujours pas de médecin, vous pouvez alors appeler le 15, même si ce n’est pas une urgence. En effet, le 15 évolue et est aussi le numéro du SAS (service d’accès aux soins). « Ce service est issu du “pacte de refondation des urgences”, voulu par Agnès Buzyn en 2019. Le SAS a été créé pour répondre aux besoins des personnes qui se rendaient aux urgences, car ils ne trouvaient pas de médecin », explique le Dr Mickael Benzaqui, sous-directeur de l’accès aux soins et du premier recours à la direction générale de l’offre de soins du ministère de la Santé.
Aujourd’hui, plus de 96 % de la population est couverte par un SAS. Restent non couverts à date la Guadeloupe, la Guyane, Mayotte, les Ardennes et la Haute-Marne. Comment fonctionne ce service ? Vous appelez le 15, vous avez un assistant de régulation médicale chargé de vous mettre en relation soit avec un médecin urgentiste, soit avec un médecin généraliste, en fonction de votre besoin.
S’il vous oriente vers le médecin généraliste, celui-ci peut vous délivrer un conseil médical ou voir si vous avez besoin d’une consultation dans un délai rapide (moins de 48 heures). Dans ce cas, un opérateur vous trouve un rendez-vous rapidement sur votre territoire. « C’est un dispositif qui monte en charge et qui montre la collaboration entre l’hôpital et la médecine de ville. J’étais cet hiver en visite dans le SAS du CHU de Poitiers. Un médecin généraliste était au téléphone avec une maman inquiète pour son enfant. Il a envoyé un lien à la maman pour transformer l’appel en visio afin de voir comment le bébé respirait, en direct. Il a pu rassurer la maman et lui dire qu’un passage aux urgences n’était pas nécessaire, un rendez-vous chez le pédiatre suffisait. C’est un vrai service à la population », précise Mickael Benzaqui.
Que faire en cas d’urgence psychiatrique ?
Lorsqu’une personne, par son comportement, se met en danger ou met en danger d’autres personnes, appelez le 15, le 18 ou le 17. En attendant les secours, si possible, mettez-vous avec elle dans un endroit où vous vous sentez en sécurité en gardant le contact avec elle et en la rassurant. Gardez votre téléphone avec vous.
D’un territoire à l’autre, la prise en charge d’une urgence psychiatrique varie. Les personnes peuvent être accueillies, entre autres, dans un service d’urgences « classique » ou dans un service d’urgences d’un hôpital psychiatrique. Autre alternative : un Centre d’accueil et de crise. Ces « CAC » font partie de l’offre de soins des établissements publics psychiatriques. Ils accueillent, soignent ou hospitalisent pour une durée brève des patients en état de crise. Ils sont inégalement répartis sur le territoire. Renseignez-vous auprès de votre médecin ou de votre pharmacien.
Les numéros ou ressources à connaître (avant un cas d’urgence) :
• Le 3114 : numéro national de prévention du suicide, pour les personnes en souffrance ou leurs proches. Les suicides constituent la majorité des urgences psychiatriques.
• Le site psycom.org avec un contenu spécifique sur les urgences psychiatriques (facilement accessible avec le moteur de recherche). Psycom est un organisme public qui informe, oriente et sensibilise sur la santé mentale.
(1) Observatoire national des violences en milieu de santé, rapport 2022.
Dossier réalisé avec la contribution de la Société française de médecine d’urgence (SFMU).
Cet article fait partie du dossier
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