Une campagne pour alerter les femmes sur leur santé cardiaque

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Damienne Gallion

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Une campagne pour alerter les femmes sur leur santé cardiaque
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« Tu as vu ta/ton gynéco ! Et ta/ton cardio ? ». Avec ce message adressé aux femmes, la Fondation Cœur & Recherche lance une campagne qui les alerte sur la nécessité de faire un bilan cardiovasculaire à toutes les étapes de leur vie.

En France, près de 200 femmes meurent chaque jour d’une maladie cardiovasculaire. Fait méconnu, ces pathologies causent six fois plus de décès chez les femmes que les cancers du sein.  Or, « près de 80 % des maladies cardiovasculaires pourraient être évitées grâce à une évaluation adaptée et un suivi approprié », indique la Fondation Cœur & Recherche.

C’est la raison pour laquelle cette Fondation a lancé le 12 mars, en collaboration avec la Société française de cardiologie, un clip de sensibilisation intitulé « Tu as vu ta/ton gynéco ! Et ta/ton cardio ? ». Il rassemble plus de 30 participants, parmi lesquels l’actrice Marie-Christine Barrault, la journaliste Elsa Wolinski, l’animatrice de télévision Maitena Biraben, et plusieurs spécialistes de renom tels que la Pr Martine Gilard, le Dr Stéphane Manzo-Silberman ou encore le Dr Patrick Rozenberg. Il sera diffusé sur France Télévisions entre le 6 et 12 avril, puis au cinéma entre le 14 et 19 mai.

Dans 80 % des cas d’infarctus, les femmes ont une douleur thoracique

En 30 secondes, le clip énumère certains facteurs de risques auxquels les femmes sont exposées et qu’elles ignorent souvent, comme la ménopause, la grossesse, le stress, etc. Il délivre un premier message clé : « Exigez un bilan cardiaque auprès de votre généraliste ! ». Puis il se termine sur cette autre information, qui vient rectifier des contre-vérités répandues sur les réseaux sociaux : « Dans 80 % des cas d’infarctus du myocarde, les femmes ont une douleur thoracique ». Avant de conclure : « Écoutez-vous, appelez le 15 ».

« Les femmes n’ont pas l’impression d’être concernées par les maladies cardiovasculaires, indique la Pr Martine Gilard. Pourtant, elles sont plus nombreuses que les hommes à en mourir ». En plus des facteurs de risque classiques que sont le tabagisme, l’hypertension, le diabète et le cholestérol, elles sont en effet exposées à des facteurs de risques spécifiques, d’ordres biologiques, hormonaux et obstétricaux (liés aux complications de la grossesse).

Ces facteurs spécifiques augmentent le risque de développer des maladies cardiovasculaires. D’où la nécessité d’effectuer des bilans cardiovasculaires à chaque étape de la vie : entrée dans la contraception, grossesse, ménopause, etc.

Les professionnels de santé concernés aussi par la campagne

Dans le message « Exigez un bilan cardiaque auprès de votre généraliste ! », le choix du verbe « exiger » peut surprendre. Ne serait-ce pas au médecin de proposer ce bilan à leurs patientes ? Certains le font déjà bien sûr, mais ce réflexe n’est pas encore assez répandu. « Les professionnels de santé doivent aussi faire évoluer leurs pratiques, affirme le Dr Marc Villaceque, le président du Conseil national professionnel cardiovasculaire (CNPCV). Dans leurs échanges avec les patientes, ils doivent prendre en compte l’ensemble des facteurs de risques, y compris ceux qui sont moins attendus : le stress, la charge mentale, les violences sexistes et sexuelles, etc. »

Par ailleurs, face à la multiplicité des sources d’information parfois contradictoires sur les maladies cardiovasculaires, il est essentiel pour le grand public comme pour les professionnels de santé de disposer de référentiels, souligne le Dr Marc Villaceque. Aussi, sous la houlette du CNPCV, une fiche pratique « La prévention cardiovasculaire des femmes » doit être prochainement mise à disposition auprès des professionnels de santé. Elle sera accompagnée d’une campagne d’affichage à destination des patients dans les salles d’attente des cabinets. 

Vers un autre « Octobre rose » ?

A terme, l’objectif de la campagne lancée par la Fondation Cœur & Recherche est de donner naissance à un « Octobre rose » (la campagne annuelle de sensibilisation au cancer du sein) pour le cœur des femmes. « Nous devons faire pareil [que Evelyn H. Lauder avec son « Ruban rose » dans les années 1990] pour la santé du cœur des femmes et obtenir les mêmes résultats incroyables en matière de recherche, de sensibilisation et de prévention », estime Elisabeth Riboud Dantzer, la déléguée générale de la Fondation Cœur & Recherche. Son président, le professeur Ariel Cohen, en appelle même à une « mobilisation générale » autour de cette cause.

Rédigé par

  • Damienne Gallion

    Journaliste généraliste, avec une prédilection pour les sujets santé, sciences, monde du travail, économie sociale et solidaire, vie pratique.

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