Prévention des maladies cardiovasculaires : une proposition de loi adoptée
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En 2024, 74 000 femmes sont mortes de maladies cardiovasculaires contre 69 000 hommes. « Contrairement à ce que l’on pense, les maladies cardiovasculaires ne touchent pas uniquement les hommes. Tout le monde est concerné », rappelle le Pr Martine Gilard, cardiologue, membre de la Fondation Cœur et recherche. Et la mise en place de mesures de prévention pourrait éviter 80 % de ces maladies.
L’adoption à l’unanimité de la proposition de loi sur la prévention cardiovasculaire marque donc une étape importante. « C’est un vrai tournant, une grande avancée », se réjouit le Pr Martine Gilard.
Une meilleure prise en compte des femmes
Cette proposition de loi qui doit désormais être examinée par le Sénat mise sur un dépistage plus précoce et une meilleure prise en charge des populations à risque. Le texte prévoit notamment un dépistage à des moments clés de la vie, en particulier à 6 ans avec un test d’hypercholestérolémie.
Mais la prévention ne se limite pas aux enfants, puisque lors des bilans prévention aux âges clés (45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans), le dépistage des maladies cardiovasculaires sera proposé. L’objectif est d’identifier plus tôt les personnes exposées à l’hypertension, au diabète, à l’excès de cholestérol ou à d’autres facteurs de risque, afin d’intervenir avant l’apparition de complications.
Les facteurs de risque spécifiques des femmes sont souvent méconnus : complication de la grossesse (diabète, hypertension…) syndrome des ovaires polykystiques, ménopause précoce… « Ces éléments multiplient par 2 ou 3 le risque de maladies cardiovasculaires. Or aujourd’hui, ces femmes ne sont pas plus surveillées que les autres alors qu’elles sont à haut risque. Elles le seront avec cette loi », note le Pr Martine Gilard.
Le travail comme lieu de prévention
Le texte renforce aussi la sensibilisation en milieu professionnel. Il ouvre davantage la possibilité d’informer les salariés et de proposer un dépistage. « C’est un énorme pas qui est réalisé sur le lieu de travail », précise le Pr Martine Gilard. Ainsi, les personnes qui consultent peu en dehors des rendez-vous obligatoires ou des suivis habituels pourront être sensibilisées, lors d’une journée spécifique par exemple.
Cette proposition de loi arrive après l’adoption par le Parlement européen d’un Plan cœur. « A chacun de ses membres de s’emparer du sujet. En France, l’ensemble de la cardiologue s’est réuni et travaille ensemble pour rédiger un Plan cœur avec des axes d’amélioration sur la prise en charge et sur la recherche », indique le Pr Martine Gilard.
L’enjeu est sanitaire : agir plus tôt, réduire les retards de diagnostic et éviter des accidents cardiovasculaires qui pourraient être prévenus. L’adoption à l’unanimité de cette proposition de loi et le travail sur le Plan cœur traduisent un large consensus autour d’une priorité de santé publique.
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