Moustiques et maladies en France : un risque sous surveillance
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Avec la mondialisation, les changements climatiques et les modifications des écosystèmes, les territoires des moustiques ne cessent de s'étendre, augmentant ainsi le risque de propagation de maladies, comme le paludisme, la dengue ou le chikungunya, y compris en France métropolitaine.
En France, des cas importés de maladies transmises par les moustiques, comme la dengue ou le chikungunya, sont signalés chaque année. Plus préoccupant, des cas autochtones – des infections contractées directement sur le territoire sans voyage préalable en zone à risque – ont également été recensés pour la dengue, le chikungunya et le virus West Nile, confirmant la présence et l'activité des moustiques vecteurs. Autrefois épargnée par ces risques, la France doit aujourd’hui surveiller de près l’évolution des populations de moustiques et des maladies qu’ils véhiculent, un défi amplifié par les changements climatiques et les modifications écologiques.
Le moustique tigre : vecteur de la dengue, du virus Zika et du chikungunya
Originaire d’Asie du Sud-Est, le moustique tigre s’est propagé à l’échelle mondiale via le transport marchand. En Europe, il a été repéré pour la première fois en Albanie en 1979, avant de s’installer en France métropolitaine en 2004. Aujourd’hui, il est présent dans la majorité des départements, particulièrement dans le sud, et progresse lentement vers le nord.
Ce moustique est problématique en raison de sa capacité à transmettre des maladies habituellement tropicales, comme la dengue, le chikungunya et le Zika. Ces dernières années, plusieurs cas de transmission locale (autochtones) ont été signalés en France, principalement pour la dengue et le chikungunya, confirmant que le moustique tigre peut propager ces maladies sur le territoire.
La dengue
La dengue est une maladie virale détectée en France hexagonale depuis 2010. Transmise par le moustique tigre, elle se manifeste de manière très variable selon les personnes. Certains ne présentent aucun symptôme, tandis que d'autres peuvent souffrir de fièvre, de courbatures, de maux de tête, d'éruptions cutanées, ou, dans les cas les plus graves, d'hémorragies ou d'un syndrome de choc pouvant entraîner le décès. En France métropolitaine, le risque de transmission locale est bien présent, avec des cas signalés chaque année. Ces deux dernières années, une intensification de cette transmission a même été observée sur le territoire.
Le chikungunya
Le chikungunya est une maladie virale transmise par les moustiques, notamment le moustique tigre. Elle peut passer inaperçue chez certaines personnes ou provoquer des symptômes comme une fièvre soudaine, des douleurs articulaires intenses, des maux de tête, des douleurs musculaires et des éruptions cutanées. La plupart des cas guérissent en une dizaine de jours, mais des douleurs articulaires peuvent parfois persister pendant plusieurs mois. En France, des cas autochtones ont aussi été signalés ces dernières années, bien que moins fréquents que ceux de la dengue.
Le Zika
Le Zika est une maladie virale transmise principalement par les moustiques, notamment le moustique tigre. Elle peut aussi se transmettre lors de rapports sexuels avec une personne infectée. Dans la plupart des cas, les personnes touchées n’ont aucun symptôme ou ne se sentent que légèrement malades. Cependant, l’infection peut avoir des conséquences graves pour les bébés si elle survient pendant la grossesse, pouvant causer des malformations congénitales. En France métropolitaine, la présence du moustique tigre rend la transmission du virus Zika théoriquement possible. En 2019, deux cas de transmission locale ont été identifiés pour la première fois dans le Var. Depuis, le virus est étroitement surveillé, mais il ne semble pas circuler activement sur le territoire.
Les moustiques « communs » et le virus du Nil Occidental
Le virus du Nil Occidental, transmis entre les oiseaux par les moustiques du genre Culex (et non pas par les moustiques tigres), peut aussi infecter accidentellement des humains ou des chevaux lorsqu’ils se font piquer. Cependant, ces derniers, appelés « hôtes accidentels », ne peuvent pas retransmettre le virus, car celui-ci ne se multiplie pas suffisamment dans leur sang.
Dans la plupart des cas, l’infection est asymptomatique ou provoque des symptômes légers proches de la grippe. Plus rarement, elle peut entraîner des troubles neurologiques graves.En France, le virus est détecté chaque année, principalement autour de la Méditerranée, comme en Camargue par exemple, et reste sous étroite surveillance des autorités sanitaires pour limiter les risques de transmission aux humains et aux chevaux.
Le paludisme en France
Le paludisme est une maladie causée par un parasite appelé Plasmodium, transmis par certains moustiques du genre Anopheles. Ces moustiques se trouvent principalement dans les régions tropicales, particulièrement en Afrique.
Les formes modérées se manifestent par de la fièvre, des maux de tête, des courbatures, de la toux ou de la diarrhée. Les formes graves, pouvant entraîner des défaillances d’organes, nécessitent une hospitalisation d’urgence et peuvent être fatales.
En France, le paludisme a autrefois circulé en Corse, où les moustiques du genre Anopheles, capables de transmettre la maladie, sont présents. Grâce à des mesures de démoustication, il a été éradiqué après la Seconde Guerre mondiale, malgré une brève réapparition dans les années 1970 avant d’être éliminé à nouveau.
Depuis 2006, aucun cas local n’a été signalé, mais ces moustiques restent surveillés pour prévenir un éventuel retour de la maladie sur l’île de Beauté.
Les bons réflexes pour limiter la prolifération des moustiques
Les moustiques sont responsables de la transmission de maladies infectieuses parfois graves. Bien que certaines de ces maladies ne circulent pas activement en France métropolitaine, la présence des moustiques vecteurs, associée aux changements climatiques, rend le risque bien réel. Les autorités sanitaires surveillent étroitement leur expansion et renforcent la prévention pour limiter les risques de transmission.
Cependant, cette lutte ne peut être efficace qu’avec la participation de tous.
Pour limiter la prolifération des moustiques, notamment des moustiques tigres, il est essentiel d’éliminer les eaux stagnantes autour de chez soi (soucoupes, vases, pneus, gouttières, etc.), qui servent de lieux de ponte. Des gestes simples, comme vider ces contenants régulièrement, permettent de réduire significativement leur présence.
La vigilance collective est importante pour se protéger des moustiques et des maladies qu’ils transmettent.
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